Nora Litoussi
20 avril 2021

Les nouveaux Français de l’étranger : Joël Doglioni : « L’expatriation m’a permis d’être une meilleure personne »

Installé depuis presque 40 ans en Colombie, Joël Doglioni, ancien expatrié français aujourd’hui conseiller des Français de l’étranger revient sur son parcours

C’est dans les années 1980 que Joël Doglioni est envoyé par un groupe français spécialisé dans les travaux publics à Bogotá en Colombie. Là-bas, il participe à la construction d’un tunnel de plus de 30 km de long (une première mondiale) qui permet aujourd’hui d’alimenter 90% de l’électricité de Bogotá. Il décidera ensuite de s’installer définitivement dans la ville colombienne, séduit par la sympathie et la convivialité de ses habitants.

Les paysages d’Amérique Latine auront aussi su conquérir le Français. Lui qui avait connu les déserts du Moyen-Orient dans une précédente expatriation, s’est alors retrouvé dans la biodiversité colombienne à la jungle luxuriante et aux milliers d’oiseaux. En effet, avant d’être envoyé à Bogotá, Joël Doglioni était expatrié au Moyen-Orient en tant qu’administrateur d’entreprise où il a participé entre autres à la construction de l’aéroport de Bagdad, du palais du roi d’Arabie Saoudite ou des voies d’eau d’Irak.

Un besoin d’aventure

À son arrivée en Colombie, Joël Doglioni est responsable de la gestion d’autres expatriés. Il raconte : « dès que je suis arrivé, j’ai dû être à la charge de 1500 personnes. J’ai dû mettre en place un supermarché, un mini hôpital, etc… Tout ce qui permettait aux expatriés de vivre pratiquement en autarcie ».  Son expatriation n’est pas seulement due à des raisons professionnelles. Dès son adolescence, le Français a ressenti un besoin d’aventure. « Jusqu’à l’âge de 17 ans, je me nourrissais de livres d’aventure. À l’époque, on n’avait pas Internet. Alors, en tant que jeune homme, l’aventure c’était les livres sur l’Afrique de Walter Scott ou d’autres auteurs. On lisait, et lorsqu’on a fini de rêver, on aimerait mettre en application ce qu’on a lu » explique le conseiller.

“La pandémie a bouleversé mon quotidien d’élu”

Aujourd’hui marié à une Canadienne et père de deux enfants binationaux, Joël Doglioni se sent proche de la communauté française de Colombie et des problématiques qui la concernent. « Lorsque je suis arrivé, j’étais envoyé par un groupe français qui s’est occupé de tous mes papiers d’expatriation. Néanmoins, ce n’est pas le cas de beaucoup de mes compatriotes qui eux rencontrent de grosses difficultés dans leur installation, leurs démarches administratives ou qui sont mal renseignés. En tant que conseiller des Français de l’étranger, j’essaie d’aider ces personnes en les aiguillant et en les renseignant pour qu’ils puissent continuer leur installation. La pandémie actuelle a bouleversé mon quotidien d’élu. Je me suis démultiplié pour fournir conseils administratifs et pratiques ainsi qu’un véritable soutien psychologique aux personnes qui en avaient besoin » raconte le Français, candidat aux prochaines élections consulaires.

Ce que retient Joël Doglioni de son expatriation, c’est l’enrichissement personnel qu’elle lui a apporté. « L’expatriation m’a permis d’être une meilleure personne. J’ai pu épouser les us et coutumes de mon pays d’accueil avec beaucoup de respect, de distance et de considération. Cela m’a apporté un esprit totalement ouvert sur l’autre et me permet de prendre du recul sur ce qu’il se passe en France. Je me sens à la fois Français et homme du monde » affirme-t-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

share Partager

Actualités politiques

Élections consulaires : en Asie-Pacifique, des élus face à l'éclatement d'une expatriation devenue nomade

À l’approche du scrutin consulaire, les communautés françaises installées en Asie du Sud-Est et en Océanie révèlent les nouvelles réalités de l’éloignement. Essor des visas temporaires, profils indépendants et dispersion hors des capitales économiques obligent les conseillers des Français de l’étranger à composer avec une population parfois de passage, souvent déconnectée des canaux officiels. À l’autre bout du monde, le défi des élus est de maintenir un maillage humain là où la distance physique et l'isolement guettent les ressortissants.

Actualités politiques

Conseillers consulaires : dans les pays africains, un rôle de médiateur au cœur des communautés

Loin des structures classiques de l'expatriation, les élus consulaires en Afrique font face à des problématiques profondément humaines. Au cœur de communautés fortement imbriquées avec les populations locales, leur mandat prend une dimension sociale et politique unique, où l’accompagnement des familles mixtes et des binationaux devient une priorité quotidienne.

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.

Actualités politiques

Élections consulaires : un scrutin local… aux enjeux nationaux ?

Derrière leur dimension de proximité, les élections consulaires jouent un rôle clé dans un autre scrutin bien plus discret : les sénatoriales des Français de l’étranger. En devenant « grands électeurs », les élus locaux disposent du pouvoir de faire basculer la représentation nationale à quelques voix près.