Français à l'étranger
13 février 2023

Le Cambodge, un petit pays avec de grandes ambitions

Depuis des décennies, le royaume khmer joue des coudes pour se faire une place aux côtés de ses voisins, la Thaïlande et le Vietnam. Plombé par les années de plomb de la dictature de Pol Pot, le Cambodge remonte peu à peu la pente grâce à une forte croissance démographique dynamique.

Avec sa population de seize millions d’habitants et une superficie de 181 000 km², le Cambodge est un pays de taille plutôt modeste, mais son histoire, elle, est conséquente. Issu d’une des plus importantes civilisations d’Extrême Orient qui a connu sa période de gloire il y a mille ans, le Cambodge garde des traces de cette époque encore bien visibles aujourd’hui à travers les iconiques temples d’Angkor à Siem Reap.

Des liens forts avec la France

Le Cambodge et la France ont  toujours entretenu des relations fortes, en particulier avant l’indépendance du pays en 1953. Vingt ans plus tard, le régime sanguinaire de Pol Pot (1975-1979) a terni l’image du Cambodge et provoqué sa décroissance, dont il continue à se remettre aujourd’hui.

Les Khmers tentent aujourd’hui d’en finir ce passé, sans pour autant l’oublier mais ils souhaitent plus que tout penser à l’avenir. Dotés d’un sens de l’accueil hors pair, les Cambodgiens se distinguent aussi par leur culture bouddhiste, majoritaire dans le pays. Les jeunes générations khmères, en particulier, sont avides de découvrir les cultures qui les entourent ou plus éloignées. Ainsi, la plupart parlent et comprennent parfaitement l’anglais, à la différence de leurs aînés dont beaucoup pratiquent encore le français, eu égard à la présence de la France jusqu’à l’indépendance de 1953.

Un pays pour deux territoires

Entouré par le Laos, la Thaïlande et le Vietnam, le Cambodge tend surtout à redevenir la destination touristique d’importance en Asie du Sud-Est qu’il était avant le Covid. La géographie du pays se décompose en deux territoires bien distincts : d’abord une grande plaine au centre, où l’on retrouve les principaux centres d’activité économique; et de hautes terres autour de cette plaine, habitées par des communautés minoritaires.

En plus de la capitale Phnom Penh, les grandes villes sont Battambang et Siem Reap, la plus touristique. Le Mékong irrigue le pays du nord au sud et traverse Phnom Penh. Sur le plan économique, de par sa position, le Cambodge représente une porte d’entrée géostratégique sur le grand marché de l’Asie Pacifique.

Une croissance démographique rapide

Le Cambodge est donc un pays jeune : les deux tiers de ses habitants sont âgé de moins de 30 ans et la communauté khmère est majoritaire dans la population. Durant les deux dernières décennies, la croissance démographique du pays a été exponentielle. Ce boom s’explique à la fois par la baisse du taux de mortalité et la hausse de l’espérance de vie. Il intervient aussi après le règne sanglant de Pol Pot, dans la deuxième partie des années soixante-dix, durant lequel 1,7 million de personnes ont perdu la vie au Cambodge, ce qui représentait alors 20% de la population.

Entre ces massacres, le phénomène des « boat people » fuyant leur pays et un taux de natalité qui s’écroulait alors, la croissance démographique du Cambodge est passé d’environ 2% en 1976, peu de temps après l’accession de Pol Pot au pouvoir, à près de -4% en 1978. Certes, dans les années 1980, on a assisté à une hausse sensible des naissances, mais le taux de mortalité est, lui, resté toujours élevé.

L’espérance de vie en hausse

Aujourd’hui, les recensements montrent une baisse remarquable du nombre de décès infantiles. L’espérance de vie a elle aussi constamment et considérablement augmenté depuis environ vingt ans. Sans se tromper, on peut conclure que le Cambodge a réussi sa transition démographique et que l’embellie se poursuit aujourd’hui, ce qui est un atout pour le pays.

Certes, les femmes mettent au monde moins d’enfants (2,5 en 2020 contre 6,5 en 1985) mais la baisse du taux de mortalité a tout de même permis un rajeunissement démographique. Par ailleurs, l’écart semble s’atténuer en terme de richesses. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté au Cambodge (1 000 dollars par an) a régressé de 33,8% à 17,8% entre 2009 et 2019. Mais durant les trois ans de pandémie que nous venons de traverser, 460 000 habitants se sont retrouvés sous le seuil de pauvreté à cause du Covid-19.

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