Français à l'étranger
22 juillet 2021

Bienvenue en Acadie : l’Île-du-Prince-Édouard

Destination attractive pour les francophones, l’Acadie présente une multitude d’atouts pour les postulants à l'émigration au Canada. À l’approche de la fête nationale de l’Acadie du 15 août, Français à l’étranger propose une série de cinq articles de présentation du territoire acadien et des provinces qui le composent. Aujourd’hui, zoom sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Présentation

L’île est découverte en 1534 par Jacques Cartier, explorateur et écrivain français. Appelée Isle Saint-Jean sous l’hégémonie française, puis Island of Saint John sous l’occupation de la Grande-Bretagne, elle ne prend le nom d’Île-du-Prince-Édouard qu’en 1799. Elle devient une province canadienne en 1873, six ans après la création de la Confédération du Canada.

Province la moins peuplée du Canada avec environ 140 000 habitants, l’Île-du-Prince-Édouard en est aussi la plus petite en termes de superficie (5 660 km2). Elle occupe environ 1% de la superficie totale de l’Acadie. Elle est bordée par le golfe du Saint-Laurent au nord et par le détroit de Northumberland sur le reste de l’île. L’accès aux autres provinces acadiennes est possible grâce au pont de la Confédération, long de 13 km. La forêt occupe la moitié de l’île mais les autres paysages sont également composés de montagnes et de dunes de sable sur le littoral. La mer n’est jamais à plus de 16 km de n’importe quelle ville. La faune et la flore sont très présentes et il est à noter que la province a vu plusieurs dizaines de baleines s’approcher des côtes ces dernières années.

La capitale de l’île est Charlottetown. C’est aussi la ville la plus peuplée, accueillant 25% de la population provinciale. Cette cité est le centre commercial de l’île et son économie tourne autour du tourisme, de la pêche et de l’agriculture. La deuxième agglomération de l’Île-du-Prince-Édouard, Summerside, compte quant à elle quelque 14 000 habitants. La ville est spécialisée dans la pêche au homard. Les autres villes de la province sont beaucoup moins peuplées mais les proches distance au sein de l’île permettent de rallier rapidement les plus grands centres urbains.

L’Île-du-Prince-Édouard comprend six régions acadiennes et francophones (Prince-Ouest, Summerside, Rustico, Charlottetown, Souris, et enfin la Région Évangeline qui est la principale de ces régions acadiennes). On dénombre environ 11 000 Acadiens dans la province et le français est la deuxième langue la plus parlée même si l’anglais reste fortement majoritaire (il s’agit de la langue maternelle de 90% des habitants). Les communautés acadiennes sont implantées sur l’ensemble le territoire et continuent à transmettre les valeurs de cette population. Le seul journal francophone de la province, La voix acadienne est d’ailleurs édité à Summerside. La Coopérative d’intégration francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (CIF IPE) participe à l’intégration de communautés francophones étrangères en Acadie,  notamment à travers des services aux nouveaux arrivants.

Éducation

Il existe une université publique dans la province. L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, basée à Charlottetown, est spécialisée dans les sciences de l’éducation, les sciences nutritionnelles, la médecine vétérinaire et l’informatique. Pour s’inscrire, il est nécessaire de le faire en ligne sur le portail de l’université.

La province dispose d’un établissement de formation post-secondaire, le Holland College, situé à Charlottetown, qui dispense plus de soixante programmes professionnels et techniques. L’établissement est particulièrement reconnu pour ses formations en sciences appliquées et ingénierie, commerce, arts de la scène, son centre de formation maritime et l’institut canadien de la cuisine. Le Collège de l’Île est quant à lui un établissement post-secondaire francophone qui propose sept formations professionnalisantes en un ou deux ans.

Une fois diplômés, les étudiants internationaux inscrits dans des institutions post-secondaires publiques canadiennes désignées ont généralement droit à un permis de travail post-diplôme (PTPD) à la fin de leurs études valable d’un à trois ans.

