Nathalie Laville
19 septembre 2021

Mélanie Vogel, future sénatrice écologiste des Français hors de France

Celle qui est en passe de devenir la plus jeune sénatrice de cette auguste assemblée a répondu à quelques questions pour le site des Français à l’étranger.

Français à l’étranger : Pour le renouvellement d’une partie des sénateurs ‪le 26 septembre, vous présenterez une liste de gauche et écologiste aux conseillers consulaires, sans le parti socialiste. Satisfaite ?

Mélanie Vogel : Nous avons toujours l’ambition de présenter une liste d’alliance très large, avec tous les représentants des partis de gauche. Malheureusement, notamment du fait de la candidature de Ségolène Royal, le parti socialiste n’a pas réussi à dépasser sa désunion en interne. Dans ce contexte, les écologistes ont collectivement choisi de ne pas accepter une deuxième place qui aurait été fragilisée par les divisions de nos partenaires, alors même que l’écologie porte aujourd’hui une véritable dynamique et que ma candidature résulte d’un long processus démocratique avec les grands électeurs qui respecte leur choix. Nous n’avons jamais fermé la porte au parti socialiste.

Dans la configuration actuelle, notre 2e de liste est Jean-François Deluchey, du Brésil, représentant de LFI, puis ce sera Bérénice Oreyo-Pierronnet du Kenya, représentante de Génération.s. La liste que nous présenterons rassemblera par ailleurs d’autres forces de gauche et des indépendants.

FAE : Vous n’avez jamais été élue en tant que conseillère consulaire. Est-ce un handicap pour devenir sénatrice représentant les Français établis hors de France ?

M.V. : Je pense au contraire que c’est une chance ! Le Sénat a déjà en son sein des élus de terrain, des profils qui y sont très majoritaires. C’est important je pense de montrer qu’une jeune, femme, non élue, peut entrer au Sénat. Pour autant, je vis à l’étranger depuis longtemps et je connais bien les problématiques que rencontrent les Français à l’étranger. Après sciences po à Toulouse et à Paris, j’ai travaillé au Chili et au Canada. Je vis actuellement à Bruxelles depuis dix ans, depuis que je suis entrée au Parlement européen. Aujourd’hui, je suis conseillère politique du groupe des écologistes où je suis surtout investie sur les questions constitutionnelles. Je connais donc très bien le travail parlementaire et législatif, c’est plutôt un atout pour siéger dans une assemblée. Depuis 2019, je suis également élue à la direction du parti vert européen, où je travaille par exemple sur la coordination des élus écologistes qui participent à des gouvernements en Europe.

FAE : Quelles sont les mesures que vous porterez si vous êtes élue au Sénat ?

M.V. : Ma candidature revêt plusieurs dimensions. Tout d’abord, il faut davantage de diversité dans cette institution, parler à des publics différents, surtout en cette période de forte abstention. Parce que je suis lesbienne, mon implication dans les combats LGBT+ sera forcément particulière. Et parce que je suis une écologiste, mon regard sera aussi différent. Les Français de l’étranger ont été aux premières loges ces derniers mois du dérèglement climatique, ils ont dû faire face à des situations très difficiles partout dans le monde. Sans parler de la pandémie qui a mis en avant les dangers du désinvestissement de la puissance publique française à l’étranger. Pour répondre à ces crises, il faut faire l’inverse de ce que le gouvernement actuel porte : il est nécessaire d’augmenter les budgets des services consulaires pour répondre aux besoins de nos compatriotes. Ces crises démontrent aussi la nécessité de créer un mécanisme qui permette d’apporter très rapidement et partout dans le monde des solutions aux Français de l’étranger confrontés à des crises sanitaires, des catastrophes naturelles… Je souhaiterais aussi travailler sur les violences faites aux femmes, qui ont augmenté avec la crise sanitaire et sociale, ainsi que sur les problèmes rencontrés par les Français en situation de handicap à l’étranger. Ma priorité sera aussi de réformer les systèmes d’attribution des bourses pour les familles scolarisant leurs enfants dans les établissements français, quels que soient leurs statuts. Ou encore le système de retraite, qui pénalise trop souvent les Français faisant une partie de leur carrière à l’étranger alors même qu’ils sont une richesse pour notre pays !

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