Pénélope Bacle
28 mai 2020

L’aide exceptionnelle aux Français les plus vulnérables, un dispositif efficace ?

Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne a envoyé un courrier le 27 mai aux parlementaires pour leur faire part du dispositif d’aide exceptionnelle pour les Français les plus en difficulté. Mais, sur le terrain, des conseillers s’interrogent déjà depuis plusieurs semaines sur l’efficacité de ce dispositif et sur le manque de consultation des élus.

Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, a finalement envoyé hier une lettre  aux parlementaires pour officialiser le lancement du dispositif d’aide exceptionnelle pour les Français de l’étranger les plus vulnérables. Cette aide, évoquée 15 jours plus tôt dans un article du site Français à l’étranger, équivaut à l’aide exceptionnelle unique, de 150€ par ménage et 100€ par enfant, versée en France par la Caisse d’allocations familiales (Caf), pondérée par un taux par pays.

Si l’obtention de cette aide répond à un certain nombre de critères, d’après Jean-Baptiste Lemoyne, « l’objectif du dispositif est l’examen au cas par cas et la latitude la plus grande possible a été laissée aux postes pour leur permettre d’apprécier de manière individuelle chaque situation ». 

> Une aide directe plus efficace que celle des OLES ?

A Madagascar, comme dans d’autres circonscriptions, ce système pose cependant toujours question. Ici, les familles disposent d’un taux peu favorable : 60,77€ par famille et 40,52€ par enfant. Par ailleurs, malgré les nombreuses difficultés rencontrées par les familles dans ce pays, peu de demandes auraient, à ce jour, été enregistrées. Les démarches, uniquement en ligne, compliqueraient notamment l’accessibilité de cette aide pour les personnes en difficulté.

Ainsi, d’après le conseiller des Français à l’étranger, Jean-Daniel Chaoui, « le faible résultat en nombre d’aides financières réellement accordées par rapport au nombre de sollicitation montre que ce dispositif n’est pas adapté à la population cible dans un pays comme Madagascar ». Selon l’élu du groupe Français du monde, les dispositifs mis en place par les Organismes Locaux d’Entraide et de Solidarité (OLES) seraient plus efficaces. Les OLES du pays se seraient d’ailleurs regroupées ces dernières semaines au sein d’un collectif afin de faire remonter précisément l’intégralité de leur besoin.

> Les conseillers des Français de l’étranger associés au dispositif ?

Un autre conseiller Français du monde, Yan Chantrel, avait pour sa part déposé le 20 mai une question écrite concernant le rôle des élus dans ce dispositif. Dans sa missive envoyée à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), l’élu du Canada s’inquiétait en effet du manque de consultation des élus. « À l’heure actuelle, il s’avère que cette aide est attribuée sans la moindre consultation sur le terrain des élus consulaires et représentants associatifs locaux. Je sollicite le ministère des affaires étrangères afin d’avoir une clarification des modalités et conditions d’éligibilité pour bénéficier de cette aide ponctuelle ainsi que la mise en place obligatoire de conseils consulaires d’attribution au niveau local et national sur le modèle des conseils consulaires pour l’action et la protection sociale (CCPAS) » écrit-il.

Dans son courrier du 27 mai, Jean-Baptiste Lemoyne a finalement clarifié cette question : « Dans ce contexte, j’ai souhaité que le rôle des élus consulaires reste essentiel. Ils peuvent faire connaitre ce dispositif à nos compatriotes en difficulté et je demande aux services consulaires de prêter la plus grande attention aux cas les plus délicats qu’ils pourraient signaler. Les élus seront en outre régulièrement informés du nombre de nos compatriotes ayant pu bénéficier de cette aide et du volume financier qu’elle représente ». Ainsi, contrairement au système des bourses et du Soutien au tissu associatif des Français de l’étranger (STAFE), les conseillers ne semblent cependant pas pouvoir donner un avis sur chacune des demandes…

> Quels critères pour bénéficier de l’aide ponctuelle ?

Pour pouvoir bénéficier de cette aide, il faut être inscrit au registre consulaire. Les personnes souhaitant en bénéficier devront en outre justifier de leur perte ou diminution de revenus du fait de la crise. Pour être éligibles, elles ne doivent pas, par ailleurs, disposer de leurs moyens propres pour traverser cette crise, ni de possibilité d’aide familiale, amicale ou associative. Enfin, ces demandeurs ne doivent pas être éligibles aux dispositifs d’aides mis en place par les autorités locales.

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