Nathalie Laville
11 février 2020

Devenir cheffe d'entreprise : préférez l'Afrique ou… la Norvège !

Elles sont à peine 10% à être à la tête des plus grandes entreprises mondiales, les femmes ont bien du mal à voir leurs talents entrepreneuriaux reconnus, à quelques exceptions près !

Alors que la patronne française de la puissante Engie, Isabelle Kocher, vient d’être débarquée, on peut s’interroger sur la place des femmes cheffes d’entreprises dans le monde. La surprise vient du continent africain, où c’est là que l’entrepreneuriat féminin est le plus dynamique, selon l’étude “Entrepreneurship Study” : 24 % des Africaines en âge d’exercer un emploi sont impliquées dans la création d’entreprises ! L’Afrique est ainsi loin devant l’Asie du Sud-Est ou le Pacifique qui ne compte qu’un TEA (taux d’activité entrepreneuriale) féminin de 11%  !

> Les femmes aussi créent de la richesse !

Les auteurs de l’étude estiment la valeur totale de PIB créée par l’entrepreneuriat féminin en Afrique entre 250 et 300 milliards de dollars américains, soit environ 12-14 % du PIB du continent. Ce sont les pays émergents, comme le Nigeria, qui y contribuent le plus, et à l’inverse, les pays du Maghreb comme le Maroc le TEA des femmes est beaucoup moins élevé (autour de 8%). L’une des explications serait que les femmes, dans les pays du nord du continent, auraient davantage accès à l’éducation et aurait donc plus facilement accès au marché de l’emploi ; elles seraient moins souvent obligées de se créer leur propre emploi. Ces business women investissent la plupart du temps dans les secteurs de l’agriculture, l’énergie, l’accès à l’eau, l’éducation et la santé.

> Pourtant, elles restent rares dans les grosses entreprises

Leur présence dans les comités exécutifs augmente sensiblement chaque année : aujourd’hui, elles sont 20% dans les CE des grandes entreprises françaises, 28% dans celles américaines et 24% en Scandinavie. On n’atteint toutefois pas les 30% considérés comme constituant le seuil à partir duquel une “minorité” peut réellement influer sur le fonctionnement d’une organisation. Pis, dans le monde, elles sont à peine 10% à être à la tête d’une grande entreprise côtée en bourse. Ainsi, on ne compte que 27 femmes PDG des entreprises de l’indice boursier américain S&P (sur 500), soit 5,4 %, à peine 3 % des sociétés présentes dans les portefeuilles des fonds d’investissement sont dirigées par des femmes, aucune entreprise du Nikkei 225 (indice boursier nippon) n’est dirigée par une femme, parmi les 160 entreprises côtées en Bourse en Allemagne, 3 seulement sont dirigées par des femmes, 1 seule banque de la cité est dirigée par une femme, la Grande-Bretagne ne comptant que 6 femmes à la tête d’entreprises du FTSE (indice boursier britannique), sur les 50 premières entreprises suisses une seule est dirigée par une femme… Enfin, quand la Chine ne compte que 1% de femmes dirigeantes d’entreprises, la Norvège se classe en tête de tous les classements avec 16% de femmes dirigeantes d’entreprises côtées en bourse. Sans doute parce que ce pays a fait figure de pionnier en instaurant des quotas de genre dès 2003…

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