Nora Litoussi
20 juillet 2021

Vincent Fichot : « Je partirai d’ici avec mes enfants ou entre quatre planches »

Depuis 10 jours, Vincent Fichot, un Français installé au Japon depuis 15 ans, a débuté une grève de la faim. Posté devant l’entrée de la gare de Sendagaya à Tokyo, le Français de 39 ans a entamé cette protestation dans l’espoir de revoir ses enfants « enlevés » par son épouse japonaise.   

Voilà maintenant presque trois ans que ce père n’a pas revu son fils et sa fille âgés de 6 et 4 ans. Le matin du 10 aout 2018, l’ancien trader part travailler. A son retour, il découvre une maison vide, sa femme était partie avec les deux enfants. S’en suit une véritable bataille judiciaire durant laquelle Vincent Fichot devra, en plus d’essayer de revoir ses enfants, se défendre des accusations de violences conjugales formulées par sa femme (qui s’est rétractée par la suite). Les autorités japonaises ont depuis rejeté toutes ses demandes et l’ont contraint à verser une pension alimentaire de 560 000 yens soit 4 300 euros par mois à sa compagne. Malgré l’autorité parentale qu’il conserve, il n’est pas autorisé à s’approcher de ses enfants, et risque même la prison s’il déroge à cette règle.

En 2019, Emmanuel Macron avait formulé une demande au premier ministre japonais de l’époque Shinzo Abe, après une rencontre avec Vincent Fichot et plusieurs pères dans le même cas. Mercredi dernier, c’est le conseiller municipal de l’arrondissement de Shibuya, Ken Suda qui était venu apporter son soutien au Français en se déplaçant dans ce lieu, symbole des revendications de tous les autres parents dont les enfants ont été enlevés par leur conjoint après une séparation.

Avec cette grève de la faim, Vincent Fichot espère attirer l’attention de l’opinion publique et celle du président français Emmanuel Macron, attendu à Tokyo pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, le 23 juillet. Il espère de ce dernier une action, « Mes enfants sont aussi citoyens français. La France doit faire quelque chose », explique-t-il. « Je partirai d’ici avec mes enfants ou entre quatre planches. »¹

Une pétition change.org a été lancée par sa famille française. Au 20 juillet, 23 136 signatures ont été recueillies.

¹ Propos recueillis par Philippe Mesmer pour Le Monde.

 

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