Bastien Lespert
12 mars 2024

« Tout concourt à une relance des relations entre la France et le Brésil »

Entretien avec Philippe Lecourtier, président du conseil d'administration de la Chambre de commerce du Brésil en France depuis décembre 2008 et ancien ambassadeur du Brésil en France.

Français à l’étranger : Quelles sont les caractéristiques de la Chambre de commerce du Brésil en France ?

Philippe Lecourtier : C’est une association de droit français reconnue par le gouvernement. Son objet est de promouvoir en France une connaissance plus approfondie de la réalité et de la diversité et l’attractivité économiques du Brésil. Nous souhaitons aussi contribuer au développement des relations de coopération économique, financière, commerciale, industrielle et scientifique entre les entreprises brésiliennes et françaises. Nous organisons ou participons à l’organisation de réunions, rencontres et événements pouvant faciliter cette coopération. Une autre de nos missions est d’informer les pouvoirs publics français et brésiliens des objectifs et des projets poursuivis par ses membres.

Qui sont ses membres ?

Elle regroupe une soixantaine d’entreprises et une cinquantaine de personnalités qui forment un réseau unique en France destiné à s’informer sur la réalité économique des deux pays et à développer la coopération entre ses membres. Elle est appuyée par l’ambassade du Brésil en France qui l’héberge et avec laquelle elle entretient des rapports étroits de collaboration, tout en étant indépendante en termes de ressources et d’activités. À la disposition de ses adhérents elle les informe par divers médias, les conseille dans l’approche des marchés et dans leurs projets ; elle organise des événements et rencontres, dans un but d’information sur l’actualité économique des deux pays et d’entraides entre les associés.

Où en sont les échanges économiques entre la France et le Brésil ?

Ils se caractérisent par un commerce bilatéral en croissance, assez équilibré globalement mais avec des différences dans les contenus. Le Brésil exportant surtout des matières premières et des produits agricoles (soja, café, jus d’orange, etc.), la France des produits principalement industriels. Soulignons l’importance de la présence des entreprises françaises au Brésil : avec un stock de près de 40 milliards d’euros, les firmes françaises ont choisi le Brésil comme premier pays pour leurs investissements dans les pays émergents, devant la Chine.

Un millier d’entreprises françaises sont établies au Brésil et y emploient 500 000 personnes. Elles sont actives dans la plupart des secteurs de l’industrie, du commerce et des services, et ont gagné des positions fortes dans l’énergie, la grande distribution, la construction, la pharmacie et les cosmétiques, le négoce, etc. On les trouve surtout sur le Centre-Sud du pays mais le développement général de l’économie les amène à considérer le Brésil comme un marché global où les zones les moins avancées connaissent une expansion plus vigoureuse que la moyenne. Pour les nouveaux investisseurs au Brésil, les erreurs de comportement à éviter sont l’impatience et l’improvisation. Les procédures d’implantation sont lourdes et les démarches nombreuses. L’opérateur doit s’entourer de conseils locaux indispensables et souvent coûteux.

Quelle est l’image de la France au Brésil ?

Tout concourt depuis un an à une relance des relations entre les deux pays car, durant ces dernières années, celles-ci ont été malheureusement affectées par différents facteurs négatifs. Il faut améliorer les perceptions réciproques qui ont souffert du déplacement des axes de l’actualité mondiale et d’une certaine distanciation culturelle par rapports aux liens très forts qui nous unissaient antérieurement. Les efforts doivent être menés de part et d’autre et je constate que les deux gouvernements en sont parfaitement conscients. Je suis convaincu qu’à brève échéance ils en afficheront clairement la volonté, via notamment des visites officielles, une réactivation de la coopération culturelle et scientifique, ou encore des « saisons » brésiliennes et françaises.

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