Un rêve d’enfance né sur les genoux de son père
De Nice aux ovales géants du Michigan ou de Daytona, le parcours de Michel Disdier a tout d’un roman américain. Pourtant, rien ne le destinait au sport automobile : ses parents, soucieux de le voir poursuivre des études, refusent longtemps de le laisser courir.
Qu’importe : dès l’enfance, sur les genoux de son père au volant ou sur les autos tamponneuses où il cherchait déjà la ligne la plus rapide plutôt que la collision, le rêve est là. Faute de moyens pour le karting, il se tourne vers le motocross, puis l’endurance moto, discipline où il devient champion de France au début des années 1990.
De la moto à la monoplace
Mais l’automobile le rattrape. À 18 ans, après avoir « harcelé » ses parents, il décroche un essai en Formule 3 validé par le moniteur Philippe Bodard. S’ensuivent plusieurs saisons en Europe, où il s’impose face à d’anciens champions de karting malgré un parcours atypique, lui qui n’est jamais passé par le karting.
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Le pari fou de la NASCAR
Fasciné depuis l’enfance par les États-Unis, il se met en tête un projet que tout le monde juge irréalisable : courir en NASCAR, deuxième sport le plus suivit aux USA derrière la NFL et premier sport motorisé du pays, sur des circuits ovales moins connus des pilotes européens. Aucun Français n’y a couru depuis 1978. En 2003, invité à la finale du championnat à Homestead-Miami, il tombe sous le charme de la convivialité américaine.
Commence alors une longue quête de sponsors, ponctuée de cours d’anglais avec une Américaine installée à Nice, Louella, qui l’aide aussi à démarcher les équipes. Son premier essai sur ovale a lieu en 2007 ; il signe l’année suivante pour ses premières courses, où il réalise d’emblée le meilleur temps du circuit.
Daytona, la course mythique
La crise des subprimes, en 2009, fait capoter un accord de sponsoring avec Total et Wendy’s et le renvoie deux ans en France. De retour, il choisit de concentrer son budget sur l’épreuve la plus mythique : Daytona, qu’il dispute plusieurs fois entre 2012 et 2016, signant même le meilleur temps des derniers essais lors de sa première participation : une première pour un pilote français. En 2016, il termine dans le top 10.
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Être français aux États-Unis, un atout et une identité
Pour Michel Disdier, être français en NASCAR n’a rien d’un handicap. Il le décrit au contraire comme un vrai atout : les Américains, dit-il, ont une affection particulière pour la culture française, sa gastronomie, son luxe, ses arts. Il note des ponts inattendus avec la culture populaire américaine : les enfants le reconnaissent souvent comme une version réelle de Flash McQueen, le héros du film Cars, lui-même une voiture de NASCAR.
L’art comme tremplin
Faute du « gros sponsor », l’aventure reste fragile : la pandémie de Covid-19 l’interrompt de nouveau. Michel Disdier a alors une idée : transformer sa voiture, décorée par l’artiste Richard Orlinski, en véritable œuvre d’art roulante. Exposée au musée du prince Albert de Monaco aux côtés de la Formule 1 de Charles Leclerc, elle relance sa carrière et attire de nouveaux soutiens, dont le street artiste Mr. Brainwash, complice de Banksy. L’an dernier, il relance l’aventure Nascar avec de nouveaux sponsors, comme la société EDGE Yachting et JELL Conseils et court à Miami avec une nouvelle équipe.
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Objectif : une première historique
Son objectif désormais : boucler le financement d’une saison complète en 2027, débutant à Daytona, avec en ligne de mire une première place historique, aucun pilote français n’a jamais remporté de course NASCAR. À plus long terme, il rêve d’amener une épreuve NASCAR à Monaco, sur le circuit de Formule 1, projet déjà évoqué avec le prince Albert.
« Il faut suivre son intuition, ne jamais lâcher », résume-t-il. Une philosophie qui, depuis Nice jusqu’aux tribunes bondées de Daytona, ne l’a jamais quittée.
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