Pierre De Bellegarde
6 janvier 2021

La crise du transport aérien fait baisser les émission de CO2

La pandémie du covid-19 a déclenché une crise jamais vue dans le secteur aérien. L’effondrement du trafic va laisser des séquelles durables auprès des compagnies aériennes. Seul aspect positif: les émissions en CO2 de ce secteur polluant n’ont jamais été aussi basses que pendant l’année 2020.

Un rapport de Eurocontrol sorti le 1er janvier témoigne d’une crise désastreuse du secteur aérien dûe à la pandémie. L’organisation intergouvernementale rapporte ainsi un manque à gagner de 56,2 milliards de dollars pour les compagnies européennes durant l’année 2020. L’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) enregistre quant à elle une perte de 118 milliards de dollars dans le monde. Le nombre de vols a diminué de plus de la moitié par rapport à l’année précédente, notamment à cause de la fermeture des frontières. Au plus fort de la crise, entre les mois d’avril et juin, le trafic pouvait atteindre moins de 5.000 vols par jour en Europe. Cela représente presque 90% de moins qu’en 2019 à la même période. Eurocontrol estime ainsi à 191 000 le nombre d’emplois perdus en Europe. Pour l’IATA, ce sont 46 millions d’emplois dans le monde en considérant les métiers du tourisme.

Deux pour cent des émissions mondiales

L’une des conséquences de ce désastre, comme on peut s’y attendre, est une baisse drastique des émissions de CO2. Celles-ci ont ainsi baissé de 56,7% entre janvier et novembre 2020. Le secteur aérien est en effet l’un des plus polluants, avec entre 2 et 3% des émissions mondiales, participant grandement au réchauffement climatique. Les compagnies aériennes y étaient pourtant particulièrement sensibles, avec une série d’améliorations technologiques et la mise en place de systèmes de compensations carbone.

Peut-on se réjouir de cette baisse ? Il y a fort à parier que beaucoup de compagnies ne se relèveront pas de ce coup porté à leur budget, avec des conséquences dramatiques sur la vie de millions de gens. L’IATA présente une série de mesures qui pourraient aider à faire redémarrer le secteur de l’aviation. Parmi celles-ci, des protocoles de tests systématiques et la mise en place d’un passeport sanitaire. Néanmoins, si le trafic aérien reprend un jour, les émissions de CO2 reprendront avec lui. Une chose est certaine : réduire ses trajets en avion, c’est réduire son impact sur l’environnement.

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