Français à l'étranger
25 juillet 2022

Maghreb et Afrique de l’Ouest : un premier mandat pour Karim Ben Cheikh

Il en fallait bien un. Le candidat de la NUPES, la nouvelle Union de la gauche, sur la 9ème circonscription (Afrique du Nord, de l’Ouest et Sahel) est le seul à décrocher l’un des onze sièges des Français de l’étranger au Palais-Bourbon. Une victoire franche, qui plus est. Au second tour, il devance d’un peu plus de 1 700 voix son adversaire Elisabeth Moreno, ancienne ministre parachutée à la dernière minute par le camp présidentiel.

C’est son premier mandat de député mais Karim Ben Cheikh n’est pas un novice en politique ni dans l’univers de la diplomatie. Ancien membre du Parti socialiste, le Franco-tunisien était conseiller de Benoît Hamon sur les questions internationales lors de l’élection présidentielle de 2017. Après des études à Paris, il intègre le quai d’Orsay via le concours de conseiller cadre d’Orient. Depuis Paris d’abord, il travaillera sur les questions sécuritaires en Côte d’Ivoire et au Sahel. Son premier poste à l’étranger fût à Rabat, au Maroc, de 2008 à 2012 en tant que conseiller aux affaires intérieures et à la presse. Il a ensuite été en poste à Washington puis consul général de France au Liban. Karim Ben Cheikh a passé plus de trente années de sa vie à l’étranger, la plupart dans les pays de la 9ème circonscription. Voilà pour la légitimité. Diplomate de carrière pendant seize ans, il a été désigné, poussé par les écologistes et le parti Génération.s. Le nouvel élu décline son programme en quatre axes : renforcer des services publics de proximité, étendre la solidarité contre les risques de la vie, protéger l’enseignement français et instaurer des droits nouveaux pour les Français établis à l’étranger, en particulier à la connexion avec le territoire national via par exemple des billets d’avion à tarif préférentiel pour les plus modestes.

Plafonnement des frais de scolarité

Côté éducation, Karim Ben Cheikh promet aussi de démocratiser et de mixifier l’accès aux lycées français de l’étranger : «Cela passe bien entendu par une ambitieuse politique d’exonération à l’égard des familles vulnérables, détaille Karim Ben Cheikh au média en ligne Mondafrique.com, mais aussi par le plafonnement des frais de scolarité dans les établissements en gestion directe. Il faut retrouver une certaine ambition dans ce réseau (AEFE) et défendre un programme fait de mixité sociale, qui ne s’adresse pas seulement aux Français à l’étranger ou aux élites économiques de ces pays, mais aussi aux populations locales.» Il faut se souvenir que la 9ème circonscription, qui va de la Libye au Maroc en passant par la Côte d’Ivoire et le Niger, a voté massivement pour Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise et initiateur de la NUPES lors de la présidentielle d’avril dernier et que LREM a vu son image sérieusement écornée ici lorsque M’jid El Guerrab, le député sortant aujourd’hui exclu du parti présidentiel, a été condamné à trois ans de prison dont un an ferme pour avoir fracassé à coups de casque de moto le crâne de l’ancien responsable socialiste Boris Faure à Paris, quelques semaines seulement après son élection en 2017.

share Partager

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.

Actualités politiques

Conseillers consulaires : dans les pays africains, un rôle de médiateur au cœur des communautés

Loin des structures classiques de l'expatriation, les élus consulaires en Afrique font face à des problématiques profondément humaines. Au cœur de communautés fortement imbriquées avec les populations locales, leur mandat prend une dimension sociale et politique unique, où l’accompagnement des familles mixtes et des binationaux devient une priorité quotidienne.

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.

Actualités politiques

Élections consulaires : un scrutin local… aux enjeux nationaux ?

Derrière leur dimension de proximité, les élections consulaires jouent un rôle clé dans un autre scrutin bien plus discret : les sénatoriales des Français de l’étranger. En devenant « grands électeurs », les élus locaux disposent du pouvoir de faire basculer la représentation nationale à quelques voix près.