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On casse les clichés … ou pas !? Pays nordiques : le mythe de l’enfant-roi.

Dans les pays Nordiques, qui commande ?
« Les enfants», répond Nelson sans hésiter. Ce père de famille vit à Helsinki depuis 5 ans, avec sa femme finlandaise et leurs 3 enfants de 4 et 2 ans,
Après un éclat de rire, Axelle, française installée en Suède depuis 4 ans avec son mari et leurs 3 enfants, tempère « Il faut nuancer».
L’expression « enfant-roi » n’existe pas en suédois. Ou alors elle désigne l’enfant du souverain, rien d’autre. A travers quelques scènes du quotidien, plongée dans une éducation qui intrigue autant qu’elle déroute.

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On casse les clichés ... ou pas !? Pays nordiques : le mythe de l'enfant-roi.

1 – Bienveillance ou laxisme ?

Un enfant qui se roule par terre, c’est une scène universelle. Axelle raconte son expérience en Suède « j’ai vu de nombreuses fois un adulte face à un enfant en train de faire une colère dans la rue, le Suédois s’assied, reste et il le laisse exprimer cette espèce de rage mais il n’y a pas de menace ou de tentative d’imposer une autorité. Je n’arrive pas à expliquer. Ça doit être culturel. Ils ont peut-être une patience qu’on n’a pas, je ne sais pas », s’étonne t’elle.

La Suède a été le premier pays à interdire les punitions corporelles et les humiliations, dès 1979. En France, il faut attendre 2019 et l’adoption de la loi interdisant les  « violences éducatives ordinaires ».

2- Faut-il accompagner l’enfant dans ses passions ou prend-il trop de place ?

La mère de famille est fascinée par l’implication des parents dans la vie de leur progéniture. Elle donne l’ exemple du foot : « en France tu déposes ton enfant et tu le récupères. Ici, l’ entraîneur est le père d’un des inscrits, le samedi il attend que tu viennes soutenir ton enfant. Les activités extra-scolaires de tes enfants occupent une bonne partie de ton temps. »
Nelson l’a également remarqué et admet qu’il est important de consacrer du temps à son enfant, mais il émet quelques réserves. « La vie, c’ est aussi la mienne, pas uniquement celle de mes enfants donc il faut trouver un équilibre entre les différentes personnes du foyer. On essaie de créer du temps pour chacun et de ne pas axer les activités familiales uniquement sur les besoins et attentes des enfants. » 

Avec sa femme finlandaise ayant vécu longtemps à l’étranger, ils ont décidé de donner une éducation multiculturelle à leurs enfants, en prenant les points positifs des différentes cultures, comme par exemple le rapport à la nature qu’ont les pays nordiques.

3- « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements »

Ce dicton est l’un des plus importants de la région. L’illustration la plus frappante est celle des bébés dans leurs poussettes dehors dans la neige à l’heure de la sieste. La femme de Nelson ayant grandi ainsi, il était évident pour elle que leurs enfants le vivraient également dès les premiers mois. Ils mettent donc aussi cela en œuvre lors de leurs vacances dans la famille de Nelson, dans les Alpes. Il raconte « pour ma mère c’était une barbarie jusqu’à ce qu’ elle comprenne qu’ en fait c’ est trop bien. Mais elle envoyait plein de photos à ses copines. »
Pour Axelle, l’expérience a été moins évidente avec son fils de 3 ans « Je me souviens au début je me disais “mais mon pauvre Victor”.  Le matin tu les déposes dehors, même en hiver, tu les as équipés mais ils jouent dehors pendant des heures. ils rentrent pour le déjeuner. et après ils les remettent dehors et je me disais “mais ça n’est pas possible il ne va jamais tenir” et en fait si, très bien. » La française précise qu’elle s’est inspirée des locaux pour équiper son fils, car rien n’était suffisant dans ses affaires rapportées de France.

4- Peut-on enseigner sans autorité ?

