Français à l'étranger
8 décembre 2020

Immigrer au Canada: quelles opportunités en Alberta ?

Le Canada cherche à attirer les étudiants et les travailleurs qualifiés francophones pour accélérer sa croissance. Français à l’étranger décrypte les opportunités d’immigration au Canada, province par province.

Située dans l’Ouest du Canada, l’Alberta dispose de la plus forte croissance économique de toutes les provinces canadiennes, en raison notamment de sa production pétrolière en pleine expansion, ainsi que du plus faible taux d’imposition du pays. Avec deux des plus grandes villes du Canada, Calgary et Edmonton, la capitale provinciale, l’Alberta est également connue comme étant l’un des plus beaux endroits de l’Amérique du Nord avec ses magnifiques parcs nationaux, tels que Banff et Jasper.

En Alberta, plus de 80 000 personnes ont le français comme langue maternelle, formant ainsi plus de 2% de la population totale de la province. Ce sont dans les régions de Calgary et d’Edmonton qu’elles sont les plus nombreuses, attirées par les occasions d’emploi et les services plus variés qu’offrent ces deux villes.

Pour s’installer dans la province de l’Alberta, il faut passer par les services d’immigration du Canada fédéral, que ce soit pour être résident permanent, pour travailler ou pour étudier temporairement. Un numéro d’assurance sociale NAS est par ailleurs nécessaire afin de travailler au Canada. Sinon, impossible de profiter des prestations et services alloués par les programmes gouvernementaux. Ce numéro est à demander au centre Service Canada le plus proche de la ville de résidence ou sur leur site internet.

La politique de la province

L’Alberta est la 4ème province la plus peuplée du Canada avec 4,46 millions d’habitants soit près de 11,7% de la population du Canada. Cette dernière décennie, la population albertaine a cru de 19,4%, la plus forte hausse enregistrée parmi les provinces et les États d’Amérique du Nord. L’Alberta a par ailleurs enregistré en 2019 un solde positif de migration internationale (+35 375 personnes) et un solde positif de migration interprovinciale (+6 928 personnes). 

Politiquement, la province est pilotée par le gouvernement conservateur de Jason Kenney, élu en 2019. Ce dernier s’est donné pour objectif d’assainir les finances publiques de l’Alberta et d’équilibrer le budget provincial d’ici 2022. L’un des principaux axes de son programme réside en outre dans des mesures de réduction d’impôts visant à relancer l’activité économique. Le gouvernement Kenney entend ainsi faire passer progressivement le taux d’imposition des entreprises de 12 à 8 %. L’objectif est d’encourager l’afflux d’investissements étrangers dans la province. D’ici 2022, l’Alberta devrait ainsi avoir l’un des taux d’imposition sur les sociétés les plus bas en Amérique du Nord.

Comment s’installer en Alberta ?

Le Programme des candidats de l’Alberta (PCA, ou Alberta Immigrant Nominee Program (AINP)), géré par le gouvernement de l’Alberta en partenariat avec le ministère fédéral de l’Immigration, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), permet aux immigrants possédant les compétences et l’expérience requises par la province de recevoir un certificat de désignation de l’Alberta, qui accélèrera ensuite le processus général d’immigration.

Le PCA accepte les candidatures de travailleurs qualifiés via le volet Opportunité Alberta et via le système Entrée express. Elle gère également le Volet des fermiers autonomes et un programme pour les diplômés internationaux.

> Le volet Opportunité Alberta

Ce programme s’adresse aux détenteurs d’un statut de résident temporaire valide au Canada qui les autorise à travailler dans la province. Pour être admissible au volet Opportunité Alberta, il faut exercer une profession admissible en Alberta. La province publie une liste de professions non-éligibles.

> Le volet Entrée Express

Le volet Entrée Express permet à la province de nommer un nombre limité de candidats qualifiés issus du système fédéral Entrée express. Le volet s’adresse aux candidats ayant des liens étroits avec l’Alberta et qui contribuent à stimuler l’économie et à accroître la diversité. Les diplômés internationaux seront également invités.

> Le volet des fermiers autonomes

Pour se qualifier au volet des fermiers autonomes, le candidat doit avoir une expérience de la gestion dans une entreprise agricole existante et la formation et l’expérience de travail nécessaires pour développer une entreprise agricole durable en Alberta.

> Le volet pour les entrepreneurs diplômés internationaux

Ce programme s’adresse au diplômés internationaux d’universités d’Alberta qui souhaitent déposer une demande de résidence permanente.

Trouver un emploi

La plupart des emplois en Alberta requièrent au minimum une éducation secondaire et de nombreux postes exigent une préparation post-secondaire. Un grand nombre d’adultes retournent aux études pour augmenter leur niveau de scolarité ou acquérir des connaissances sur les technologies en évolution.

