Français à l'étranger
17 décembre 2022

Visas : la France et le Maroc enterrent la hache de guerre

À l’occasion d’une visite ce vendredi dans le royaume chérifien, Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères, a annoncé la fin de la crise qui empoisonnait depuis plus d’un an les relations entre les deux pays. Un rabibochage qui tombe à point nommé, quelques semaines avant le déplacement d’Emmanuel Macron au Maroc.

Le Mondial 2022 de football au Qatar a décidément toutes les vertus ! Alors que les relations entre la France et le Maroc étaient au point mort, le match de la Coupe du monde entre les équipes des deux pays mercredi dernier aura peut-être permis d’obtenir une avancée majeure. En marge du déplacement d’Emmanuel Macron à Doha pour soutenir les joueurs de l’équipe de France, une autre visite diplomatique officielle, celle de Catherine Colonna avait été orchestrée à Rabat dès le lendemain du match, façon de battre le fer tant qu’il est chaud.

Décision unilatérale

« Nous avons pris les mesures, avec nos partenaires marocains, pour restaurer une relation consulaire normale » dans le domaine migratoire, a d’emblée déclaré la cheffe de la diplomatie française lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue Nasser Bourita, à l’issue de leur entretien bilatéral. La crise migratoire durait depuis plus d’un an, depuis que Paris avait décidé unilatéralement en septembre 2021, de supprimer la moitié des permis d’entrée sur le territoire français accordés aux citoyens marocains.

Le Quai d’Orsay avait alors justifié la mesure par la réticence des autorités de Rabat à réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière en France. Œil pour œil, dent pour dent. Autant dire que les autorités marocaines, mais aussi les ONG et les milieux francophones du royaume avaient peu apprécié cette décision et quelque peu rué dans les brancards.

Écrire une nouvelle page

Le changement de ton et de cap sont spectaculaires. Venue aussi en mission pour préparer la visite d’État d’Emmanuel Macron prévue au premier trimestre prochain, Catherine Colonna a souligné que la France souhaitait désormais « une relation de partenariat exemplaire avec le Maroc, un partenariat d’exception, fraternel et moderne ». Elle a souligné la nécessité de s’adapter aux « attentes légitimes » du pays qui évolue et qui entend jouer un rôle majeur en Méditerranée et en Afrique. La ministre a invité chacun à « écrire, ensemble une nouvelle page, dans un contexte où la France et le Maroc, ont plus que jamais besoin l’un de l’autre pour assurer leur sécurité, soutenir leur développement économique (…) et répondre aux attentes de leurs jeunesses et leurs sociétés. »

En septembre 2022, la France avait déjà mis fin à la restriction de visas avec la Tunisie. Une mesure similaire avait aussi été décidée à l’égard de l’Algérie voisine, où le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin effectue ces jours-ci une visite pour discuter, entre autres, des questions migratoires. Vendredi après-midi, Catherine Colonna a elle fait un crochet par le Lycée français Descartes de Rabat où elle a défendu la langue française dans un pays où de plus en plus de jeunes se tournent vers l’anglais et l’espagnol.

share Partager

Actualités politiques

Sénatoriales 2026, Français de l’étranger: quatre sortants réélus, LFI échoue à trois voix

Douze listes, six sièges, 524 suffrages exprimés. Dimanche 27 septembre, les grands électeurs des Français de l’étranger ont reconduit l’équilibre politique sortant au Sénat : ASFE, écologistes, socialistes, centristes, LR et Renaissance conservent chacun leur siège. Mais derrière cette apparente stabilité, le scrutin s’est joué à une poignée de voix, et La France insoumise est passée tout près d’une percée historique.

Actualités politiques

Sénatoriales 2026 : six sièges représentant les Français de l’étranger en jeu et une bataille à couteaux tirés

Dimanche 27 septembre, six sénateurs représentant les Français établis hors de France remettront leur siège en jeu. Un scrutin sans scrutin direct, mais où chaque voix compte : 533 grands électeurs (433 conseillers des Français de l’étranger, 77 délégués consulaires, les 11 députés et les 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France) et une multitude de listes. Derrière cette élection feutrée se joue une recomposition politique de la représentation des Français de l’étranger.

Actualités politiques

Sénatoriales 2026 : les élections consulaires redessinent les équilibres de la rentrée

Deux semaines après le vote des Français de l'étranger en mai 2026, les états-majors politiques ont le regard rivé sur la fin de l'été. Si ces élections consulaires n'ont mobilisé qu'une faible partie du corps électoral, avec une participation qui s'établit à 13,98 % (soit 234 463 votants pour 1,7 million d'inscrits), leur portée dépasse de loin le simple cadre local. En renouvelant les conseillers et les délégués à travers le monde, ce scrutin a dessiné la composition du collège des grands électeurs. Ce sont eux qui désigneront, en septembre prochain, six des douze sénateurs des non-résidents.

Actualités politiques

Droit au compte : pourquoi le sujet fait-il (encore) l’actualité ?

Une proposition de loi visant le renforcement du droit au compte pour les Français de l’étranger a été retoquée par les sénateurs en mai. Le sujet concerne pourtant beaucoup d’entre nous. On fait le tour de la question.

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.