Français à l'étranger
12 janvier 2021

Français du Canada : Jean-Baptiste Lemoyne et Roland Lescure répondent à vos questions 2/5

Sans filtre, les Français du Canada interpellent leur ministre et leur député

Français à l’étranger a organisé à la fin de l’année dernière une réunion publique virtuelle destiné aux Français du Canada. Pour répondre à leurs questions, un ministre et un député. Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, s’était prêté au jeu, tout comme Roland Lescure, élu de la première circonscription des Français de l’étranger (Amérique du Nord), également président de la commission des Affaires économiques. Devant le succès de ces échanges, en particulier sur les réseaux sociaux, Français à l’étranger publie toute le semaine un best of de cette heure de dialogue direct.

Episode 2, sur le CETA et les accords entre la France et les différentes provinces canadiennes.

Sylvie, Ottawa

Sylvie : Concernant le CETA, où en est la France dans le processus de ratification ? Je crois savoir que la France a ratifié fin 2019, mais il reste tous les autres pays européens. Étant donné que nous sommes dans une application provisoire du traité, est-il possible que cette situation perdure ou n’aboutisse pas ?

J.-B. L. : Dans l’UE environ la moitié des pays ont procédé à la ratification. La France s’est engagée dans ce processus avec un débat et un vote à l’Assemblée nationale qui doit se poursuivre, le texte devant être examiné au Sénat. Dans l’opinion publique, ces accords commerciaux ont soulevé un certain nombre de questionnements. C’est pourquoi nous avons d’abord voulu mettre en place avec la majorité une nouvelle méthodologie. Nous avons souhaité qu’il puisse y avoir des études d’impact sérieuses, notamment au plan environnemental. C’est toute une batterie d’éléments que nous avons soumise au Parlement pour que l’Assemblée puisse se prononcer. Pour l’instant l’application est provisoire mais elle permet par exemple aux produits laitiers français de connaître un bon succès, de même pour les vins spiritueux. Nous avons de très belles histoires de succès commerciaux d’entreprises françaises grâce à cet accord.

Sylvie : Il y a de nombreux accords préférentiels entre le Québec et la France concernant les Français installés au Québec. Est-il possible d’envisager des accords préférentiels entre l’Ontario et la France sachant qu’une partie de la province est francophone ?

R. L. : Les accords auxquels vous faites référence sont établis entre la province du Québec et le gouvernement français pour permettre de reconnaître des professions de part et d’autre de l’Atlantique et réaliser des échanges plus simples, comme par exemple pour les avocats qui passent l’examen du barreau du Québec. Cela supposerait que le gouvernement de l’Ontario souhaite s’engager dans ce genre de procédures. Certes, il y a des Francophones qui vivent en Ontario, mais cette province reste essentiellement anglophone. Il y a en fait deux provinces bilingues au Canada, avec le Québec et le Nouveau-Brunswick dont nous avons sauvé le consulat à Moncton – on peut s’en féliciter. Même si le Canada dans son ensemble est bilingue, certaines provinces anglophones ne sont pas très ouvertes au fait français, il n’empêche qu’il y a des entreprises françaises et notamment des sociétés d’État qui font des affaires là-bas, il y a des Français qui y vivent et étudient. Donc il faut continuer ces liens culturels et économiques qui vont permettre progressivement d’y renforcer le poids des Français.

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