Astrid Raudot
25 juin 2026

Le « slowmading »  : la nouvelle tendance chez les nomades digitaux. 

Le dernier rapport Forbes met en avant une évolution du nomadisme digital : le slowmading. C’est un mouvement que l'on observe chez les nomades digitaux qui choisissent de ralentir et de ne plus changer de lieu toutes les trois semaines mais plutôt au bout de plusieurs mois. On les appelle les « slomads », contraction de « slow » et de « nomade digital » .

Rapport Forbes : des destinations prisées par le courant slomad

En 2026, plus de 40 millions de personnes travaillent à distance tout en s’installant dans plusieurs pays différents chaque année. Mais aujourd’hui, fini la frénésie : dans cette nouvelle déclinaison du nomadisme digital, il s’agit désormais de s’ancrer. Le plaisir et la liberté ne suffisent plus à guider le choix de destinations : il faut trouver un lieu à la fois agréable et stratégique.

D’après les estimations relayées par Forbes, la population mondiale de slomads atteindrait 18 millions en juin 2026, contre environ 4 millions trois ans plus tôt.

Dans son article, Forbes identifie plusieurs destinations devenues des bases privilégiées pour les nouveaux nomades digitaux. En 2026, cinq destinations dominent particulièrement pour les slomads : Lisbonne au Portugal, Chiang Mai en Thaïlande, Mexico City au Mexique, Bali en Indonésie et Tbilissi en Géorgie. Le rapport ajoute également des tendances secondaires : Chiang Rai (Thaïlande) apparaît comme une ville en forte progression, Medellín (Colombie) entre dans une phase de stabilisation après trois années de forte croissance, tandis que Tulum (Mexique) connaît un ralentissement.

Les critères de sélection des villes

Le coût de la vie comme critère central

L’un des principaux critères de choix reste le coût de la vie. À Chiang Rai, régulièrement citée dans la presse pour illustrer ce phénomène, le coût global d’un mode de vie serait environ deux à trois fois inférieur à celui d’un équivalent dans le centre de Paris.

Visas et politiques d’attractivité

Mais d’autres critères entrent désormais en jeu. Les pays cherchent activement à attirer ces nouveaux producteurs de richesse. Aujourd’hui, plus de 50 pays proposent un visa dédié aux nomades digitaux ou un statut de résidence pour travailleurs à distance.

Parmi les dispositifs les plus structurants, le visa D8 portugais a largement contribué à l’essor de Lisbonne. Il permet aux travailleurs à distance de s’installer légalement, d’obtenir un titre de séjour renouvelable et d’accéder à la résidence permanente après plusieurs années. Sur le plan fiscal, le régime portugais NHR 2.0 plafonne l’impôt sur le revenu à 20 % pendant dix ans pour les travailleurs éligibles.
La Thaïlande a lancé le visa DTV (Destination Thailand Visa), valable cinq ans avec des séjours de 180 jours par entrée, spécifiquement conçu pour les travailleurs à distance.

En Amérique latine, le Mexique et la Colombie proposent des statuts relativement accessibles pour les travailleurs à distance. La Colombie a même créé un visa nomade spécifique pouvant aller jusqu’à deux ans.

Une mobilité toujours essentielle

Un autre point commun entre ces destinations est la présence d’un aéroport international permettant des allers-retours rapides pour des rendez-vous professionnels.

Enfin, pour appuyer cette tendance, les slomads gagneraient davantage que les nomades dits « rapides ». Selon Forbes, qui cite des données de Nomads.com, leur revenu médian atteindrait environ 91 000 euros (98 000 $) par an, contre 71 000 euros (76 000 $) pour ceux qui enchaînent les destinations.

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