Leena Lecointre
28 juillet 2023

Quels enjeux pour l’enseignement français à l’étranger en 2023-2024 ?

Processus d’homologation, formation d’enseignants, baccalauréat français international: à la suite du conseil d’orientation interministériel de l’enseignement français à l’étranger et des résultats de la consultation lancée par Catherine Colonna, l’AEFE et le gouvernement ont pu définir les axes majeurs de développement du réseau éducatif français international.

« Les attentes exprimées pendant la consultation rejoignent les préoccupations du ministère » affirmait Pap Ndiaye, alors ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse (récemment remplacé par Gabriel Attal), le 3 juillet 2023. Cette déclaration fait suite au conseil d’orientation interministériel de l’enseignement français à l’étranger – à laquelle le ministre a participé aux côtés de son homologue du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) Catherine Colonna. Entre objectifs gouvernementaux et recommandations de la communauté de l’enseignement français à l’étranger, les ministres ont partagé leurs observations sur la feuille de route de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) dans les années à venir.

Une évolution des critères d’homologation

Parmi les priorités pour les années à venir jusqu’au « Cap 2030 » – échéance à laquelle les effectifs d’élèves dans le réseau scolaire français à l’étranger devront avoir doublé – les différents acteurs pointent la nécessaire évolution du processus d’homologation des établissements. Pour Catherine Colonna, « cette croissance [des effectifs] doit s’appuyer sur un modèle pédagogique solide sous le contrôle du ministère de l’Éducation nationale. Il est hors de question de céder sur notre niveau d’exigence en termes de qualité. »

Parmi les critères prioritaires d’homologation, Pap Ndiaye retient le bien-être des élèves, à savoir « l’assurance d’accueillir les jeunes dans un espace sécurisé et bienveillant ». Il a également annoncé le lancement d’une plateforme pour répertorier les établissements et leurs statuts début 2024, afin que ces informations soient claires pour l’ensemble du réseau.

« Une possibilité d’études élargie » grâce au baccalauréat français international

Autre enjeu majeur : l’attractivité de l’enseignement français international. Sur ce point, plus de la moitié (55%) des répondants au sondage considèrent que le principal atout du système est le baccalauréat français international. Le gouvernement en est conscient, et confirme sa volonté de le développer. « J’ai signé ces derniers mois des accords de reconnaissance du bac français international avec les États-Unis, le Japon, l’Espagne et l’Allemagne (…) C’est un véritable avantage pour nos élèves qui pourront bénéficier de possibilités d’études élargies après le baccalauréat », pointe Pap Ndiaye.

Dans le sondage, une majorité d’élèves (48%) précise par ailleurs vouloir poursuivre ses études supérieures à l’étranger. Un élément qui n’est pas du goût du Quai d’Orsay. « Je souhaite que nos ambassades, l’agence mais aussi Campus France renforcent l’accompagnement à l’orientation de nos élèves vers l’enseignement supérieur français », explique Catherine Colonna. Pour l’heure, seulement 35% des élèves envisagent un parcours post-bac en France.

share Partager

Actualités politiques

États-Unis, Canada : comment représenter une communauté française dispersée sur un continent ?

Des gratte-ciel de Toronto aux plaines du Midwest américain, la communauté française d’Amérique du Nord s’étend sur des territoires dont la démesure redéfinit la notion de proximité. Nombreuse mais éclatée, souvent très autonome dans son quotidien, elle entretient un rapport plus distendu aux institutions françaises que dans d’autres régions du monde. Dans ces contrées « mastodontes », l’enjeu pour les conseillers des Français de l’étranger n’est pas tant de garantir l’accès aux services que de réussir à fédérer une population dont l'intégration locale est souvent la priorité absolue.

Actualités politiques

En Europe, à quoi sert encore un conseiller consulaire ?

Entre libre circulation et proximité avec la France, les expatriés européens pourraient sembler avoir moins besoin des élus consulaires qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, l’intégration européenne crée un paradoxe : plus les frontières s'effacent, plus les systèmes administratifs s'entrechoquent. Derrière l’apparente simplicité de l'espace Schengen, les conseillers consulaires jouent un rôle crucial de médiateurs pour des Français dont la vie quotidienne se joue à cheval sur plusieurs législations nationales.

Actualités politiques

Élections consulaires : un scrutin local… aux enjeux nationaux ?

Derrière leur dimension de proximité, les élections consulaires jouent un rôle clé dans un autre scrutin bien plus discret : les sénatoriales des Français de l’étranger. En devenant « grands électeurs », les élus locaux disposent du pouvoir de faire basculer la représentation nationale à quelques voix près.

Actualités politiques

Élections consulaires : à quoi ressemblent vraiment les campagnes à l’étranger

Derrière leur faible visibilité, les élections consulaires obéissent à des logiques électorales bien spécifiques. Nombre de candidats, nature des listes, coûts de campagne : à l’étranger, ces scrutins de proximité prennent des formes très différentes selon les pays, entre engagement citoyen, luttes politiques et débrouille locale.

Actualités politiques

Élections consulaires : pourquoi la France est l’un des rares pays à représenter politiquement ses expatriés

Peu connus, souvent boudés dans les urnes, les conseillers des Français de l’étranger forment pourtant un maillon clé de la présence française hors de ses frontières. À travers un réseau unique au monde, la France a fait le choix de représenter politiquement ses expatriés. Entre utilité concrète, fonctionnement complexe et manque de visibilité, plongée dans un système singulier, encore largement méconnu.