Corinne Bras
6 mai 2022

Les secteurs qui recrutent au Québec : construction

De nombreuses opportunités d'emplois existent dans le vaste secteur de la construction. Les perspectives d'embauches sont à mettre en rapport avec les nombreux projets qui portent sur les ressources et les infrastructures locales. D'autant que la Belle Province manque de ressources pour pallier les importants départs à la retraite.

L’industrie de la construction se divise en plusieurs secteurs : la construction résidentielle et la construction non résidentielle, comprenant elle même trois sous-secteurs :

– La construction institutionnelle et commerciale ;

– Le  génie civil et la voirie ;

– La construction industrielle lourde.

On dénombre quatre catégories d’acteurs : les constructeurs (entrepreneurs généraux et spécialisés), les professions connexes (architectes, ingénieurs, arpenteurs-géomètres, centres de recherche, etc.), les manufacturiers de matériaux et de produits de construction, les grossistes et les distributeurs.

Un emploi sur vingt est lié à cette industrie qui compte plus de 26.000 entreprises. Quelque 52 milliards de dollars sont investis par an et 13.000 travailleurs supplémentaires sont recherchés chaque année.

Un besoin de main-d’œuvre croissant

Par ailleurs, dans le cadre du «Plan Investir dans le Canada», le gouvernement fédéral a engagé plus de 180 milliards de dollars sur douze ans dans des projets d’infrastructures. Or un certain nombre d’entre eux concernent le Québec. La pandémie a eu des effets notables dans ce secteur, mettant en pause de nombreux chantiers et  créant ainsi un ralentissement dans cette industrie où l’instabilité cyclique et la mobilité des travailleurs sont déjà, par nature, importantes. Le besoin de main-d’œuvre, qui existait déjà avant la crise sanitaire au regard du vieillissement de la population, s’est accentué. En 2021 seulement 21.000 personnes ont intégré cette industrie au Québec. Insuffisant pour faire face à la remise à neuf d’infrastructures usées ou participer à de nouveaux projets.

Il convient aussi de relever que le domaine de la construction a beaucoup évolué depuis quelques années, contrainte de s’adapter aux nécessités écologiques : recherche de nouveaux matériaux, recours à des normes d’isolation plus importantes. Au Québec, les régions en forte croissance, en ce qui concerne notamment la construction résidentielle, sont celles de l’Estrie (particulièrement la ville de Sherbrooke), de Montréal et de Québec.

Quels métiers ?

L’activité nécessite le concours de très nombreuses professions : briqueteur-maçon, carreleur, couvreur, chaudronnier, plombier, électricien, calorifugeur, frigoriste,  charpentier-menuisier,  monteur d’installations au gaz, soudeur, cimentier, finisseur de béton,  mécanicien de chantier, opérateur d’équipements lourds, opérateur de pelles, arpenteur, ferrailleur, vitrier, poseur de revêtements souples, tuyauteur. Il convient de rappeler que l’essentiel de ces métiers sont ouverts aux femmes, qui sont néanmoins encore très sous-représentées dans ce secteur d’activité.

Exemples de postes recherchés par le Québec

Les métiers en forte demande sont entre autres : calorifugeur, carreleur, charpentier-menuisier, chaudronnier, conducteur de camions lourds, couvreur, mécanicien d’ascenseurs, finisseur de béton, peintre, plâtrier, grutier, ingénieur civil, arpenteur géomètre, mécanicien de chantier, monteur de lignes, poseur de revêtement souple, scaphandrier, tuyauteur…

Les critères établis pour reconnaître l’expérience de travail de toute personne de 16 ans et plus et vérifier son admissibilité à l’obtention du certificat de compétence sont consultables via ce lien.

Salaires

Repère :1 dollar canadien = env. 0,70 euro

Le secteur de la construction permet de véritables possibilités d’évolution salariale. Le Québec a tendance à privilégier les compétences et l’expérience par rapport aux seules qualifications.

Arpenteur : de 34,41 $ à 40,75 $. Briqueteur maçon : de 22,56 $ à 40,92 $. Calorifugeur : de 23,17 $ à 41,72 $. Carreleur : de 22,56 $ à 40,92 $. Charpentier : de 22,15 $ à 40,86 $. Cimentier : de 25,56 $ à 40,08 $. Chaudronnier : de 23,17 à 41,36 $. Couvreur : de 27,03 $ à 42,07 $. Électricien : de 19,31 $ à 41,36 $. Frigoriste : de 18,93 $ à 41,30 $. Grutier : de 32,13 $ à 41, 73 $. Mécanicien de chantier : 23,17 $ à 41,36 $. Monteur de lignes : de 34,54 $ à 41,79 $. Opérateur de pelles mécaniques : de 30,52 $ à 41,97 $. Peintre : de 20, 72 $ à 38,98 $. Plâtrier : de 21,78 $ à 39,53 $. Soudeur÷ de 36,59 $ à 40,19 $. Tuyauteur : de 19,31 à $ à 41,36 $.

> Source

CCQ

Conditions de travail

Le secteur de la construction offre de nombreux  avantages sociaux : régimes d’assurance-maladie, d’assurance-salaire, d’assurance-vie et de retraite. Les employeurs doivent embaucher en priorité des travailleurs résidant dans la région où est situé le chantier. Un travailleur peut cependant travailler sur les chantiers d’autres régions lorsque les règles sur la mobilité de la main-d’œuvre le permettent. La reconnaissance professionnelle et l’expérience offrent la possibilité d’obtenir un diplôme ou un grade.  Des évolutions de carrière sont envisageables en gravissant de nombreux échelons ou en s’orientant vers d’autres métiers par des cheminements de carrière.  

Depuis le 1er avril 2022, selon le Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires, la majorité de ces derniers devront suivre, sur une période de deux ans, un total de seize heures de formation reconnues par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) pour conserver leur qualification pour leur licence. Les maîtres électriciens et les maîtres mécaniciens en tuyauterie sont également concernés.

> Pour en savoir plus

Formations

Cheminements de carrières

Comment trouver son emploi

Depuis 2009, les qualifications professionnelles des travailleurs de plusieurs métiers de la construction du Québec et de la France font partie de l’Entente France-Québec sur la reconnaissance des qualifications professionnelles des deux côtés de l’Atlantique.

Les Français qualifiés dans les métiers de la construction, qu’ils résident en France ou déjà au Québec, peuvent demander un certificat de compétence, sous certaines conditions, en déposant  un dossier à la Commission de la construction du Québec (CCQ). Dès réception de ce certificat, il est possible de s’inscrire au Carnet de référence construction et d’être référé aux entreprises faisant appel à de la main-d’œuvre. Les personnes non diplômées ou sans certificat de compétences peuvent aussi  postuler à des offres d’emploi lorsque les bassins de main-d’œuvre sont ouverts, ou au sein d’une région n’ayant que moins de 5% de travailleurs disponibles.

> Pour en savoir plus

Liste des 100 plus importants employeurs est publiée chaque année sur le site web de la CCQ

Entente France-Québec

Site du service national de l’emploi au Canada

Portail de données sur le secteur de la construction au Québec

Le Journal des Français à l’étranger remercie Marie-Noelle Deblois, conseillère affaires publiques à la Commission de la construction du Québec, pour sa précieuse collaboration sur ce dossier.

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