Anaïs Digonnet
8 mars 2023

She for S.H.E, le réseau des femmes expatriées qui souhaitent entreprendre

En 2017, Valérie-Anne Demulier a créé She for S.H.E à New York,  la première communauté de francophones expatriées qui rassemble environ 2000 femmes aujourd'hui.

Workshops, réunions de discussion, mais aussi apéros-networking plus informels : depuis 2017, She for S.H.E (Sharing Helping Empowering)  propose différents événements pour mettre en contact des femmes expatriées francophones à New York. Le réseau compte aujourd’hui 2000 membres, majoritairement des Françaises, âgées de 25 à 60 ans, et qui ont le projet de se mettre à leur compte ou possèdent des entreprises déjà établies. « Notre réseau s’étend aujourd’hui à l’international puisqu’il est aussi présent à Barcelone. Nous avons également des membres à Londres, Los Angeles, Boston, Genève, Singapour, au Luxembourg, etc. », note Valérie-Anne Demulier, la fondatrice de She for S.H.E, aujourd’hui installée à San Francisco.

« L’expatriation apparaît souvent comme une étape radicale »

Selon elle, la plupart des femmes qui adhèrent au réseau « font face aux mêmes doutes et aux mêmes croyances limitantes qui les empêchent d’oser se lancer, de croire en elles, de développer leur business à l’étape suivante ». Pour les aider, l’équipe de She for S.H.E met en place un accompagnement adapté. « Nous essayons d’insuffler une mentalité optimiste et qui motive, sachant qu’aux États-Unis, l’état d’esprit est différent. Les Américains voient l’échec comme la meilleure façon d’apprendre, alors qu’en Europe, on est plutôt pointés du doigt si on échoue. »

Travaillant aux côtés de Valérie-Anne Demulier, Claire Obry anime ainsi à New-York des ateliers qui rassemblent à chaque fois une douzaine de membres. « L’expatriation apparaît souvent comme une étape radicale dans la vie de ces femmes, une occasion d’être face à elles-mêmes et de se réinventer », note l’animatrice, qui est également la cofondatrice de French Wink, un e-shop de produits français livrés aux USA. « À travers mon expérience et mes recherches, j’ai mis en place un parcours avec des modules concrets sur des thématiques comme la gestion du temps, des émotions, l’adaptation au changement, le regard sur soi, la validation des autres ou encore l’auto-discipline pour les aider à rester alignées avec leurs objectifs ».

Des conférences autour de personnalités inspirantes

Des conférences sont par ailleurs régulièrement organisées autour de personnalités aux parcours variés et inspirants. « Notre prochain événement qui aura lieu le 14 mars accueillera la cheffe Alexia Duchêne. Elle s’apprête à ouvrir son premier restaurant à Brooklyn. Ce sera l’occasion pour elle d’évoquer sa vocation pour la cuisine depuis qu’elle est très jeune, ses premières expériences en tant que femme dans ce milieu, et le nouveau challenge que représentent les États-Unis. »

D’autres personnalités se sont également prêté à l’exercice ces dernières années : la dessinatrice Pénélope Bagieu, l’autrice de podcast Lauren Bastide, la fondatrice de Ladurée à New-York Elisabeth Holder ou l’ancienne consule Anne-Claire Legendre. « Les membres de notre réseau trouvent de l’inspiration et de la motivation en écoutant ces parcours. C’est un moment de partage riche en connaissances, expérience et conseils ». Outre ces rencontres, She for S.H.E a noué différents partenariats au cours des dernières années : avec la French Institute Alliance Française de New York ou la Chambre de Commerce Belge par exemple. Le réseau a aussi réalisé des événements aux côtés de grandes marques comme Givenchy, Sézane, Ba&sh, Caudalie, ou encore Chanel.

>> “Un échange dans notre langue natale”

Bien implantée dans la communauté française de New York, Lucie Thome est devenue membre du réseau en 2021. Cette année-là, elle a quitté son poste chez Guerlain pour se former comme consultante en nutrition infantile et lancer  Bébé Foodie, une plateforme qui accompagne les parents souhaitant diversifier l’alimentation de leur bébé. « Je recherchais une communauté de femmes entrepreneures comme moi qui puissent m’aider à passer ce cap du début et trouver du soutien », explique-t-elle. Elle estime que le fait d’échanger dans sa langue natale « avec une connaissance et une culture commune » permet de créer des liens plus rapidement. « On pourrait presque parler de sororité. On apprend aussi beaucoup dans ces ateliers où les anciennes se mélangent aux nouvelles venues ! »

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