Pénélope Bacle
20 février 2020

Elections consulaires : retournements de situation chez LREM à Washington D.C.

Français à l’étranger a enquêté sur les batailles qui se préparent à Washington DC pour les prochaines élections consulaires et sur la participation controversée d’un ex-candidat aux sénatoriales, l’avocat Olivier Piton.

A quelques semaines des élections consulaires des 16 et 17 mai prochains, dans la circonscription de Washington, DC (Etats du Delaware, District de Columbia, Maryland, Pennsylvanie, Virginie et Virginie-Occidentale) où sont inscrits près de 15 000 Français, tous les regards sont rivés sur l’un de ses probables candidats,  Olivier Piton.

>  Une investiture LREM pour Olivier Piton?

Olivier Piton, candidat malheureux aux élections sénatoriales de 2017, élu conseiller consulaire en 2014 sous l’étiquette Les Républicains (LR), espérait jusqu’à peu obtenir l’investiture de La République en Marche (LREM). Une vidéo d’Olivier Piton, publiée par LREM en décembre 2019, laissait d’ailleurs présager qu’il était en très bonne voie pour remporter ce poste.

Mais selon des sources de Français à l’étranger, LREM aurait subitement changé son fusil d’épaule ces dernières semaines et finalement choisi de placer en tête de liste Marine Havel, présidente de la Fédération Flam (Français Langue Maternelle) USA, seule candidate basée à Philadelphie, jusqu’alors pressentie comme numéro deux. Suite à cette décision, l’avocat d’affaires pourrait poursuivre, selon nos sources, la constitution d’une autre liste en parallèle de celle de LREM.

> Olivier Piton : un conseiller consulaire dans le viseur

Les débats autour d’une éventuelle candidature d’Olivier Piton à ces élections ne sont pas nouveaux. Déjà en 2014, son élection en tant que conseiller consulaire avait fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat, qui a été débouté. Ce recours souhaitait prouver que, malgré son inscription sur la liste électorale consulaire (LEC), Olivier Piton ne résidait pas dans la circonscription. Or, les conseillers consulaires sont dans l’obligation de résider dans la circonscription pour se présenter aux élections.

Depuis cinq ans, d’après notre enquête, cette inquiétude n’a pas désenflée et beaucoup continuent de s’interroger sur son lieu de résidence. D’ailleurs, si Olivier Piton a été présent à la plupart des conseils consulaires semestriels d’après les procès verbaux que nous avons pu consulter, plusieurs sources évoquent des absences récurrentes aux plus petits évènements, non obligatoires, organisés par la communauté française.

Certains pointent en outre du doigt le fait qu’Olivier Piton ne soit inscrit au barreau de Washington que depuis 2018, non en tant qu’avocat, mais en tant que SLC (consultant légal). ll disposerait par ailleurs, selon ces mêmes sources d’un cabinet d’avocat proche de la gare Saint Lazare et d’une résidence en banlieue ouest parisienne. Reste à savoir s’il s’agit ou non de sa résidence principale. Interrogé, Olivier Piton n’a pas répondu à nos questions.

> Les autres candidats pour la circonscription de Washington

L’enseignante et conseillère consulaire Monique Curioni, affiliée au Parti Socialiste (PS), pourrait se présenter de nouveau en tant que tête de liste cette année. Le PS souhaiterait à cette occasion sceller une nouvelle alliance avec Les Verts.

La conseillère consulaire Annie Boutin King, qui figurait dans la liste de droite d’Olivier Piton lors des précédentes élections, reste quant à elle affiliée à LR mais cette fois sous la houlette d’Alexandre Cournol, président de l’UFE (Union des Français à l’étranger) de Washington, qui en a pris cette année la tête de liste.

Stephanie Kamaruzzaman, responsable de la communauté virtuelle « Mamans autour de DC », qui avait remplacé le conseiller consulaire Frédéric Badey à la fin de son mandat, constituerait elle-aussi une nouvelle liste indépendante.

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