Quentin Dixmier
21 avril 2020

Français bloqués au Pérou : la course contre la montre

Plus que quelques heures avant la fermeture définitive de l’aéroport militaire de Lima, dernier aéroport fonctionnel au Pérou. Quelques 400 Français bloqués attendent le dernier vol de rapatriement demain mais doutent que celui-ci puisse transporter tout le monde...

Alors que le gouvernement péruvien a annoncé le 22 Avril la fermeture de l’aéroport militaire de Lima, 400 Français attendent anxieusement leur retour en France. Leur dernier espoir de retour, avant que le pays ne soit intégralement cloisonné, est le vol de rapatriement organisé d’urgence par l’ambassade de France le 22 avril, l’un des derniers avions à décoller du tarmac péruvien. Seulement ce vol ne compte que 300 places. Et nombre de Français, qui ne sont toujours pas munis de ces précieux billets d’avion, craignent que ce vol ne laisse une centaine de Français sur place, dans l’incertitude sur leur sort.

> Des Français absents de la liste de rapatriement ?

D’après les commentaires qui fleurissent sur le groupe Whatsapp dénommé “les Français à Lima”, regroupant les Français bloqués au Pérou auquel nous avons eu accès, l’ambassade de France ne semble pas certaine de pouvoir rapatrier demain tous les Français. L’un des membres du groupe déclare ainsi : “Un contact de l’ambassade, m’a dit que s’il y avait de gens qui restaient et qui se trouvaient dans des situations compliquées (…) l’ambassade ne les laissera pas tomber et les aidera économiquement”. Un autre, qui ne serait pas sur la liste du rapatriement, s’insurge :“Pour reprendre les mots de mon interlocuteur à l’ambassade, l’attribution des billets, c’est le loto”. Un autre Français, enregistré sur Ariane, déplore que l’ambassade ait égaré ses coordonnées. Cela lui aurait “coûté”, selon lui, sa place sur le vol demain.

Par ailleurs, le rapatriement pour les Français actuellement bloqués hors de Lima pourrait s’avérer compliqué. Une dizaine de Français actuellement bloqués à Iquitos, au coeur de l’Amazonie, sont toujours dans l’incertitude de savoir s’ils pourront regagner la capitale puis obtenir des billets de retour en France. Ces Français n’avaient déjà pas eu de place sur le vol spécial depuis Iquitos organisé le 9 avril.

> La course au rapatriement au Pérou

Le 16 mars dernier, le gouvernement péruvien décrétait le confinement et la fermeture des aéroports laissant 2 000 Français sans information concernant un éventuel retour. L’ambassade a alors commencé une course folle au rapatriement. Six vols ont été affrétés par Air France entre le 22 Mars et le 11 Avril permettant le retour de plus de 1 500 ressortissants. Mais nombre d’entre eux sont cependant restés bloqués.

Sylvie et Luis, couple cinquantenaire originaire de la banlieue parisienne enregistrés sur Ariane, ont pour leur part obtenu leur billet pour le vol demain. Il s’agit de leuru troisième billet de retour acheté. Leur premier vol, le 10 avril, avait été annulé tandis que leurs places sur un second vol organisé par le Royaume Uni, avaient finalement été attribuées à des ressortissants britanniques prioritaires. « Compte tenu de notre situation et de notre âge, nous comprenions que nous ne faisions pas parti des premiers à être rapatriés mais quand nous avons appris la fermeture de l’aéroport militaire, nous avons vraiment eu peur. Nous ne pouvons pas rester ici » racontent-ils.

> Rapatriement : une logistique épineuse

Au Pérou, l’ambassade doit faire face à de nombreuses difficultés. Il est notamment impossible de se déplacer dans le pays sauf autorisation spéciale du gouvernement péruvien. A chaque nouveau vol, l’ambassade doit à la fois organiser des navettes pour récupérer les ressortissants hors des grandes villes, assurer le transport jusqu’à l’aéroport militaire à Lima et coordonner l’enregistrement et l’embarquement des passagers. La mise en place de ce rapatriement est assuré par le Quai d’Orsay, qui doit trouver un accord avec une compagnie aérienne puis obtenir l’autorisation du gouvernement local.

Face aux difficultés rencontrées au Pérou, le gouvernement américain avait fait appel à l’entreprise privée française International SOS, qui avait rapatrié en 48h une centaine de ressortissants depuis Lima et Cuzco.

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