Weena Truscelli
15 novembre 2019

Anne Genetet /Didier Quentin : Compte rendu de la mission “flash”d’audit et de contrôle des processus de gestion des postes diplomatiques

“Action Publique 2022 : année 1, le Quai d’Orsay au milieu du gué”

“Action Publique 2022 : année 1, le Quai d’Orsay au milieu du gué”

Paris, le 13 novembre 2019

La députée Anne GENETET (LREM) et son collègue Didier QUENTIN (LR) ont rendu compte de leur mission “flash” d’audit et de contrôle des processus de gestion des postes diplomatiques en présentant mercredi 13 novembre devant la Commission des affaires étrangères leur rapport “Action Publique 2022 : année 1, le Quai d’Orsay au milieu du gué”.

Cette mission s’était déroulée en deux temps. Les rapporteurs avaient d’abord auditionné les différents services en administration centrale qui mettent en œuvre la réforme des réseaux de l’État à l’étranger. Ils avaient ensuite rencontré les personnels de deux postes diplomatiques, en Norvège et au Vietnam, jugés “représentatifs” du réseau diplomatique et consulaire de la France.

Dans “Action Publique 2022 : année 1, le Quai d’Orsay au milieu du gué” les commissaires aux affaires étrangères dressent un premier bilan d’étape de la réforme “Action Publique 2022” pour le cadre de gestion globale des postes diplomatiques et consulaires – en concentrant leur attention sur l’évolution du mode de gestion des “fonctions support” sous l’impulsion de ce programme – et formulent des propositions afin d’en réussir pleinement la mise en oeuvre.

Depuis de nombreuses années, le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères connaît un profond bouleversement sous l’effet des efforts budgétaires demandés au réseau diplomatique et consulaire. Lancé à l’automne 2018 pour accélérer la transformation de l’administration, le programme “Action publique 2022” se traduit par une nouvelle diminution des effectifs (initialement fixé à 10%, l’objectif de réduction de la masse salariale a été revu à la baisse à 5,7%) et une réforme des réseaux de l’État à l’étranger qui a pour conséquence une évolution importante des processus de gestion des postes diplomatiques. La réforme consiste en la mutualisation des emplois et des crédits de soutien des administrations de l’État à l’étranger entre les mains des secrétaires généraux d’ambassade (SGA), eux-mêmes placés sous la tutelle des ambassadeurs, qui voient leur rôle de coordination des moyens de l’État à l’étranger renforcé.

À l’issue de leurs travaux, les rapporteurs :

  • estiment que la réforme était nécessaire pour corriger certaines inefficiences et pour accompagner les objectifs de baisse de la masse salariale fixés au Quai d’Orsay ;
  • constatent que la réforme fait l’objet d’un consensus assez large au sein des personnels bien qu’elle ait été menée dans une certaine précipitation et qu’elle ait suscité des tensions entre les ministères ;
  • recommandent aux gestionnaires du ministère d’être attentifs à plusieurs points, à commencer par la (sur)charge de travail qui repose sur les SGA et l’explication aux personnels des décisions de rationalisation, afin d’atteindre les objectifs fixés et d’éviter que la réforme ne fragilise le réseau ;
  • considèrent que l’immobilier est le secteur qui requiert le plus de vigilance budgétaire parmi les fonctions support ;
  • et espèrent que ce premier travail d’audit débouchera sur des missions de plus long terme sur des aspects particuliers du fonctionnement du ministère.

    Lire le rapport

share Partager

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.

Actualités politiques

Conseillers consulaires : dans les pays africains, un rôle de médiateur au cœur des communautés

Loin des structures classiques de l'expatriation, les élus consulaires en Afrique font face à des problématiques profondément humaines. Au cœur de communautés fortement imbriquées avec les populations locales, leur mandat prend une dimension sociale et politique unique, où l’accompagnement des familles mixtes et des binationaux devient une priorité quotidienne.

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.

Actualités politiques

Élections consulaires : un scrutin local… aux enjeux nationaux ?

Derrière leur dimension de proximité, les élections consulaires jouent un rôle clé dans un autre scrutin bien plus discret : les sénatoriales des Français de l’étranger. En devenant « grands électeurs », les élus locaux disposent du pouvoir de faire basculer la représentation nationale à quelques voix près.