Français à l'étranger
10 mars 2022

« Forte reprise pour France Éducation international »

Après un ralentissement très marqué de ses activités en 2020, surtout pour les certifications en langue française, l’organisme, qui intervient notamment en soutien à l’enseignement du/en français dans le monde, poursuit son développement. Il envisage de nombreuses actions pour mettre son expertise au service du plan « Cap 2030 » du président Macron, qui prévoit de doubler les effectifs dans les lycées français à l’étranger.

Bien sûr, à l’instar de tous les autres acteurs du secteur, France Éducation international (FEI) n’a pas été épargné par ces deux années de pandémie. « En mars 2020, nous avons été obligés d’arrêter toutes nos missions, littéralement du jour au lendemain, se souvient Pierre-François Mourier, directeur général de FEI. Frontières fermées, tout le monde en télétravail, il a fallu inventer une nouvelle manière de travailler. » FEI avait heureusement conduit une numérisation très forte de ses outils au cours des deux années précédentes, pour les moderniser. Agile, l’organisme a adapté ses procédures en temps réel. « Tous les ans, depuis des années, nous organisons par exemple sur le campus de l’Université de Nantes les universités BELC qui sont les universités du FLE (français langue étrangère), explique M. Mourier. 400 à 500 formateurs de formateurs viennent de dizaines de pays du monde entier. En juillet 2020, c’était évidemment impossible d’organiser cela, donc en urgence absolue, nous avons inventé un campus numérique d’été. Même si rien ne remplace la présence physique, nous avons ainsi touché 27 000 personnes dans le monde entier ».

Une reprise généralisée

Au cours de l’année 2021 la tendance à la relance s’est vérifiée dans tous les domaines, et de manière spectaculaire pour les certifications en langue française : le TCF (test de connaissance du français) et les diplômes DELF-DALF. Ces certifications, perçues d’une certaine manière comme l’ADN de l’établissement, représentent réellement le moteur économique de FEI et lui permettent de parvenir à un excellent ratio d’autofinancement. « L’année 2020 a été l’annus horribilis des certifications, avec une baisse évidemment considérable du nombre de DELF-DALF et de TCF dans le monde entier, détaille M. Mourier. Dans quasiment tous les pays, il y a eu fermeture des centres d’examen avec pour conséquence l’impossibilité pour les candidats de passer les tests ou les diplômes. Cela a représenté une perte financière très conséquente pour l’ensemble des acteurs. Mais une fois le gros de la crise passé, la reprise a été très forte, FEI est vraiment reparti sur les chapeaux de roue ! » Ainsi, l’organisme est revenu à un niveau quasiment identique à celui d’avant la crise, et a même enregistré en 2021 un nombre jamais atteint de TCF.

Renforcer la formation

De quoi aborder de la meilleure manière possible le plan voulu par le président de la République, « Cap 2030 », dont l’objectif est de doubler les effectifs des lycées français de l’étranger d’ici huit ans. L’opérateur souhaite y prendre toute sa part, aux côtés de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), qui vient de créer au 1er janvier de cette année 16 instituts régionaux de formation (IRF) qui contribueront à améliorer, aussi bien en quantité qu’en qualité, la formation de tous les personnels des plus de 550 établissements d’enseignement français à l’étranger. « Si l’on veut doubler le nombre d’élèves, cela veut dire qu’il faudra augmenter le nombre de professeurs, d’abord recrutés localement, et renforcer leur formation, résume M. Mourier. FEI est ainsi prêt à s’impliquer dans ses grands domaines d’expertise, notamment la formation des enseignants en français langue étrangère et la certification en langues vivantes. « On pourrait également mettre à profit le programme des assistants de langue, géré par FEI, pour venir en appui du réseau, en affectant des élèves-professeurs, durant leur scolarité, comme assistants de français dans nos établissements français à l’étranger » propose notamment M. Mourier. « Cela fournirait une ressource précieuse aux établissements, tout en mettant ces futurs enseignants en situation d’enseignement en milieu pluriculturel, ce qui, sans nul doute, susciterait des vocations ».

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