Leena Lecointre
30 janvier 2023

Nomadisme numérique, vers un nouveau mode de vie

La pandémie qui a bouleversé le monde ces deux dernières années s'est accompagnée de nouveaux questionnements sur son cadre de vie et sur le sens de son travail. Les nomades digitaux, dont le nombre a augmenté de près de 50% depuis 2020, incarnent cette tendance forte. Mais d’où vient cette idée ?

La vie de travailleur nomade numérique a été inspirée par l’Américain Steve Roberts qui a parcouru en 1983 la distance de 14 000 kilomètres sur une bicyclette couchée et informatisée à travers les États-Unis, tout en poursuivant sa carrière d’écrivain. À cette époque, Steve Roberts passait pour un révolutionnaire, un allumé qui tentait de repousser les limites de l’inutile. Pourtant, au gré de l’essor du numérique, le concept fait aujourd’hui de plus en plus d’adeptes.

Une nouvelle communauté

Cette notion de nomadisme numérique a aussi été abordée par le Japonais Tsugio Makinoto et l’Américain David Manners dans leur livre « Digital Nomad » en 1997. Le caractère précurseur de cette œuvre réside notamment dans cette prémonition de Manners la même année : « Dans la prochaine décennie, […] la plupart des gens constateront que le lien géographique est en train de se dissoudre. Cela se fera progressivement et il faudra du temps pour qu’ils se rendent compte qu’une révolution est en train de se produire. Mais à la fin de ces dix années, la plupart des gens dans les pays développés seront libres de vivre où ils veulent et de voyager autant qu’ils veulent. […]

Depuis l’avènement du nouveau millénaire, l’environnement numérique, notamment celui des sites internet n’a cessé de croître, facilitant les échanges internationaux. On a vu aussi s’installer de nouveaux moyens de paiement tel que Paypal (créé dès 1998), des sites réservés aux indépendants (Elance, 1999) et ceux qui permettent d’accéder à des logements pour une durée limitée avec Airbnb et le Slack au début des années 2000. La démocratisation du nomadisme numérique s’est définitivement installée avec la sortie du best-seller de Tim Ferriss, « La semaine de travail de 4 heures » (2007) qui a fini de convaincre de nombreux hésitants. En outre, un site incontournable a été créé en 2014 : nomadlist.com. Il regroupe plus de 35 000 adhérents et répertorie les destinations à la mode en fonction de la saison.

Des nomades de plus en plus nombreux

On assiste aujourd’hui à une explosion du nombre de travailleurs qui ont adopté ce mode de vie. En 2021, ils étaient 10,2 millions (contre 6,3 millions en 2020) à avoir opté pour cette forme de nomadisme, selon plusieurs études statistiques menées en 2022 et regroupées par Passport Photo Online. Parmi eux, 59% sont des hommes, leur temps de travail par semaine est en moyenne de 46 h par semaine et leur revenu moyen est de 4 500 dollars (4 475 euros).

Certains domaines professionnels se prêtent particulièrement à ce type d’activité :

  • Programmeurs/développeurs
  • Professionnels de la cybersécurité
  • Responsables du marketing digital
  • Responsables des ressources humaines
  • Développeurs de jeux vidéo
  • Experts en science des données/analystes

Cet engouement amène également les villes du monde entier à s’adapter pour rester attractives, voire compétitives. Notamment en développant des infrastructures d’accueil (espace de coworking, coliving) et en investissant dans le développement de leur couverture réseau. De leur côté, les gouvernements doivent aussi adapter les règles de séjour sur leur territoire (visa adapté) ainsi que leur législation fiscale.

share Partager

Etudier et travailler

Infirmiers : partir à l’étranger pour mieux vivre son métier

En France, le mal-être des soignants n'est plus un secret. Avec des salaires parmi les plus bas de l’OCDE (inférieurs de 10 % au salaire moyen national) et des conditions de travail dégradées, l'expatriation devient pour beaucoup une soupape de sécurité. Que ce soit en Europe ou vers des horizons plus lointains, les infirmiers français s'exportent pour retrouver le sens de leur mission.

Etudier et travailler

180 salariés, 80 villes, 0 bureau : la recette 100 % "digital nomad" de Swapcard

« Lors du séminaire au Portugal, il y avait près de la moitié des personnes que je n’avais jamais rencontrées physiquement, bien qu’on travaille ensemble depuis quatre ans » , raconte Godefroy Colas des Francs, 38 ans, fondateur de Swapcard. S’il s’en émeut, c’est parce que son entreprise a pris une forme peu banale : les 180 salariés sont dispersés dans une trentaine de pays. Une organisation entièrement en "full remote", devenue l’ADN même de cette entreprise française de l’événementiel digital.

Etudier et travailler

La « nouvelle guerre scolaire » gagne les établissements de l’étranger

Depuis quelques mois, parents et syndicats enseignants dénoncent des hausses des frais d’inscription dans les établissements français à l’étranger. En toile de fond, un débat plus large s’installe : celui de l’évolution du modèle de l’enseignement français à l’étranger, entre pilotage public historique et montée en puissance d’acteurs privés.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Quels sont les meilleurs passeports du monde ?

Selon le dernier baromètre du cabinet de conseil britannique Henley & Partners, Singapour arrive à nouveau en tête du classement. La France recule légèrement, en raison surtout d’une méthodologie particulière.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Bourses scolaires à l’étranger : c’est maintenant !

La campagne est désormais bien lancée. Les dates limites pour déposer un dossier d’aide varient en fonction de chaque consulat français dans le monde.