Nathalie Laville
1 février 2020

La Mission laïque, résolument entrée dans la modernité

A l'occasion des journées du numérique organisées du 29 au 31 janvier par la Mission laïque au Maroc, à Casablanca, le site Français à l'étranger s'est entretenu avec son directeur général adjoint, Michel Bur.

La Mission laïque a choisi d’organiser ses journées du numérique à Casablanca, au lycée français international Louis-Massignon. Et pour cause ! Ce lycée, quasi flambant neuf, d’une capacité de plus de 4 000 élèves, a misé sur le numérique avec des parents qui se sont courageusement lancé dans l’aventure. La prise de risque a été partagée entre les familles, les équipes pédagogiques, les élèves, mais tout laisse à penser qu’ils ont eu raison car aujourd’hui, la réussite est au rendez-vous.

Comment cela se fait-il que le réseau de la Mission laïque soit si en avance sur les questions du numérique ?

Michel Bur : Je suis moi-même détaché de l’Education nationale, mais ce qui fait la différence, c’est qu’il y a une réelle mixité des profils dans nos équipes et, surtout, nous sommes une association. Nous avons moins de carcans, plus de liberté, notre capacité d’initiative est plus grande : nous pouvons aller plus loin et plus vite. Mais nous avons bien sûr autant de responsabilités, notamment en matière budgétaire car nous devons souvent être autosuffisants (comme ici, à Louis-Massignon), ainsi que sur la qualité pédagogique. Que nos écoles soient homologuées ou non (les écoles d’entreprises à l’étranger ne le sont pas), nous sommes garants des contenus, nous sommes fidèles aux programmes français. Nous avons mis en avant un Forum pédagogique qui permet à nos enseignants de partager des problématiques communes. Nous retrouvons ici la notion de maillage, de réseau, qui existe aussi grâce à Internet. Le numérique leur a permis de ne plus jamais être seuls, de confronter leurs pratiques tout en libérant leurs énergies créatrices.

Travaillez-vous d’une façon différente par rapport à la métropole ?

M.B : Nous avons une vraie capacité d’initiatives, nous sommes dans le dialogue, la co-construction. Tout le monde participe : les personnels pédagogiques, d’encadrement, les parents… rien ne peut se faire sans l’ensemble de la communauté éducative. Nous avons une identité pédagogique, c’est cela qui finit par faire sens auprès des familles. Notre responsabilité est de savoir ce que l’on attend de nos élèves : obtenir un diplôme, cela est évident, mais il faut aller au-delà. Nous travaillons sur ce que nous voulons pour les jeunes, quels sont leurs possibles, leurs rêves. Nos élèves doivent apprendre à penser en trois langues, apprendre la citoyenneté, à garder un esprit critique et le numérique fait partie des outils indispensables pour les y aider ! Nous voulons aider nos élèves à construire leur projet, ne pas les lâcher après le bac, les accompagner dans leur réussite, tout simplement.

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