Dahvia Ouadia
25 juillet 2025

Pour faire un V.I.E, miser sur l'Europe et sur les langues

Avec plus de 70.000 candidatures pour seulement 11.500 missions, le VIE (volontariat international en entreprise) confirme chaque année son attrait auprès des jeunes de moins de 28 ans. Mais si beaucoup rêvent de destinations lointaines, les opportunités y sont rares. Plus de 50% des missions proposées sont en Europe et souvent dans des pays francophones.

Des offres de VIE concentrées en Europe

Meryl finit ses deux années de VIE (volontariat international en entreprise) au sein de la Société Générale qu’elle réalise à Milan en Italie. Mais cette destination n’était pas son premier choix. Après son diplôme obtenu en 2022, Meryl cherche d’abord une mission pour travailler en Amérique Latine ou en Asie. « Je visais le Mexique ou la Colombie mais je n’ai pas trouvé. Il y a moins d’offres dans ces pays-là et les places sont chères car le coût de la vie est plus bas qu’en France et les salaires beaucoup plus intéressants. Je me suis rabattue sur l’Europe mais je voulais aller plus loin que la Belgique. »

Une réalité que confirme Christophe Monnier, directeur VIE au sein de de Business France. Selon lui, beaucoup de jeunes souhaitent aller dans des destinations « à la mode », comme Dubaï, Miami, l’Australie, la Thaïlande ou encore la Corée mais peu d’entreprises françaises y sont implantées. « 60% des missions de VIE que nous proposons sont en Europe ou dans les pays voisins. Et parmi elles, beaucoup sont en Belgique, en Suisse et en Allemagne. Les jeunes rêvent de grand large et d’exotisme, mais le VIE est en adéquation avec les besoins de l’économie française et de nos entreprises. »

Résultat : 50 % des VIE sont en Europe, 25 % en Amérique du Nord. Les 25% restants se répartissent dans 120 pays dont certains proposent un ou deux VIE. La concurrence est donc assez rude pour ces destinations.

C’est cependant, ce qu’a réussi à faire Marie-Sixtine, qui après ses études en école de commerce et un an et demi d’alternance, a posé ses valises au Mexique. « Je visais l’Amérique du Sud, parce que j’avais envie de tester la vie à l’étranger dans le cadre professionnel. J’ai vécu une partie de ma vie à Madrid et j’ai fait un échange au Mexique. J’avais donc toutes les clés pour trouver un VIE. »

Avoir des compétences en langue

La jeune femme travaille aujourd’hui dans une usine française, Plastic Omnium située à Puebla. Pour trouver sa mission, Marie-Sixtine a anticipé sa recherche. « J’ai commencé à chercher sept mois avant de finir mon alternance chez Veolia car je savais que tous mes camarades voulaient faire un VIE. J’ai d’abord regardé chez Veolia où j’ai passé quelques entretiens mais je voulais aller plus loin que l’Europe. Comme je parle très bien l’espagnol, ça a joué dans la balance. »

Les compétences linguistiques sont d’ailleurs essentielles pour trouver un VIE selon Christophe Monnier. « Savoir parler anglais est une base pour travailler à l’étranger mais pour faire un VIE dans certains pays, c’est bien de connaître une autre langue. Si on parle le japonais, le coréen, l’espagnol ou l’italien, ça peut faire la différence pour une mission. » 

Pour Margaux aussi, la connaissance de l’espagnol a été importante pour décrocher son VIE en Espagne. Après son diplôme à Sciences po, la jeune diplômée travaille pendant un an à Paris dans la communication et les relations presse. Elle part ensuite en voyage toute seule en Amérique Latine. « C’est là que j’ai eu le déclic. J’ai appris l’espagnol pendant le voyage et je ne me voyais pas revenir travailler comme avant en France. En rentrant, je suis tombée sur cette offre de VIE dans l’entreprise Selectra et j’ai été prise. »

Un contrat calqué sur la France

La jeune femme passe deux années à Madrid avant de repartir en voyage en Asie et de rentrer en France. Elle garde de son expérience un souvenir mitigé malgré tout. « Le VIE est la meilleure manière de s’expatrier en gardant les avantages de la France. On est très bien payé, on ne paie pas d’impôt… Mais j’ai été déçue car dans mon entreprise, le rythme était calqué sur celui de la France. Je faisais du 9h – 18h, ce qui était en décalage avec mes collègues sur place qui travaillent de 8h à 15h sans pause, notamment en été. »

Même constat pour Marie-Sixtine qui était très bien payée par rapport à ses collègues mexicains. « Je gagne à peu près le même salaire que mon chef et je ne paie pas d’impôt. En revanche, le rythme d’entreprise n’est pas du tout le même qu’en France. Ici c’est du 50 à 55 heures par semaine, on vous appelle samedi ou pendant les vacances et il faut être disponible. Le contrat VIE nous protège, j’ai trente jours de congés par an, alors que les Mexicains n’en ont que douze par exemple ». 

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