Français à l'étranger
27 octobre 2020

Paris n'assurera pas ses consuls honoraires

Le sénateur Olivier Cadic avait demandé au gouvernement de mettre en place une protection spéciale pour les consuls honoraires de France à l'étranger. La réponse est non.

Les quelque 500 consuls honoraires, opérant à travers une centaine de pays, ne sont pas des agents de l’État, mais des particuliers qui exercent leurs fonctions à titre bénévole, au nom du bien public.

> Des relais indispensables aux larges attributions

Depuis le début de la crise sanitaire, ils ont souvent été très actifs dans l’assistance aux Français de l’étranger, que ce soit pour les informer, les aider à déposer des demandes d’aides, faciliter les rapatriements, etc. Ils sont par ailleurs habilités à remettre des passeports et délivrer des procurations de vote et doivent assurer la protection des ressortissants français et de leurs intérêts, qu’ils soient résidents ou de passage. Au quotidien, cela signifie qu’ils peuvent être appelés à se déplacer dans les hôpitaux, dans les prisons ou bien être appelés sur les lieux d’un accident, notamment pour jouer les traducteurs auprès de la police.

> Fin de non recevoir

En juin, le sénateur centriste Olivier Cadic, sollicité par plusieurs consuls honoraires, avait demandé au ministère des affaires étrangères s’ils pouvaient bénéficier d’une assurance qui combinerait des garanties individuelle accident-maladie et responsabilité civile dans le cadre de leur mission. A ce jour, seuls les consuls honoraires au Royaume-Uni bénéficient d’une assurance en responsabilité civile (dommages corporels ou matériels aux tiers, frais de défense).

La réponse du gouvernement en date du 22 octobre est claire: rien de changera pour les consuls honoraires. L’exception du Royaume-Uni “n’a pas vocation à être répétée ni étendue” et les consuls honoraires “ne relèvent pas du statut d’agent de droit public de l’Etat”. Dont acte.

share Partager

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.

Actualités politiques

Conseillers consulaires : dans les pays africains, un rôle de médiateur au cœur des communautés

Loin des structures classiques de l'expatriation, les élus consulaires en Afrique font face à des problématiques profondément humaines. Au cœur de communautés fortement imbriquées avec les populations locales, leur mandat prend une dimension sociale et politique unique, où l’accompagnement des familles mixtes et des binationaux devient une priorité quotidienne.

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.

Actualités politiques

Élections consulaires : un scrutin local… aux enjeux nationaux ?

Derrière leur dimension de proximité, les élections consulaires jouent un rôle clé dans un autre scrutin bien plus discret : les sénatoriales des Français de l’étranger. En devenant « grands électeurs », les élus locaux disposent du pouvoir de faire basculer la représentation nationale à quelques voix près.