Concernant ses plus grands enfants âgés de 13 et 11 ans, Axelle évoque la scolarité  « Ici, le pédagogue est là pour t’ aider à progresser. Il y a une hiérarchie par la compétence et le savoir mais il n’ est pas dans la discipline et le guide autoritaire, il est là pour t’aider à t’élever, dans tes forces et dans tes faiblesses. » C’est un point qui inquiète ses enfants lorsqu’il est question de retourner vivre en France puisqu’il ont la vision de leurs cousins vivant là-bas. « Il y a l’air d’ avoir beaucoup plus de boulot personnel, un côté hyper compétitif et une autre perception de la mode puisqu’ici, en Suède chacun vient habillé comme il le peut car le principe est de ne pas avoir froid. Ici on est hyper préservés. »
Au-delà des cours, l’école est un lieu ouvert dans ces pays. Il n’y a pas de grilles. Ce n’est pas uniquement un lieu d’enseignement, c’est un lieu de vie où l’on se rend pour apprendre. Cela est un élément important de l’éducation dans la culture nordique.

5- Responsabilisation ou inconscience ?

Ni Nelson ni Axelle n’arrivent à expliquer comment la Finlande figure en tête des classements des pays les plus sûrs au Monde, et la Suède considérée comme l’un des pays très sécurisés.  «Il y a quelque chose qu’ entre Français on ne s’explique pas : c’est qu’ ici quand ils sont tout petits ils les laissent vraiment tout faire en mode expérimentation et il doit se passer quelque chose à un moment parce que les adultes sont extrêmement bien élevés. Les ados sont hyper libres aussi donc je ne sais pas comment ça rentre dans le rang derrière, mais ça n’ est pas comme chez nous et ça marche. » . Même remarque de la part du père de famille après avoir discuté avec l’un de ses collègues finlandais « l’école se termine à 13h et il n’y a pas de système d’étude donc les enfants sont livrés à eux-mêmes, les parents ne savent même pas ce qu’ils font, ils rentrent pour dîner à 18h, en s’étant occupés intelligemment sans avoir pris de drogues, et voilà – responsables et autonomes. Je n’ai toujours pas compris comment ça se goupille, c’est complètement fou ! » 
Axelle est bien consciente de l’importance de s’adapter à la culture du pays dans lequel elle vit même si cela l’angoissait beaucoup au début. Son fils de 7 ans va donc désormais seul au stade, comme ses camarades, à vélo, à pied ou en bus. Il n’y a pas d’exception et Axelle ne peut s’empêcher de comparer avec son pays natal. « Quand tu vas en sortie de classe avec eux, en France tu les comptes tout le temps. Ici ils font ça depuis qu’ils sont petits donc il y a une autorégulation du groupe, personne ne va se perdre, ça c’est hallucinant. » Lorsqu’ils rentrent en France pour les vacances, la phrase fétiche des parents est devenue « on n’est pas en Suède ici ».

6 – Juste considération ou excès ?

Dans les pays nordiques, la place de l’enfant est celle d’un individu à part entière capable de participer aux décisions qui le concernent « la responsabilisation ne commence pas à 18 ans quand tu as le droit de vote ou à 22 ans quand tu sors de l’ université. C’est déjà préformé, tout au long de la vie »,  remarque Nelson.

Dans certains domaines, Axelle trouve que « ça interroge » , notamment lorsqu’elle a appris qu’en Suède, dès l’adolescence (parfois autour de 13 ans), un enfant peut être reçu seul par un médecin, la confidentialité dépendant alors de sa maturité.

La Française revient sur sa réponse à la première question que nous lui avons posée «Dans les pays Nordiques, qui commande ? » Selon elle, c’est une question de regard posé sur l’enfant. « Dire que l’ enfant est roi, c’est rentrer dans un jugement de valeur. Ici, l’ enfant est un individu, il a des droits et quand tu es un adulte et un référent, tu le guides dans le monde. Mais il s’agit avant tout du respect de la personne. Je pense que c’ est ça, le fondement de leur éducation.» . Elle ajoute « Peut-être que parfois c’est TROP. »

 

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