Dans quelques jours, Bruno Maltor s’envolera pour le Bhoutan. Sur ses réseaux sociaux où paysages spectaculaires et lieux inconnus défilent, ce passionné de voyage partage ses découvertes avec sa communauté – devenue l’une des plus importantes communautés francophones dédiées au voyage. Une vitrine qui pourrait faire croire à une vie de vacances permanentes. « Ce n’est pas du tout la dolce vita comme beaucoup de gens s’ imaginent, cocktail ou mojito à la main. »
Pour cet enfant d’Auvergne, la passion de découvrir le monde remonte à l’enfance. « Mes parents avaient affiché une immense carte du monde à côté de mon lit. Je viens d’un lieu-dit de 200 habitants et pour moi quand je voyais les noms des capitales, des grandes villes ou des fleuves, c’était comme Avatar » . Un monde onirique qu’il décide un jour d’explorer pour de vrai.
Cela fait aujourd’hui douze ans qu’il vit de cette activité. Tout commence avec l’écriture d’un blog sur lequel il raconte ses pérégrinations. Bien avant que le terme de digital nomad ne se popularise, il expérimente déjà ce mode de vie. Sa première destination de travail à distance : Prague. « L’idée, c’était d’aller expérimenter la vie ailleurs, voir comment la vie se passe dans d’autres capitales plutôt que de rester en France tout le temps. »
À l’époque, ce choix étonne. « En 2014, tout le monde me regardait avec de grands yeux. » L’écosystème numérique est alors très différent. « TikTok n’existait pas et Instagram était surtout une application de retouche photo. Moi, j’écrivais sur mon blog. »
Depuis, son activité s’est largement développée. Bruno voyage pour créer ses contenus mais passe aussi beaucoup de temps derrière son ordinateur. « C’est un métier tellement polyvalent qu’aucune journée ne ressemble à une autre. Un jour j’organise un événement, le lendemain je gère mes mails et mes collaborations, le surlendemain je crée du contenu ou je bosse sur mes projets divers. »

Compte Instagram de Bruno Maltor
Avec plus de trois millions d’abonnés, il consacre aussi du temps à répondre à sa communauté. « Rien que répondre aux messages sur Instagram ou Facebook peut prendre une heure par jour. » Cette organisation lui permet de travailler depuis n’importe quel pays une grande partie de l’année. « Je fais des semaines de 50 heures minimum. Je suis mon propre patron, j’ai parfois du mal à m’arrêter. Il y a toujours quelque chose à gérer » .
L’ambassadeur du nomadisme digital
Avec les années, son expérience du travail à l’étranger a fait de lui une référence pour ceux qui rêvent de tenter l’aventure. Devenu maître en nomadisme digital bien avant que cela se démocratise, il a réalisé plusieurs vidéos pour en parler. En commençant par corriger une idée reçue. « La plus grosse fake news, c’est que pour être digital nomad il faut être influenceur voyage. C’est faux ! »
Pour lui, le principe est simple : toute personne dont le métier peut s’exercer à distance peut adopter ce mode de vie. « Un digital nomad peut être graphiste, développeur, rédacteur web… tous ceux qui ont juste besoin d’une connexion internet pour travailler. »
Deux conseils pour éviter le « burn-out du digital nomad »
Fort de ses années passées à travailler depuis l’étranger, dans plusieurs dizaines de pays, Bruno Maltor partage aussi quelques mises en garde dans ses vidéos. La première concerne le rythme des voyages. « Beaucoup pensent qu’il faut enchaîner les destinations : cinq jours à Bangkok, une semaine à Bali, trois jours à Tokyo… Pour moi c’est le meilleur moyen de se cramer. » Selon lui, l’intérêt du digital nomadisme est au contraire de prendre le temps de s’immerger dans un lieu. « Un bon minimum pour vraiment expérimenter une ville, c’est six mois. Là tu peux dire que tu l’as ressentie et que tu l’as vraiment vécue. » Il cite d’ailleurs une tirade du film “L’Auberge Espagnole” : « Quand on arrive dans une ville, (…) Tout est inconnu, vierge. Plus tard on aura habité cette ville, (…) on y aura vécu des histoires avec des gens et alors elle nous appartiendra. ». Pour cela, il recommande des sites et applications.
Son second conseil : garder un rythme de travail clair, même à l’étranger. « Il faut s’imposer une routine. Ce n’est pas parce que tu es à Bangkok ou à Prague que tu es en vacances. Tu es censé travailler. » Il nous confie la sienne « la seule routine que je m’ impose est de me lever assez tôt pour avoir un vrai rythme de vie. Et ça marche aussi à l’étranger » .
Sa base reste aujourd’hui Paris, « au cœur de l’Europe et pratique pour voyager ». Mais l’immobilité est relative : au retour du Bhoutan, Bruno Maltor partira travailler un mois… depuis les Pouilles.






