Oriane Raffin
29 octobre 2026

Scolarisation des enfants hors école française : comment s’assurer du niveau de français de son enfant ?

Qu’il soit scolarisé dans une école internationale ou dans une école locale, l’enfant expatrié n’étudie pas la langue française de la même manière que s’il était resté en France. Pour maintenir le lien avec sa langue maternelle, plusieurs stratégies existent. Conseils et témoignages.

« Mon aînée a appris à lire en France, avant notre départ, car elle y a fait son CP, raconte Sandra, arrivée il y a 4 ans à Sacramento, aux Etats-Unis avec ses deux enfants de 7 et presque 3 ans à l’époque. Avec son mari, ils font alors le choix d’inscrire les enfants dans un établissement local. Rapidement se pose la question, comme pour toute famille expatriée, du maintien de la langue française.

Un sujet qui concerne surtout les enfants inscrits dans des établissements internationaux, dans lesquels les enseignements se déroulent généralement en anglais, ou dans des établissements locaux. « C’est un choix qui est fait par de plus en plus de familles, constate Juliette de Chaillé, responsable des familles expatriées au Cours Griffon – qui propose notamment un programme de français à distance pour les enfants expatriés scolarisés en école locale. Que ce soit pour des raisons d’ouverture internationale ou encore pour des raisons financières, car les écoles locales sont souvent gratuites. ».

Sandra et son mari ont fait le choix de maintenir le français à la maison, seule langue d’échange. Agée de bientôt 12 ans, leur fille aînée suit par ailleurs des cours de français, pendant une heure et demie par semaine, dans une école française de Sacramento. « Le petit qui a maintenant 7 ans n’a jamais appris à lire ou à écrire en français, poursuit cependant Sandra. On essaie mais ce n’est pas notre métier. Il faudra qu’on mette une solution en place bientôt avec lui aussi ». Les échanges avec le reste de la famille entretiennent le niveau de français oral des enfants, tout comme les livres, expédiés régulièrement depuis la métropole. Quant aux films et dessins animés, Sandra estime qu’ils en regardent environ 20% en français. Une autre façon de garder l’oreille.

« Je lui ai acheté des livres en France pour apprendre à lire »

Léo, 15 ans, fils de Soazig, est né à Barcelone et y a effectué toute sa scolarité, depuis la crèche, dans des établissements locaux. « Nous savions qu’il allait grandir ici, il était important pour nous qu’il s’intègre et qu’il ait des copains dans le quartier », explique Soazig.

A la maison cependant, le français reste la langue de référence. Et c’est là qu’il a appris à lire et à écrire dans sa langue maternelle. « Je lui lisais beaucoup d’histoires en français petit, se souvient Soazig. Quand il a grandi, je lui ai acheté des livres en France pour apprendre à lire. On a commencé avec la série des Sami et Julie ». Avec un niveau de difficulté qui a augmenté progressivement.

Aujourd’hui encore, le jeune homme lit très régulièrement en français – notamment  des mangas. « Comme il lit beaucoup et qu’il a une mémoire visuelle, cela l’aide pour l’écriture et l’expression écrite », explique sa mère. A cela s’ajoute des séjours réguliers en France avec la famille, et des échanges sur les groupes WhatsApp familiaux.

Anticiper un éventuel retour dans le système scolaire français

La problématique du niveau de français se révèle plus prenante parmi les familles qui ont comme perspective un éventuel retour dans le système scolaire français. Il faut alors s’assurer des compétences écrites. Et cela passe souvent par des cours. « Les emplois du temps des enfants sont souvent chargés, et il n’est pas toujours évident d’ajouter des heures de français au planning, commente Juliette de Chaillé. Beaucoup de parents s’y essaient d’abord seuls, mais même si on trouve énormément de supports sur internet, la pédagogie reste un métier, et devenir la maîtresse de ses enfants crée souvent des tensions ! ».

Plusieurs options s’offrent alors aux familles : le tutorat par un étudiant ou un professeur particulier, les cours du CNED – qui nécessitent un accompagnement des parents et propose un pack maths/français/histoire-géographie nécessitant 8 à 10 heures de travail par semaine -, les écoles FLAM, qui aident à maintenir un lien avec la culture française, ou encore des cours à distance, comme ceux proposés par le Cours Griffon.

« Je suis partie de mon vécu d’expatriée pour développer ce programme, explique Juliette de Chaillé. Nous proposons des modules équivalents à 3 heures de travail par semaine, qui permettent à l’enfant de réintégrer un établissement français par la suite ». Un enseignement proposé de la grande section à la troisième, uniquement sur papier pour les primaires, en partie en vidéo à la demande pour les collégiens, avec des évaluations et des retours réguliers d’un enseignant qualifié (ayant lui-même une expérience de l’expatriation).

Dans le cas de Léo, à Barcelone, sa mère explore encore une autre piste. Car, si, à l’oral, le jeune homme ne rencontre aucune difficulté d’expression, il fait encore des fautes de grammaire à l’écrit. « J’ai fait le choix de ne pas l’obliger à suivre des cours de français, j’attendais que cela soit une demande de sa part », expique Soazig, qui craignait un blocage de son fils. A partir du lycée, en revanche, Léo devrait rejoindre le cours de français langue étrangère de son établissement, afin de peaufiner la grammaire et la rédaction. Il apprendra ces règles de la langue française aux côtés d’élèves espagnols qui auront plusieurs années de français derrière eux.

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