Frédéric Lassaigne
28 avril 2026

Amérique du Sud : et pourquoi pas l’Uruguay ?

On pense volontiers au Brésil, à l'Argentine ou au Pérou mais l’Uruguay pourrait bien devenir aussi une destination d’avenir dans la région. Ce petit pays d’à peine 3,5 millions d’habitants possède tous les atouts pour attirer de nouveaux expatriés.

Stabilité politique, plages désertes, climat tempéré (10 à 15° l’hiver et 25 à 30° l’été) et réformes progressistes : l’Uruguay ne manque pas d’arguments face à l’insécurité croissante dans de nombreux pays ou la grande déception des Américains devant le régime de Donald Trump.

En Uruguay, les soins sont gratuits et le système de santé performant. Ajoutons à cela une corruption limitée (le pays est classé 13ᵉ sur 180, selon Transparency International) et des risques de catastrophes naturelles ou de violences minimes.

Pour obtenir la résidence permanente en Uruguay, il convient de s’adresser à la Direction nationale des migrations et de faire traduire en espagnol l’ensemble des documents demandés (passeport, certificat de vaccination, extrait de casier judiciaire, acte de mariage et de naissance apostillés…) par un traducteur assermenté. Il est également nécessaire de justifier d’un revenu mensuel minimum d’environ 1 500 dollars. Le délai de traitement de la demande varie entre six mois et un an.

Pas de résidence de complaisance

Les citoyens français, belges, suisses et canadiens bénéficient d’une exemption de visa touristique pour des séjours jusqu’à 90 jours renouvelables, ce qui permet d’initier les démarches de migration directement sur place. Mais le service de l’immigration en Uruguay applique désormais un critère d’« intention de résider de manière permanente » à tous les demandeurs. « À cet effet, il examine les dossiers d’immigration et s’il constate qu’une personne est entrée en Uruguay, a déposé une demande de résidence puis est immédiatement repartie sans revenir ou ne vit pas réellement en Uruguay, la demande sera rejetée », met en garde Me Mark Teuten, avocat britannique installé en Uruguay depuis 1990.

Me Mark Teuten : « L’Uruguay se porte globalement bien et est très stable dans un monde très turbulent. »

Technologies de l’information

On estime aujourd’hui le nombre d’expatriés français en Uruguay à un peu plus de 4.000 (dont la moitié sont inscrits sur le registre des Français établis hors de France). « Si les immigrés latino-américains occupent plutôt des emplois basiques (livraison, taxi et services à la personne), précise Me Teuten, les Européens, eux, viennent généralement travailler à distance dans les secteurs liés aux technologies de l’information. »

D’autres secteurs comme l’enseignement des langues étrangères offrent également de belles opportunités. Mais mieux vaut parfois créer sa propre entreprise. Car l’Uruguay offre l’accès au 270 millions de consommateurs de l’immense marché du Mercosur. Les zones franches offrent par ailleurs une exonération totale d’impôt, de droits de douane et de TVA sur les sociétés.

Et si la moitié de la population vit à Montevideo, la capitale, d’autres grandes villes comme Ciudad de la Costa ou Salto dépassent les 100.000 habitants. La pratique de la langue est un pré-requis : si vous ne parlez pas espagnol, il sera très difficile de trouver un emploi dans une entreprise uruguayenne.

Dix ans d’exonération fiscale

Les expatriés admis en Uruguay peuvent obtenir des mesures fiscales avantageuses, notamment les nomades numériques. Un nouveau visa leur permet d’ailleurs de résider six mois dans le pays avec un renouvellement possible pour six mois supplémentaires, à condition de démontrer leur autosuffisance financière. « Les nouveaux résidents bénéficient d’une exonération fiscale de dix ans sur les revenus provenant de l’étranger », détaille Me Teuten. Mais depuis cette année, ce régime est conditionné à un investissement local. Les conjoints sont par ailleurs autorisés à travailler.

Pour les retraités, un visa « rentiers » permet de vivre sur place en échange d’un investissement immobilier d’au moins 100.000 dollars. Pour les non-retraités, d’autres visas pour investisseurs existent mais avec un premier ticket d’entrée à 500.000 dollars. Après trois ans de résidence pour les couples mariés ou cinq ans pour les célibataires, ceux qui le souhaitent peuvent demander la citoyenneté uruguayenne. Le passeport uruguayen permet d’accéder à 156 pays sans visa, se classant au 23e rang mondial.

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