Nathalie Laville
8 mars 2020

Comment lancer son entreprise au Japon ?

Le pays du Soleil-Levant reste une valeur sûre pour les entrepreneurs. Les PME y sont plutôt rares, ce qui est une opportunité pour les créateurs d'entreprises français.

Le Japon reste une puissance incontournable dans le monde, avec des entreprises à la pointe, une situation de plein-emploi, des salaires élevés. Même si sa croissance a ralenti du fait de la crise sino-américaine et du ralentissement de l’économie mondiale, le pays reste attractif pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie et en particulier les technologies d’automatisation. Mais attention, il est quasi indispensable de maîtriser le japonais !

> Comment créer son entreprise

Il vous faudra un visa Investisseur et investir au minimum 5 millions de yens, soit environ 50 000 $. Le statut d’entrepreneur individuel, appelé « kojin jigyo », permet une simplicité des déclarations fiscales, de ne pas payer d’impôts sur les sociétés mais un impôt unique sur le revenu, et de ne pas avoir d’enregistrement administratif nécessaire. En revanche, il expose à une responsabilité illimitée. Les Kabushiki Kaisha (sociétés à responsabilité limitée publique) sont les formes de sociétés les plus prisées. Son coût de création est d’environ 370 000 yens, sa gérance n’est pas obligatoirement assurée par un investisseur.

> Dans quels secteurs investir ?

Les industries à fort potentiel sont ceux de la finance et assurance ou encore des produits chimiques et pharmaceutiques. En outre, la population étant vieillissante, les produits et services adaptés aux groupes plus âgés sont des secteurs d’activités intéressant comme la technologie des soins de santé, les appareils médicaux, les loisirs, les produits pharmaceutiques… L’investissement est particulièrement intéressant dans les secteurs de l’Internet of Things (IoT), l’intelligence artificielle (IA) et la robotique. Sinon, il faut savoir que les Japonais aiment les produits locaux et vous devrez adapter votre entreprise au marché japonais.  Toutefois, le savoir-faire français conserve au Japon une image de marque élevée dans les domaines des cosmétiques, du luxe, de la gastronomie…

> Taxes à prévoir

Le gouvernement appliquera de nouvelles mesures fiscales en avril 2020 pour inciter les entreprises à utiliser leurs réserves de liquidités (84,3 % du PIB) à des fins productives et pour aligner plus étroitement le code fiscal des sociétés sur l’économie numérique dans le but de stimuler les investissements privés et la croissance. Pour l’heure, la taxe sur les sociétés est de 15% jusqu’à 8 millions JPY et de 23,2% au-dessus de 8 millions JPY. Les taxes sur les dividendes sont de 15,315% (si payés par une société cotée) et 20,4%, sur les intérêts de 15,315% (sur dépôts et obligations) et 20,4%, et sur les redevances de 20,42%.

> Aides possibles

Diverses incitations fiscales sont disponibles pour certaines activités commerciales, comme l’investissement dans des actifs améliorant la productivité (PIA ou actifs amortissables utilisés pour toute activité générant des revenus), augmentation des salaires et traitements (donnant lieu à un crédit d’impôt pouvant atteindre 20% pour les années d’imposition). D’autres incitations fiscales sont disponibles pour les entreprises qui investissent dans des activités de R & D. Les sociétés résidentes peuvent bénéficier d’une réduction de la distribution de dividendes en fonction de leur pourcentage de participation et de la durée de détention. Le Jetro est incontournable pour faire le point sur les aides possibles.

> Les atouts du pays

Le Japon dispose de l’un des plus grands pouvoir d’achat dans le monde et est leader en matière de haute technologie, de recherche et développement (plus grand nombre de dépôts de brevets au monde). Il est une des portes d’accès vers l’Asie, sa main-d’œuvre y est extrêmement qualifiée et les Japonais ont la réputation d’être de grands travailleurs dévoués à leur entreprise.

> Les bons plans

Pour pouvoir bénéficier de privilèges fiscaux, y compris les déductions pour dépenses d’entreprise, les reports de pertes fiscales et l’amortissement accéléré, les sociétés doivent demander une déclaration bleue au début de l’année d’imposition. N’hésitez pas à contacter le Service Appui aux Entreprises de la CCI France Japon qui accompagne plus de 150 projets d’entreprises par an depuis 1990.

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