Les immigrants doivent par ailleurs souvent améliorer leur maîtrise de la langue anglaise ou mettre à niveau leurs compétences professionnelles avant de pouvoir trouver un travail en Alberta.

Pour une recherche d’emploi efficace, Guichet-Emplois et Alberta Labour sont deux plateformes qui recensent les dernières offres disponibles dans la province. Accès Emploi est une ressource d’emploi dédiée aux francophones à Edmonton.

Attention au Canada, plus de 20% des emplois sont réglementés par le gouvernement. Ceux qui souhaitent travailler dans ces secteurs réglementés devront au préalable obtenir un permis de réglementation de la province où ils vivent. Le Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux indique les réglementations sur ces professions.

Les secteurs porteurs d’emploi

En Alberta, les ressources naturelles sont abondantes et soutenues par la forte demande en pétrole et en gaz naturel des États-Unis et de la Chine. L’aérospatiale, l’agroalimentaire, l’exploitation du pétrole et du gaz, les sciences de la vie et les services financiers sont les secteurs les plus porteurs dans la province. Celui de la construction est également en plein essor. L’Alberta est par ailleurs une province pionnière dans les nanotechnologies et l’industrie des TIC s’y révèle également très importante. Le tourisme soutient par ailleurs plus de 127 000 emplois dans l’ensemble de la province. Le Gouvernement de l’Alberta souhaite que le tourisme dans la province double d’ici 30 ans.

Si l’emploi avait globalement repris après 2016, avec un taux de chômage stable entre 2018 et 2020 oscillant entre 6,5% et 7,5%, le taux de chômage de l’Alberta a fortement augmenté durant la crise de la Covid-19. Ce taux est à 11,8% en août 2020. Le Gouvernement de l’Alberta estime toutefois que ce taux devrait revenir à 6% en 2021

Créer son entreprise

La province dispose d’un environnement propice aux affaires ayant l’un des régimes fiscaux les plus compétitifs pour les entreprises en Amérique du Nord. L’Alberta propose aussi une main-d’œuvre jeune et instruite, ainsi qu’une économie diversifiée, et regorge d’abondantes ressources naturelles.

L’Alberta compte 49 groupes français dans la province. La présence française en Alberta est centrée sur la production et les services pour les hydrocarbures. La présence française en Alberta est également marquée dans le secteur bancaire et financier avec des banques telles que BNP Paribas, Société Générale et sa filiale de courtage Newedge, dans un contexte de développement rapide du secteur financier en Alberta.

Le programme Alberta Innovates soutient les petites entreprises en démarrage, dans les secteurs de la technologie et du savoir notamment, afin qu’elles commercialisent plus rapidement leurs idées et leurs produits.

Invest Alberta liste les possibilités d’investissement dans le province et le Réseau Entreprises Canada aide les entrepreneurs à chaque étape de leur projet de création d’entreprise. Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada), un organisme national à but non lucratif, est par ailleurs un interlocuteur privilégié pour les entrepreneurs.

Etudier

L’enseignement en Alberta est dispensé gratuitement aux enfants scolarisés de la première à la douzième année. Il est possible de suivre des études en français dans la province jusqu’au niveau post-secondaire. L’Alberta compte quatre conseils scolaires régionales francophones qui gèrent une quarantaine d’écoles francophones, une vingtaine de collèges publics et quelques institutions techniques. 

Le lycée français Louis-Pasteur est une école internationale française située à Calgary qui enseigne de la maternelle à la terminale.

Concernant les études supérieures, la province dispose de nombreuses universités comme l’Université de l’Alberta à Edmonton, considérée comme l’une des cinq plus importantes universités au Canada, l’Université de Calgary ou encore l’Université de Lethbridge.

En 2018, le ministère de l’Éducation de l’Alberta a par ailleurs annoncé une réforme en profondeur de son système éducatif. Il a notamment entamé une ronde de consultations avec la communauté francophone afin de créer un programme scolaire entièrement en français qui devait entrer en vigueur dans les établissements d’ici cinq ans.

Le Canada face à la crise sanitaire

A l’heure où nous écrivons, plusieurs catégories de personnes sont autorisées à rejoindre le Canada, au delà des résidents permanents: les titulaires d’un permis de travail ou d’un permis d’études en cours de validité (ou les bénéficiaires d’une autorisation de travail ou d’études sans être entrés sur le territoire), les détenteurs d’un visa Programme Vacances-Travail (PVT), les jeunes professionnels et les Stage coop international. Ces derniers doivent cependant attester d’une offre d’emploi active  et d’un permis de travail valide ou d’une lettre d’introduction.

A partir du 21 novembre, les personnes qui se rendent au Canada doivent par ailleurs télécharger l’application  ArriveCAN.  Par le biais de cette application, les voyageurs fournissement des informations sur leur vol et leurs coordonnées au Canada, puis doivent remplir chaque jour un questionnaire d’auto-évaluation de santé pendant les 14 jours d’isolement obligatoire.

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