Didier Bras
13 décembre 2021

La Wallonie : une voix commune

Durant deux mois, le Journal des Français à l'étranger vous propose un grand dossier sur les nombreux aspects des échanges frontaliers. Aujourd'hui, le voyage à l'intérieur de la Grande Région nous mène en Wallonie dont la proximité avec la France est évidente, avec la langue française en partage.

  • Capitale : Namur

  • Population : 3,64 millions hab

Des frontaliers sortants plus nombreux

Compte tenu de sa situation géographique au sud de la Belgique, cette région francophone de Wallonie est un lieu d’échanges transfrontaliers forcément privilégié avec la France, et particulièrement avec la Région des Hauts-de France, la plus septentrionale de l’Hexagone.

L’analyse des flux transfrontaliers en Wallonie fait apparaître des éléments intéressants. En effet, contrairement au Luxembourg, à l’Allemagne où à la Suisse où les travailleurs « entrants » sont bien plus nombreux que les « sortants », ici les travailleurs wallons sont plus nombreux à sortir de leur région pour aller travailler que ceux qui y entrent. Fin juin 2020(1), 58.462 travailleurs wallons exerçaient dans un autre pays frontalier, essentiellement au Luxembourg (76%), en France (12%) et en Allemagne (10%). Inversement, seuls  32.096 travailleurs venaient d’un pays frontalier pour travailler en Wallonie, dont une écrasante majorité de Français (95%).

Les deux tiers des Français qui partent travailler en Belgique rallient la Wallonie. Un paradoxe lorsqu’on considère que le taux de chômage y est deux fois plus élevé qu’en Flandre néerlandophone, mais rapidement explicable compte tenu de la proximité linguistique.

Mais plus globalement, une tendance s’impose assez nettement depuis ces dernières années : les Français vont de moins en moins travailler en Belgique. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin amorcé depuis 2013. À commencer par la question fiscale. Depuis le 1er janvier 2012, les nouveaux travailleurs frontaliers ne bénéficient plus de ce statut fiscal en tant que tel, et sont contraints de régler leurs impôts en Belgique où le taux de prélèvement est plus élevé qu’en France. Ceci a coïncidé nettement avec la baisse du nombre de salariés des Hauts-de-France travaillant en Belgique entre 2013 et 2017 : moins 2.800 travailleurs, soit une baisse de 10,5%.

Par ailleurs, la législation du travail est aussi plus exigeante qu’en France, avec un temps de travail hebdomadaire plus long (38 heures), des congés payés moins nombreux (20 jours) et un âge légal de départ à la retraite à 65 ans (qui atteindra 66 ans en 2025, et 67 ans en 2030).

Les secteurs en vogue

Pour autant, les raisons de passer outre-Quiévrain ne manquent pas. Déjà parce que la trajectoire du marché de l’emploi wallon était positive ces dernières années, jusqu’à ce que la crise sanitaire ne vienne quelque peu freiner son dynamisme. D’autre part, les besoins sur le marché du travail wallon vont aller crescendo en raison de la diminution du nombre d’actifs (plus marquée qu’en France), même si, comme nous l’avons évoqué précédemment, c’est bien le marché du travail flamand qui demeure le premier pourvoyeur d’emplois.

Les secteurs qui proposent les meilleures opportunités en Wallonie concernent la santé et l’action sociale. On retrouve là une tendance extrêmement marquée dans la majeure partie des pays occidentaux qui doivent faire face à un vieillissement de leur population et des exigences croissantes en termes de « standards de soins ». L’enseignement est aussi régulièrement en recherche de compétences. Des emplois sont toujours à occuper dans le bâtiment et les travaux publics. C’est le cas également dans le commerce de gros et de détail et les transports, ou encore dans l’industrie manufacturière. Les opportunités restent aussi toujours nombreuses dans ce secteur que nos amis belges désignent sous l’acronyme de Horeca (hôtellerie, restauration, cafés), bien que ce dernier reste cycliquement exposé aux conséquences de la crise sanitaire, ici comme dans la majeure partie du monde.

Où trouver un emploi ?

Eures, le réseau européen de l’emploi, diffuse une liste de professions et domaines professionnels où les postes offerts en Wallonie sont plus nombreux que les candidatures. Votre prochain poste s’y trouve peut-être… 

(1) https://www.iweps.be/indicateur-statistique/travailleurs-frontaliers-pays-de-travail-de-residence/

Autre source : http://www.granderegion.net/En-bref/Territoire/Wallonie-et-Federation-Wallonie-Bruxelles

share Partager

Etudier et travailler

Matthew Caws (Nada Surf) : l’enfance bilingue qui a changé sa vie

« Ronronner ». C’est le mot qui a tout déclenché pour Matthew Caws, chanteur et guitariste du groupe américain Nada Surf. Lorsque ses parents l’emmènent en France pour une année sabbatique alors qu’il n’a que cinq ans, ils l’inscrivent à l’école du quartier.

Etudier et travailler

Sabine Sciortino : « mon objectif est de consolider et moderniser nos réseaux culturels sur les cinq continents »

Après plus de trois années en tant que conseillère de coopération et d’action culturelle et directrice de l’Institut français au sein de l’Ambassade de France au Liban, Sabine Sciortino a été nommée directrice de la diplomatie culturelle, éducative, scientifique et universitaire au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Pour le Journal des Français à l’étranger, elle revient sur ses missions, ses enjeux et l’importance de la francophonie dans le monde.

Etudier et travailler

Mission Laïque Française : « Le modèle français repose sur une approche académique qui a fait ses preuves. Mais nous devons aussi répondre aux attentes qui évoluent »

Dans un contexte international concurrentiel tendu, face à une demande en évolution, retour sur la stratégie de l’association française qui assure la scolarisation de 60 000 élèves dans le monde, avec Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau mlfmonde - Mission laïque française.

Etudier et travailler

Chefs français : l’expatriation, un tremplin à l’international

Réputée dans le monde entier, la gastronomie française constitue un véritable passeport pour l’international. De plus en plus de chefs choisissent de s’expatrier, attirés par des perspectives professionnelles élargies, une reconnaissance accrue et, souvent, de meilleures conditions de travail.

Etudier et travailler

Enseigner à l’étranger : une carrière ouverte sur le monde

Chaque année, plus de 1 200 postes d’enseignants sont à pourvoir hors de France via le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française. Conditions d’accès, calendrier de recrutement, détachement, rémunération et perspectives de carrière : enseigner à l’international s’anticipe, mais offre une expérience professionnelle et humaine unique, parfois pour toute une vie.