Le programme provincial d’immigration de l’Île-du-Prince-Édouard (PCPEI) permet aux diplômés du monde entier d’obtenir le statut de résident permanent dans la province via le volet “Programme des diplômés étrangers du Canada Atlantique”.

La Société Nationale de l’Acadie (SNA), à travers l’Office de la mobilité internationale en Acadie, permet d’accompagner les candidats au départ afin d’y effectuer un stage notamment.

Emploi

Le secteur tertiaire recrute de plus en plus ces dernières années et l’Île-du-Prince-Édouard mise sur des secteurs d’avenir et avec un fort potentiel de croissance : les technologies de l’information, la production de médias numériques et le tourisme. L’hébergement et la restauration sont des domaines dans lesquels il existe de nombreuses opportunités en termes d’emploi. Par ailleurs, une vaste campagne de recrutement est lancée pour le secteur de la construction dans la province, le but étant d’attirer plus de 1 500 travailleurs spécialisés sur le territoire d’ici 2025.

Les travailleurs français ont de grandes chances de trouver un emploi rapidement dans la province. Si la langue française est minoritaire sur le territoire, elle est un atout supplémentaire dans la recherche d’emploi. En effet, les personnes bilingues voient leur salaire de 15 à 20% supérieur que les anglophones. Pour un poste nécessitant des compétences dans les deux langues, il faudra bien entendu présenter un CV en anglais et un en français.

Le CIF de l’Îlde-du-Prince-Édouard, grâce à son Réseau de l’immigration francophone (RIF) œuvre dans le but de renforcer la présence francophone dans la province grâce au recrutement. À travers des services gratuits, l’organisme permet d’aider les candidats dans leurs démarches. Par ailleurs, il permet, grâce à différents partenariats et notamment avec l’ambassade du Canada, de mettre en relation les employeurs canadiens avec les travailleurs francophones.

La Société Saint–Thomas–d’Aquin (SSTA), qui œuvre pour l’intégration des Acadiens et des Français sur le territoire de la province, permet de développer des relations entre ces deux communautés pouvant offrir de nombreuses opportunités d’emploi à terme.

Par ailleurs, les sites Guichet-Emplois et Employ PEI sont deux plateformes qui recensent les dernières offres d’emploi disponibles dans la province. Autre canal à consulter : la revue La Voie de l’emploi du journal La Voix acadienne qui publie les dernières offres d’emploi disponibles pour les candidats francophones et aiguillent ces derniers dans leur installation dans la province.

Entrepreneuriat

Les entrepreneurs de l’Île-du-Prince-Édouard sont vieillissants, à l’image de la population de la province. Il est donc nécessaire que de nouveaux entrepreneurs s’y installent et aident à y développer l’économie. À ce titre, le gouvernement de la province a mis en place un volet d’immigration de propriété à 100% du Programme des candidats provinciaux de l’Île-du-Prince-Édouard. Ce volet permet aux entrepreneurs internationaux expérimentés dans la gestion de s’installer sur le territoire pour participer à la croissance de la province. Pour prétendre à ce programme, il est nécessaire d’avoir une valeur nette personnelle vérifiable de 600 000 $ CAD légalement acquise, investir un minimum de 150 000 $ CAD pour établir ou acheter une entreprise admissible à l’Île, contrôler 100% de l’entreprise et avoir un bon niveau d’anglais.

Il est avantageux de créer son entreprise dans les secteurs de l’agroalimentaire, l’aérospatiale, l’aquaculture, la santé ou encore les services financiers qui sont porteurs et en croissance.

Pour entreprendre en tant que Français ou Acadiens dans la province, la Chambre de Commerce acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard est un organisme à contacter. Pour 25 CAD plus TVH annuels, les entrepreneurs peuvent avoir accès aux événements organisés avec les entreprises membres et ainsi créer un réseau fiable. Il est nécessaire de remplir le formulaire de l’organisme pour en être membre.

Le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) aide les petites et moyennes entreprises dans leur développement grâce à l’innovation et la technologie et permet de nouer des relations entre elles.  L’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA), de son coté, permet d’obtenir des prêts remboursables sans intérêt afin de créer ou développer son entreprise.

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