Frédéric Lassaigne
3 juillet 2026

Les Pays-Bas ouvrent davantage leurs frontières aux étudiants étrangers

Après trois ans du gouvernement d’extrême droite dirigé par Geert Wilders, la nouvelle coalition au pouvoir depuis janvier souhaite attirer à nouveau les talents venus de l’étranger, en particulier les jeunes.

Le soleil se lève à nouveau au pays des moulins et des tulipes. Après des coupes budgétaires sans précédent plombant l’attractivité du pays, les nouvelles autorités néerlandaises souhaitent accueillir davantage d’étrangers, étudiants ou travailleurs qualifiés. Ainsi, le budget de l’enseignement supérieur a été rétabli, tout comme les cursus en anglais. Ce nouveau cap s’accompagne d’un investissement d’1,5 milliard d’euros dans l’éducation et la science (contre 1,2 milliard annulé par le gouvernement précédent, ndlr).

Car si les frontières n’ont jamais été formellement fermées, les inscriptions internationales en licence n’ont cessé de reculer pendant trois ans avec une baisse de 5 % en 2024-2025. Selon la plateforme comparative Studyportals basée à Eindhoven, le manque à gagner pour l’économie batave atteint même 5 %.

« Comme la quasi-totalité des économies développées, les Pays-Bas sont confrontés à un problème démographique et à une pénurie importante de main-d’œuvre hautement qualifiée, affirme Edwin van Rest, PDG de Studyportals. Les étudiants internationaux contribuent grandement à notre société et à notre influence culturelle dans le monde, mais aussi à notre compétitivité. »

Edwin van Rest : « Les étudiants étrangers s’intègrent parfaitement au marché du travail néerlandais. »

Un numérus clausus

Les Pays-Bas proposent aujourd’hui 2 130 diplômes dispensés en anglais, ce qui les place au troisième rang en Europe après l’Irlande et l’Allemagne. « En outre, le gouvernement néerlandais examine actuellement la loi sur l’internationalisation équilibrée (WIB), précise Ruben Puylaert, porte-parole de l’association des universités néerlandaises (UNL), qui fournirait aux établissements du supérieur des instruments supplémentaires pour réguler, si nécessaire, les admissions d’étudiants, notamment un numerus clausus pour les étudiants non ressortissants de l’EEE (Espace économique européen) et un plafond d’admission d’urgence dans des situations exceptionnelles. »

Après une période de forte croissance du nombre d’étudiants internationaux, certaines régions et certains programmes ont en effet connu des pressions sur leurs capacités, notamment en matière de logement. Car l’immobilier reste un défi dans de nombreuses régions des Pays-Bas, non seulement pour les étudiants, mais aussi pour l’ensemble de la population.

« Les universités collaborent avec les bailleurs, les municipalités et le gouvernement national pour augmenter la capacité d’accueil en logements étudiants, observe M. Puylaert. Cependant, la pénurie persiste dans de nombreuses villes. » C’est pourquoi de nombreuses universités conseillent aux futurs étudiants internationaux de ne pas venir s’ils n’ont pas trouvé de logement avant leur arrivée.

Ruben Puylaert (UNL) : « L’enseignement supérieur des Pays-Bas accorde une grande importance à la diversité internationale. » (Photo : Marit Hazebroek)

Un équilibre entre avantages et contraintes

D’autant qu’il n’existe pas de quota national général pour les étudiants étrangers. Certains programmes appliquent un numerus clausus afin de garantir la qualité de l’enseignement. Dans la plupart des cas, cette mesure s’impose à l’ensemble des candidats, qu’ils soient néerlandais ou étrangers. Parfois, seul le cursus dispensé en anglais est soumis à une limitation, tandis que le cursus proposé en néerlandais reste ouvert.

Les universités ont donc pris elles-mêmes une série de mesures pour mieux gérer l’internationalisation. «  Il ne s’agit donc pas d’une réouverture, explique M. Puylaert, mais plutôt d’un effort continu visant à trouver un équilibre entre les avantages de l’internationalisation et les contraintes de capacité. »

Selon l’université de Maastricht (photo), citant des données de Nuffic, l’agence d’internationalisation des études aux Pays-Bas, les étudiants internationaux européens génèrent environ deux milliards d’euros de recettes fiscales nettes positives pour les Pays-Bas.

« Ils s’intègrent parfaitement au marché du travail néerlandais, ajoute M. van Rest. Près de la moitié d’entre eux restent travailler après l’obtention de leur diplôme, notamment dans les secteurs de la technologie et de l’ingénierie. C’est un retour sur investissement évident. »

Les étudiants français sont les bienvenus

Les diplômés en informatique, en sciences naturelles et en ingénierie sont ceux qui poursuivent le plus souvent l’aventure aux Pays-Bas. La plupart de ces diplômés internationaux travaillent dans les secteurs de la technologie, des services aux entreprises ou de la production industrielle.

Les étudiants français sont notamment les bienvenus : « L’enseignement supérieur des Pays-Bas accorde une grande importance à la diversité internationale dans les salles de classe et à la coopération européenne », assure M. Puylaert.

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