Grégoire Mandy
7 août 2020

Retrouvailles des couples binationaux : le plan du gouvernement

Le gouvernement français s'apprête à formaliser ses solutions pour réunir les couples binationaux. Mais, d’après nos informations, les conditions pour l’obtention de ces futurs visas de "concubins" pourraient s’avérer difficiles à remplir...

Le gouvernement français devrait annoncer très prochainement ses mesures pour aider les couples binationaux à se retrouver. Cependant, selon une source proche du dossier, les ministères préparent actuellement un système qui requiert pour les couples uniquement des justificatifs administratifs. Et ce, malgré les multiples demandes divergentes des collectifs. 

Un modèle “à la française”

Ces demandes pour des visas de court séjour devraient se faire, selon nos informations, au cas par cas. Elles seraient d’abord traitées par les postes diplomatiques, puis analysées par le ministère de l’intérieur. Pour définir ce statut de « concubin », le gouvernement pourrait réclamer des justificatifs de vie en commun au travers de toutes sortes de preuves administratives tels des justificatifs de domicile, des factures, des précédents visas etc…

Un officiel aurait déclaré lors d’une réunion du 31 juillet en présence du ministère des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des collectifs de couples binationaux, que les preuves demandées devraient être « vérifiables, ou du moins quelque chose d’administratif ».

Les demandes des collectifs en suspens

Conviés lors de cette réunion, les représentants des collectifs pour les couples binationaux n’auraient pas réussi à faire entendre leur point de vue. Ces derniers espéraient notamment proposer un modèle comme celui initialement mis en place au Danemark où les couples binationaux devaient justifier d’une relation de plus de six mois grâce à des SMS, photos, emails etc… Le Danemark a ensuite encore assoupli ses mesures, se suffisant de déclarations sur l’honneur.

Mais ce modèle tout comme ceux, similaires, de la Norvège, de la Suisse ou de l’Autriche, auraient tous été rejetés par le gouvernement.

Les postes consulaires en première ligne

Les couples binationaux devraient donc remplir leurs démarches auprès des postes consulaires. Le gouvernement aurait cependant reconnu qu’il existe des risques de saturation des services. Depuis le début de la crise sanitaire et les différentes mesures de confinement, les services consulaires ont été débordés. Face à cette situation, le gouvernement se serait engagé à améliorer les canaux de communication.

share Partager

Actualités politiques

Droit au compte : pourquoi le sujet fait-il (encore) l’actualité ?

Une proposition de loi visant le renforcement du droit au compte pour les Français de l’étranger a été retoquée par les sénateurs en mai. Le sujet concerne pourtant beaucoup d’entre nous. On fait le tour de la question.

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.

Actualités politiques

Conseillers consulaires : dans les pays africains, un rôle de médiateur au cœur des communautés

Loin des structures classiques de l'expatriation, les élus consulaires en Afrique font face à des problématiques profondément humaines. Au cœur de communautés fortement imbriquées avec les populations locales, leur mandat prend une dimension sociale et politique unique, où l’accompagnement des familles mixtes et des binationaux devient une priorité quotidienne.

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.