Didier Bras
30 avril 2020

Sécurité dans le monde : gros plan sur les zones de vigilance du 30 avril au 5 mai

Français à l’étranger couvre chaque semaine, en partenariat avec International SOS, plusieurs évènements à travers le monde nécessitant une vigilance accrue et les impacts sécuritaires de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Afrique

Jours à venir. Parallèlement à la pandémie de Covid-19, la Corne de l’Afrique est frappée par une invasion de criquets pèlerins qui a débuté fin décembre 2019 en Somalie, avec pour conséquence la perte de nombreuses récoltes. Une nouvelle épreuve pour la région, qui vient s’ajouter à la hausse des prix des denrées alimentaires et à l’indisponibilité de produits de première nécessité induites par les mesures de restrictions et la fermeture des frontières décrétées dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. Autre conséquence de cette insécurité économique et alimentaire, la hausse de la criminalité constatée particulièrement dans les zones urbaines, avec notamment des actes de vandalisme et de pillages. En outre, une hausse des violences xénophobes est également relevée en Éthiopie et au Kenya sur fond de désinformation en lien avec le Covid-19, des actes de de harcèlement verbal et de violences mineures ayant été signalés envers certaines nationalités étrangères dans ces deux capitales, Addis-Abeba et Nairobi.

Moyen-Orient

> Irak

Jours à venir. Les autorités irakiennes continuent d’affronter la défiance de la population, incarnée entre autres par les manifestations qui se déroulent dans la capitale Bagdad. Une fronde accentuée par le contexte socio-économique préoccupant, mais aussi par les indécisions relatives à la constitution du gouvernement par le nouveau Premier ministre Mustapha al-Kadhimi, en place depuis le 9 avril dernier. Ce dernier a ainsi proposé un cabinet le 25 avril dernier, mais rejeté par les principaux groupes parlementaires musulmans chiites. Le chef du gouvernement est donc contraint de présenter une nouvelle liste pour mettre en place son cabinet avant la date du 9 mai prochain, prévue par la Constitution irakienne.

> Liban

Jours à venir. La décision de la Banque centrale d’instaurer de nouveaux taux de change avec une dépréciation de la monnaie nationale a poussé des manifestants dans les rues de la capitale Beyrouth et, plus au sud, dans la ville de Sidon. Ces rassemblements devraient en entraîner d’autres dans la semaine à venir malgré les interdictions de réunion et les précautions nécessaires à la crise sanitaire, compte tenu de la période de récession et du grand trouble économique que traverse le pays du Cèdre.

Amériques

> Brésil

Jours à venir. Les deux villes les plus peuplées du pays, São Paulo et Rio de Janeiro, ont été le lieu de manifestations de protestation de certains de leurs habitants contre les restrictions et leur impact sur l’activité économique du pays. Des divergences qui font aussi écho à l’opposition entre le président Bolsonaro et les gouverneurs de ces États quant à la stratégie à suivre pour tenter d’endiguer cette épidémie qui progresse sur l’ensemble du territoire national. Dans un tel contexte, il existe un risque d’exacerbation des tensions politiques, économiques et sociales, illustrées par la hausse actuelle des actes de vandalisme et de criminalité dans le pays.

Asie-Pacifique

> Hong Kong

Jours à venir. En dépit du contexte sanitaire, le mouvement pro-démocratie semble connaître un regain d’activité comme en témoigne la manifestation suivie par plusieurs centaines de personnes le 26 avril dernier dans un centre commercial de la Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. Au cœur de leurs revendications, la demande de libération de quinze militants arrêtés le samedi 18 avril au titre d’une participation présumée aux manifestations prohibées de 2019. Dans l’élan de ce nouveau rassemblement, d’autres manifestations devraient avoir lieu cette semaine, notamment aux abords des stations de métro Central et Prince-Edward, avec des risques d’affrontements entre les participants et les forces de l’ordre.

Europe

> Allemagne

Jours à venir. Le pays n’échappe pas à quelques mouvements de protestation contre les mesures de confinement. Ainsi plusieurs centaines de manifestants, faisant fi de l’interdiction de rassemblement de plus de vingt personnes, se sont réunis les 18 et 25 avril dernier sur Rosa-Luxemburg-Platz dans la capitale Berlin, arguant de la violation de leurs droits constitutionnels pour justifier leur mobilisation. Lors de ce dernier rassemblement où l’on a dénombré quelque mille manifestants, une centaine d’entre eux ont été arrêtés par la police anti-émeutes.

Coronavirus

Jours à venir. L’évolution de la pandémie amène bon nombre de nations à se projeter vers un assouplissement de leurs mesures de restrictions et de leurs stratégies de confinement. Illustration aux États-Unis, pourtant pays le plus sévèrement touché, où plusieurs États ont choisi de relancer différents secteurs économiques en levant la plupart de leurs mesures restrictives. En Europe, l’Italie, l’Espagne et la France, qui figurent parmi les pays les plus durement impactés sur le continent, envisagent aussi leur sortie de confinement avec toutefois des ajustements différents selon les États, mais de concert quant à la nécessité de préserver les « gestes barrières ». C’est dores et déjà le cas en Suisse où de nouveaux commerces ont réouvert depuis le lundi 27 avril, mais sous réserve du strict respect de ces gestes barrières.

La situation est plus contrastée en Asie où le Nord-Est du continent ainsi que la zone Pacifique tendent globalement vers une reprise des activités économiques, alors que certains pays du Sud et du Sud-Est asiatique choisissent de prolonger le confinement. En Afrique, ces mesures de restriction des déplacements induisent des conséquences socio-économiques comme dans l’ensemble du monde, mais aussi sur le plan sécuritaire. Des interventions policières violentes pour faire respecter les confinements ont été signalées au Sénégal, au Togo, au Rwanda, en Ouganda ou encore en Afrique du Sud où des assouplissements des mesures de restrictions des déplacements internes commencent néanmoins à avoir lieu, comme au Ghana par exemple, mais sous réserve de l’évolution des taux de contamination qui semblent en progression sur le continent.

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