Français à l'étranger
1 mars 2022

Législatives des Français à l’étranger : EELV se sent pousser des ailes

A la différence de la France où son candidat Yannick Jadot plafonne à à peine plus de 5 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, le parti écologiste cartonne à l’étranger. Il veut profiter des législatives de juin pour transformer l’essai de sa percée inattendue de l’an dernier aux élections consulaires.

« Qui c’est les plus forts ? Évidemment, c’est les Verts ! » Les écologistes pourraient facilement recycler (c’est dans l’air du temps ) ce slogan du club de foot de Saint-Étienne de la grande époque des années 70 tant ils veulent croire qu’ils ont le vent en poupe après leur «carton» de l’an dernier aux élections des conseillers des Français de l’étranger (ces 442 grands électeurs qui désignent ensuite les 90 élus de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger). «En 2014, on était déjà devenu le premier parti de gauche, fanfaronne Alexandre Chateau-Ducos, responsable de EELV – hors de France et élu au Luxembourg, cela s’est confirmé en 2021 où on est passé d’une quinzaine d’élus à plus de soixante ! Il y a une attente en matière d’écologie de la part des Français de l’étranger.» Sans compter l’élection de la seule sénatrice EELV, Mélanie Vogel, tombeuse d’Eva Joly à la primaire écologiste et élue en septembre dernier. Le parti de Julien Bayou rêve donc de confirmer sa percée lors des futures législatives de juin. «La stratégie est simple, détaille M. Chateau-Ducos, on sera présent partout où on peut faire jeu égal avec les députés LREM sortants.» Europe Écologie les Verts se targue d’avoir décroché un premier siège de député à l’étranger, en Amérique du Sud, en 2012, exploit non réédité en 2017.

Candidats sortis de nulle part

Mais cette année, EELV mise sur le bilan, médiocre selon les écologistes, des députés LREM des Français de l’étranger, après leur razzia de 2017, surfant sur la vague Macron : «Ils ne sont pas beaucoup sur le terrain, assène Alexandre Chateau-Ducos, ce sont des candidats sortis de nulle part et pas au courant des problèmes spécifiques des expatriés. On l’a vu aux élections consulaires de l’an dernier, il y a une vraie lassitude des Français de l’étranger.» Il n’est pas tendre, en particulier, avec Pieyre-Alexandre Anglade, le député de sa circonscription (4ème) du Benelux : «On ne le voit jamais au Luxembourg, à part parfois dans un bistrot pour rencontrer ses troupes. Aux Pays-Bas, ils ne savent même pas quelle tête il a ! Il parcourt l’Europe entière parce qu’il a reçu mission du président de la République de fédérer les partis libéraux européens mais c’est au détriment de notre circonscription.» Rendez-vous donc le 7 mars pour connaître, non pas les candidats (tout est décidément très compliqué chez les écolos), mais les «chefs de file» désignés par EELV dans les onze circonscriptions des Français de l’étranger. Alexandre Chateau-Ducos admet que tout dépendra ensuite du résultat de la présidentielle d’avril, et de la réélection ou non d’Emmanuel Macron. Il veut croire que la dynamique, dont bénéficie traditionnellement le camp du vainqueur aux législatives qui suivent, n’aura pas lieu cette année.

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