Emmanuel Langlois
30 juin 2025

Brexit : un impact énorme sur la mobilité étudiante au Royaume-Uni

Etudier outre-manche ressemble de plus en plus à une mission impossible. Depuis l’officialisation du Brexit en février 2020, le nombre d’étudiants européens au Royaume-Uni a chuté de plus de 37 % !

Depuis sa sortie du programme Erasmus +, le Royaume-Uni a compliqué l’accès à ses universités pour les Européens. Les rêves de semestre à Oxford ou à Cambridge se sont envolés pour nombre d’étudiants étrangers. « Le Royaume-Uni était la destination numéro un des apprenants français jusqu’en 2020, souligne Nelly Fesseau, directrice de l’agence Erasmus+ France. Sans l’annulation réciproque des frais d’inscription, ni la bourse, prévus dans le cadre du programme, l’accès aux études au Royaume-Uni est devenu très coûteux.»

Hors Erasmus, la solution la plus simple reste les partenariats bilatéraux entre universités, mais ils sont hétérogènes et sans guichet unique. Il existe pourtant des solutions de repli, y compris pour apprendre l’anglais, comme l’Irlande, pays anglophone encore membre de l’UE, les pays d’Europe du Nord, la Suède, le Danemark et la Finlande qui proposent des formations anglophones, souvent gratuites ou à faible coût pour les citoyens européens, les Pays-Bas ou encore l’Espagne. Le top 5 des destinations est d’ailleurs actuellement : Espagne, Allemagne, Italie, Belgique, Irlande.

Favoriser l’égalité des chances

« Le principe du programme Erasmus+ est de favoriser l’égalité des chances dans l’éducation et la formation, précise Mme Fesseau, notamment grâce à l’annulation des frais d’inscription, le soutien financier de la bourse et l’équivalence des crédits universitaires prévue dans le système européen LMD. En sortant de l’UE et d’Erasmus+, le Royaume-Uni s’est coupé de ces opportunités d’attractivité et d’échanges, en particulier pour les jeunes issus de milieux moins favorisés. »

Nelly Fesseau, directrice de l’agence Erasmus+ : ” le Royaume-Uni s’est coupé de ces opportunités d’attractivité et d’échanges, en particulier pour les jeunes issus de milieux moins favorisés. »

En comparaison, les apprenants et professeurs français en Erasmus+ vers le Royaume-Uni étaient un peu plus de 13 000 sur l’année académique 2017/2018. En 2023/2024, ils n’étaient plus seulement que 1 660 à partir vers cette destination dans le cadre d’Erasmus+, grâce à l’action de mobilité vers des pays tiers (ou hors Europe) qui existe depuis 2015. « Ce programme spécifique permet de partir en mobilité dans le monde entier (« pays tiers » hors Europe, ndlr), détaille Mme Fesseau.

Déjà deux millions de Français

Et depuis 2021, les établissements d’enseignement supérieur et les centres de formation professionnelle peuvent utiliser 20% de leurs financements de mobilité Erasmus+ pour soutenir les séjours de leurs apprenants et personnels vers ces destinations. » Le succès du programme, en tout cas, ne se dément pas : il vient de franchir ces jours-ci la barre des deux millions de Français (étudiants, apprentis, lycéens, élèves, professeurs, personnels d’établissements ou demandeurs d’emploi) partis à l’étranger depuis la création d’Erasmus en 1987 ! Le programme a enregistré davantage de mobilités entre 2014 et 2025 qu’en 27 années précédentes. La France reste le premier pays d’envoi en Europe.

share Partager

Etudier et travailler

Guides et accompagnateurs touristiques : ces Français qui font découvrir leur pays d'adoption

Alors que les voyageurs disposent aujourd'hui d'une multitude d'outils numériques pour préparer leurs séjours, les guides francophones installés à l'étranger n'ont jamais autant misé sur la proximité et l'expérience humaine. Entre indépendants qui créent leur propre activité et accompagnateurs nomades, ces Français expatriés réinventent un métier en pleine mutation.

Etudier et travailler

Alliances universitaires européennes : des opportunités pour parcourir le monde

Passerelles entre établissements européens, les alliances universitaires sont riches à la fois pour les enseignants, le personnel et les étudiants - qui peuvent partir en mobilité à l’étranger - mais également pour l’université elle-même.

Etudier et travailler

Transition énergétique : pourquoi le monde s'arrache les électriciens français

Portés par la décarbonation mondiale, les électriciens qualifiés sont devenus le « carburant » de la transition écologique. De l’Australie au Canada, l'électrification de la planète crée une pénurie critique de main-d’œuvre. Zoom sur un métier manuel devenu un formidable passeport pour l'international.

Actualités internationales
Etudier et travailler

Erasmus+ victime de son succès

Le nombre de stages financés par l’agence européenne basée à Bordeaux a été multiplié par trois ces dernières années. Mais faute de budget, Erasmus+ n’a pu financer l’an dernier qu'à peine plus de la moitié de ces demandes. Et le retour prochain du Royaume-Uni ne risque pas de faire baisser cet engouement.

Etudier et travailler

Études supérieures : combiner alternance et expérience internationale, c’est possible !

Contrairement aux idées reçues, il est tout à fait envisageable de combiner les deux… avec un peu d'organisation préalable. Conseils et témoignages.