Français à l'étranger
20 juin 2022

CCI FI, ou l'importance du réseau en temps de crise

Entretien avec Renaud Bentégeat qui quittera fin juin la présidence du réseau des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’international (CCI FI) pour en devenir président honoraire. L'occasion de dresser un bilan de ses trois ans de mandature dans un contexte à haut risque pour l'entrepreneuriat français à l'étranger, mis à mal par le crise sanitaire, mais résilient grâce à la vigueur de son réseau international.

Français à l’étranger F.A.E) : Votre mandature a couvert la période 2019/2022. Quels en ont été les éléments marquants ?

Renaud Bentégeat (R.B.) : Lorsque j’ai commencé ma mandature en tant que président du réseau des CCI françaises à l’international, en juin 2019, nous ne pouvions pas imaginer dans quelle situation serait le monde entier quelques mois plus tard, et l’impact qu’aurait cette crise sanitaire sur l’ensemble de nos activités. Incontestablement, cette situation qui a éclipsé toutes les autres marquera ces trois années. Notre réseau, qui est autofinancé, a été particulièrement impacté par cette crise, dans tous ses fondements, dans toutes ses activités.

Néanmoins, c’est dans ces périodes de crise et de difficultés que se révèlent les vraies natures et les qualités de chacun. CCI France International, la tête de réseau, a su réagir de la bonne manière pour transformer cette crise en opportunité et les CCI FI ont été combatives. Elles ont été présentes pour leurs membres, passant au tout digital, augmentant l’activité des comités sectoriels. Certaines, parmi les plus fragiles, ont rencontré de sérieuses difficultés et se sont parfois mises en sommeil, mais cela ne représente qu’une très infime minorité. La plupart d’entre elles ont résisté et ont confirmé la place centrale qu’elles occupent dans nos communautés d’affaires franco-locales. Elles ont créé du lien, de la solidarité et ont permis d’affronter collectivement les difficultés. Elles ont adapté leurs activités et services et ont renforcé leur rôle de facilitateur, d’intermédiaire et de partenaire de confiance, dont les entreprises distantes ont particulièrement besoin, pour être rassurées sur le choix d’un partenaire, pour décoder des comportements ou des modes d’organisation différents, pour s’adapter à un contexte local, réglementaire ou culturel.

Le début de ma mandature était une période d’importants défis et de grands espoirs pour le réseau, notamment du fait de notre intégration à la Team France Export (TFE), à travers 6 chambres qui reprenaient l’activité de Business France en concessions de services publics, et 3 autres qui emportaient des marchés publics de services, une forme de sous-traitance par Business France. Dans le même temps, 61 chambres étaient référencées par la TFE pour des services complémentaires à ceux de l’agence d’Etat. C’était une formidable avancée pour notre réseau et une reconnaissance des pouvoirs publics français. Malheureusement, la crise sanitaire a marqué pour beaucoup d’entreprises un coup d’arrêt de leurs projets d’internationalisation. L’activité potentiellement générable par la TFE a été retardée d’une année, voire davantage.

La grande satisfaction que nous pouvons avoir aujourd’hui est que, malgré ce contexte, la plupart des chambres ayant contractualisé avec l’Etat présentent des niveaux d’activité et de satisfaction des clients particulièrement bons. Nos objectifs ont souvent été dépassés sur le dernier exercice.

F.A.E : Sur quels axes le réseau des CCI FI peut-il poursuivre son développement ?

R.B. : Malgré les difficultés que nous avons pu rencontrer, je suis extrêmement confiant sur la place que peuvent jouer nos chambres dans un nouveau contexte des affaires. Les entreprises ont besoin de plus en plus d’interactions et de connexions. La clef du succès réside aujourd’hui dans la transformation digitale des organisations et notre réseau a orienté ses efforts dans ce sens au cours des deux ou trois dernières années.

Notre réseau n’était pas en retard dans ce domaine, puisque toutes nos chambres travaillaient avec des outils digitaux mutualisés depuis des années (site web, CRM, outils de marketing digital, application mobile…). Mais la crise sanitaire et ses impacts nous ont incité à accélérer et à investir davantage dans ce domaine. Et beaucoup de chambres ont adopté nos outils pendant cette période.

Pendant la crise sanitaire, notre réseau a été poussé dans ses dernières limites. Je dirais, pour prendre une image sportive, que nos muscles ne se sont pas beaucoup développés pendant cette période, mais ils se sont endurcis. Tous nos collaborateurs, et notre organisation centrale à Paris ne fait pas exception, ont été fortement « challengés », mais nous abordons le futur avec enthousiasme et confiance, avec des activités et des services adaptés, des modèles économiques ajustés, des outils rénovés. Je crois que nous avons pu faire de cette crise une opportunité et notre rôle est ainsi renforcé.

F.A.E : Alors que votre mission s’achève, quelles perpectives envisagez-vous à moyen terme, pour vous et pour le réseau ?

R.B. : A partir de la fin du mois de juin, je deviendrai président honoraire de cette organisation, avec la possibilité d’apporter encore tout le soutien nécessaire à mon successeur. Je continuerai donc à m’investir dans le développement et le renforcement de ce formidable réseau auquel je suis très attaché. Je vois notre réseau poursuivre ses efforts de professionnalisation et de structuration. Nous avons beaucoup progressé sur ce plan au cours des dernières années, mais nous devons encore renforcer notre accompagnement des plus petites chambres.

Je vois les CCI FI jouer un rôle plus important auprès de la Team France Export, en complétant la couverture géographique des services publics, dont la tendance sera inévitablement celle d’une concentration des efforts sur un nombre plus réduit de marchés à fort potentiel pour les entreprises françaises.

Notre réseau porte haut les couleurs de la France, participe au développement de la francophonie et joue un rôle déterminant dans l’effort collectif d’accentuation de la présence française à l’international.

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