Laura Mousnier
29 octobre 2021

Hong-Kong : les expatriés dans l'incertitude

Un peu plus d'un an après l'entrée en vigueur de la loi sécurité nationale à Hong-Kong, les expatriés hésitent à rester sur le territoire. Atteintes à la liberté d'expression, justice dépendante du pouvoir de Pékin autant de raisons qui expliquent ces incertitudes.

Selon un sondage réalisé par la Chambre de commerce américaine à Hong Kong (AmCham) et rapporté par Asia Times, plus de 40 % des expatriés travaillant à Hong Kong envisagent de quitter la ville à court ou à moyen terme. “Parmi ceux qui cherchent à quitter la ville, 62 % expliquent que la loi sur la sécurité nationale les met mal à l’aise, tandis que 49 % précisent que les quarantaines strictes appliquées à Hong Kong pour combattre la pandémie de Covid-19 constituent également un motif important.”

Néanmoins il semblerait que cette envie de départ concerne essentiellement les “petits nouveaux” arrivés à Hong-Kong. Ceux installé depuis plusieurs années “se sentent toujours chez eux à Hong Kong. Seuls les nouveaux venus formulent des doutes quant à leur avenir sur place.”

Cette vague d’incertitude est directement liée à la loi sur la sécurité nationale, entrée en vigueur le 30 juin 2020. Beaucoup de Hongkongais considèrent qu’elle porte gravement atteinte aux libertés dont jouissait jusqu’ici l’ancienne colonie britannique en vertu du principe “un pays, deux systèmes” : la liberté d’expression et la liberté de la presse notamment, mais aussi le principe d’une justice indépendante du pouvoir de Pékin.

En effet, malgré les promesses de Pékin et de l’exécutif local sur la non-rétroactivité de la loi, plusieurs récentes enquêtes de la police ont démontré qu’elles portaient sur des faits antérieurs à l’adoption de la loi sur la sécurité nationale. On notera notamment un jugement d’une cour d’appel hongkongaise datant de février dernier précise que la référence faite dans la loi de sécurité nationale aux « actes mettant en danger la sécurité nationale » comprenait les infractions aux lois antérieures.

Pour ajouter à l’inquiétude des expatriés sur ce sujet, Amnesty International a annoncé lundi 25 octobre dernier la fermeture de ses bureaux à Hong Kong. “Cette décision, prise le coeur lourd, est due à la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, qui rend impossible en pratique pour les organisations de défense des droits humains à Hong Kong de travailler librement et sans crainte de sérieuses représailles de la part du gouvernement”, a expliqué dans un communiqué le président de l’ONG, Anjhula Mya Singh Bais.

share Partager

Actualités politiques

Sénatoriales 2026, Français de l’étranger: quatre sortants réélus, LFI échoue à trois voix

Douze listes, six sièges, 524 suffrages exprimés. Dimanche 27 septembre, les grands électeurs des Français de l’étranger ont reconduit l’équilibre politique sortant au Sénat : ASFE, écologistes, socialistes, centristes, LR et Renaissance conservent chacun leur siège. Mais derrière cette apparente stabilité, le scrutin s’est joué à une poignée de voix, et La France insoumise est passée tout près d’une percée historique.

Actualités politiques

Sénatoriales 2026 : six sièges représentant les Français de l’étranger en jeu et une bataille à couteaux tirés

Dimanche 27 septembre, six sénateurs représentant les Français établis hors de France remettront leur siège en jeu. Un scrutin sans scrutin direct, mais où chaque voix compte : 533 grands électeurs (433 conseillers des Français de l’étranger, 77 délégués consulaires, les 11 députés et les 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France) et une multitude de listes. Derrière cette élection feutrée se joue une recomposition politique de la représentation des Français de l’étranger.

Actualités politiques

Sénatoriales 2026 : les élections consulaires redessinent les équilibres de la rentrée

Deux semaines après le vote des Français de l'étranger en mai 2026, les états-majors politiques ont le regard rivé sur la fin de l'été. Si ces élections consulaires n'ont mobilisé qu'une faible partie du corps électoral, avec une participation qui s'établit à 13,98 % (soit 234 463 votants pour 1,7 million d'inscrits), leur portée dépasse de loin le simple cadre local. En renouvelant les conseillers et les délégués à travers le monde, ce scrutin a dessiné la composition du collège des grands électeurs. Ce sont eux qui désigneront, en septembre prochain, six des douze sénateurs des non-résidents.

Actualités politiques

Droit au compte : pourquoi le sujet fait-il (encore) l’actualité ?

Une proposition de loi visant le renforcement du droit au compte pour les Français de l’étranger a été retoquée par les sénateurs en mai. Le sujet concerne pourtant beaucoup d’entre nous. On fait le tour de la question.

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.