Pénélope Bacle
25 juin 2020

Japon, Singapour, Australie… Comment assouplir les règles aux frontières pour les résidents?

Plusieurs pays ont instauré des mesures drastiques aux frontières, même pour les résidents. Certains Français ne peuvent ainsi plus rentrer chez eux et d’autres n’osent venir en France, de peur d’être coincés. Alors que l’Europe se prépare à assouplir ses propres restrictions, la députée Anne Genetet a interrogé le Quai d’Orsay à ce sujet.

Si un Français décide de quitter son pays de résidence en Chine, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Maroc ou en Inde, il pourra s’avérer très compliqué ensuite pour lui de revenir face aux actuelles restrictions aux frontières. La députée LREM de la 11ème circonscription des Français établis hors de France (Asie, Océanie et Europe Orientale), Anne Genetet, s’est saisie de cette problématique en déposant le 23 juin une question écrite à l’Assemblée nationale. 

> La réciprocité entre les pays en question

Dans sa missive, l’élue questionne en particulier le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur les mesures prises « pour assurer une forme de réciprocité avec les pays tiers concernés ». Interrogée par le site Francais à l’étranger, Anne Genetet explique : « Nous avons un certain nombre de pays qui, pour des raisons qui ne sont absolument pas sanitaires, choisissent de fermer leurs frontières aux étrangers, y compris les étrangers qui résident sur leur territoire de façon permanente, alors que leurs propres ressortissants peuvent rentrer dans leurs pays. Je prends l’exemple d’un Australien. Celui-ci peut partir d’Australie, aller en France à l’enterrement d’un lointain cousin et revenir en Australie après. Il aura une période de « quatorzaine” mais il peut rentrer chez lui. Si un Français fait la même chose, il ne pourra pas rentrer en Australie du tout ». L’élue ajoute : « Au Japon, comme à Singapour, on fait signer un papier au moment de la sortie du territoire, au contrôle des frontières, dans lequel le ressortissant déclare avoir été averti du fait qu’une fois passée cette frontière, il ne pourra pas revenir ». 

Dans ce contexte, la question de « réciprocité » est d’autant plus d’actualité que l’Union européenne (UE) a prévu de publier le 1er juillet la liste d’une cinquantaine de pays avec lesquels elle assouplit ses frontières. Et certains de ces Etat pourraient être ceux mêmes qui n’accueillent pas les résidents européens à leur frontières : « Ce sont des pays qui ont des situations sanitaires équivalentes à la notre ou meilleures. Donc forcément, dans cette liste, vous allez en retrouver certains que j’ai cités : la Chine, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande… » explique Anne Genetet.

> Un sujet épineux diplomatiquement

Dans sa question écrite, la députée interroge en particulier le ministre sur les discussions en cours, et « s’il est envisagé de négocier au niveau européen pour faire appliquer une réciprocité, a minima pour les Européens détenteurs de visas permanents ». Seulement, selon la députée, il s’agit là d’un sujet de souveraineté, complexe diplomatiquement « C’est très difficile. On sent que certains pays sont tout à fait hermétiques à toutes discussions ».

> Le Qatar se prépare à lever ses restrictions

Le Qatar est l’un des pays qui n’acceptaient plus les résidents une fois qu’ils étaient partis. L’émirat a cependant indiqué le 8 juin qu’il allait assouplir ses restrictions pour les personnes qui détiennent un titre de séjour régulier (« Q ID »). Ces derniers pourront être ré-admis sur le territoire à compter du 1er août, sous réserve qu’ils proviennent d’ un pays « à risque sanitaire contenu » et qu’ils effectuent, à leurs frais, une quatorzaine dans l’un des hôtels de leur choix figurant sur une liste d’établissements arrêtée par les autorités. La liste des pays « à risque sanitaire contenu » sera connue fin juin.

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