Philippe Duport
8 mars 2021

Couples séparés par le Covid : Caitlin et Nicolas, un an sans se voir

Français à l'étranger donne la parole à ces couples que le virus et les fermetures de frontières a séparés. Caitlin est Américaine, Nicolas Français. Ils ne savent pas quand ils pourront se revoir. Voici leur témoignage

“Nous sommes Caitlin et Nicolas. Je suis Français, elle est Américaine. Nous avons été séparés pendant plus d’un an à cause des fermetures de frontières engendrées par le Covid-19.
Pour nous, tout a commencé le 27 janvier 2020, à l’aéroport Charles De Gaulle, lorsque nous nous sommes dit au revoir, pensant nous retrouver deux mois plus tard à Boston pour deux ou trois semaines de vacances.
Puis le Covid arriva… Les rumeurs de fermeture des frontières se sont intensifiées et finalement, c’est arrivé. Une semaine à peine avant le départ de mon avion, Donald Trump a décidé de fermer les frontières américaines. Dans la foulée, mon visa ESTA a été annulé, annihilant définitivement tout espoir de rejoindre ma compagne. Ce fut alors le début d’un (très) long tunnel fait de faux espoirs, de larmes et de tristesse. Au mois de mars, nous espérions une ouverture des frontières à l’été, à l’été nous l’espérions pour l’automne etc…
Nous avons utilisé FaceTime plusieurs fois par jour, pour garder le contact et un certain sentiment de proximité, mais la lassitude gagnait quand même du terrain. Les confinements français et américain ont été similaires mais nous essayions de rester positifs…
A l’automne, nous avons finalement décidé de nous fiancer officiellement auprès des autorités américaines et de commencer les démarches en vue de l’obtention d’un visa K1 (fiancé étranger) qui me permettrait de revenir aux USA. Le laissez-passer français a été annoncé à la même période et nous nous sommes dit que si je ne pouvais pas venir à elle, elle viendrait à moi… Nous avons donc déposé un dossier auprès du Consulat de France à San Francisco fin août, lieu de résidence de ma fiancée à ce moment là. Nous avons été sans nouvelles d’eux jusqu’au mois de décembre, date à laquelle le Consulat m’a finalement envoyé un e-mail me demandant si “ils m’avaient bien recontacté”. Ce n’était évidemment pas le cas. J’ai donc du expliquer que, pour des raisons familiales, ma fiancée avait du retourner vivre à Boston et le Consulat de San Francisco m’a alors répondu qu’ils n’étaient donc plus compétents et que nous devions recommencer les démarches du laissez-passer à zéro avec le Consulat de France à Boston… C’est donc ce que nous avons fait et le Consulat de Boston a été extrêmement rapide et professionnel, ma fiancée a obtenu le laissez-passer et nous commencions enfin à nous réjouir ! Dans le même temps, notre dossier de fiançailles, déposé en novembre, commençait à peine à avancer et nous obtenions enfin le numéro de suivi du dossier, première étape pour l’obtention du visa K-1.
Janvier 2021, la date de la visite française de ma fiancée approche, nous osons à peine y croire, on nous a tellement pris qu’on s’attend à ce qu’on nous enlève ça au dernier moment. Et évidemment ça a failli arriver. J’ai été testé positif au Covid trois semaines avant son arrivée mais j’ai rapidement récupéré. Notre Premier ministre a annoncé aussi un durcissement des fermetures des frontières, personne, même les citoyens français (!!!!!) ne peut rentrer en France. Mais le Consulat de Boston est rapidement venu à notre rescousse et m’a confirmé par e-mail que tout les laissez-passer donnés AVANT les annonces du Premier ministre restaient valides. Ouf.
Nous avons donc pu passer 15 jours ensemble, chez moi, à Châteauroux, et profiter l’un de l’autre. Ma fiancée a été testée plusieurs fois, conformément à la réglementation en vigueur, et elle n’a pas attrapé le Covid. Je la raccompagne à l’aéroport le 28 février, la peur au ventre, l’anxiété à son maximum car nous retombons dans l’inconnu… Après ça, impossible de savoir quand nous nous reverrons à nouveau.”

share Partager

Vie pratique

L'immersion totale est-elle encore possible à l'ère de la surconnexion ?

De nos jours, vivre à l’étranger implique généralement de garder un contact presque quotidien avec ses proches restés en France, il est possible de suivre des contenus français à distance et de se rapprocher de la communauté française locale en deux clics. Est-il encore possible de couper totalement le cordon avec la France et de plonger pleinement dans la culture locale de son pays d'accueil ? L'hyperconnexion empêche-t-elle l'intégration ? Ou bien faut-il justement cesser de valoriser une immersion totale à l'étranger ?

Vie pratique

Guide gratuit à télécharger : Éducation, scolariser ses enfants à l’étranger

Entre école française, établissement international, école locale ou enseignement à distance, la scolarisation des enfants est l’un des sujets les plus structurants pour les familles expatriées. Choix du système éducatif, apprentissage des langues, reconnaissance des diplômes, intégration culturelle ou encore perspective de retour en France : autant de critères qui rendent la décision complexe.

Vie pratique

Comment utiliser ses deux passeports, français et britannique, pour voyager

Vous venez d’être naturalisé et vous vous demandez quel document montrer à quel moment (entrée, sortie des territoires), entre le passeport britannique et français, notamment lorsque vous circulez entre le Royaume-Uni et la France ?

Vie pratique

CFE : la réforme devenue incontournable

Longtemps cantonnée à un rôle technique de continuité des droits, la Caisse des Français de l’étranger se retrouve désormais au cœur d’un débat politique majeur. Les Assises de la protection sociale, clôturées à l’automne 2025, ont mis en lumière ses fragilités structurelles, mais aussi les attentes considérables qui pèsent sur elle. Financement, gouvernance, relation aux assurés, élargissement des publics : la transformation de la CFE n’est plus une option, mais une condition de survie. Reste à savoir si les Assises permettront d’en être le véritable déclencheur.

Vie pratique

Assises de la protection sociale : que vont-elles réellement changer ?

Clôturées à l'automne 2025, les Assises de la protection sociale ont marqué une première : celle d'un État acceptant de traiter la protection sociale des Français de l'étranger comme un enjeu global et politique, et non plus comme une somme d'ajustements techniques. Cette vaste concertation a ouvert une séquence inédite. Reste désormais à savoir si elle débouchera sur des transformations concrètes.