Certes, il n’est pas possible de saisir ses vœux Parcoursup (la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur en France) avant le mois de janvier… mais pour autant, pas question de se croiser les bras en attendant. Un projet d’orientation met du temps à se construire. Dans l’idéal, les premières pierres se posent dès le début du lycée. Et dans tous les cas, il faut s’y mettre au plus tard dès le début de l’année de terminale.
« J’ai commencé à réfléchir à mon orientation post-bac dès mon entrée au lycée international, en parallèle au choix de mes matières, confie Sirine, étudiante en école de commerce en France après un lycée international à Indianapolis, aux Etats-Unis. Progressivement, j’ai regardé les écoles et j’ai commencé à discuter avec des étudiants des formations qui pouvaient m’intéresser ».
Septembre/novembre : définir un projet précis
« La première étape sera de vérifier son projet précis, explique Vanessa Bérangère, coach en orientation. Parmi les questions à se poser : la filière, mais aussi le type de pédagogie que l’on souhaite [université, prépa, école, etc.], ou encore la question géographique. ». Autre point à avoir en tête : la question budgétaire, qui peut, d’elle-même, éliminer certaines options ou pays trop coûteux. Il faut donc coupler introspection et réflexions pratiques.
Quand on a suivi une scolarité à l’étranger une question supplémentaire se pose : le ou les pays ciblés. « La réflexion sur le pays de destination doit se faire rapidement et peut être corrélée au choix de la filière : certains pays sont davantage propices à certaines études, souligne Delphine de Guillebon, co-fondatrice d’Eureka Study. La France est par exemple excellente en ingénierie, les Pays-Bas sur les sciences politiques, etc. ».
Des critères à croiser avec sa connaissance du pays, sa volonté – ou non – de rester proche de membres de sa famille, d’évoluer dans un milieu francophone, etc. « Cette réflexion ne s’improvise pas, il faut la mener tôt », recommande la coach. « Il est important de s’interroger sur la reconnaissance du diplôme en France ou sa valeur internationale si on souhaite revenir en France ensuite », pointe Vanessa Bérangère.
Pour avancer dans sa réflexion, il est recommandé d’échanger avec sa famille, ses connaissances, mais aussi ses enseignants, d’anciens élèves de son établissement, le psychologue de l’Education nationale, des coachs privés, etc. « Plus on sait tôt ce que l’on souhaite faire, plus on va pouvoir anticiper et faire les bons choix », constate Vanessa Bérangère.
Octobre/décembre : choisir les établissements
Deuxième étape : une fois la filière ou le secteur identifié, il est temps de se renseigner sur les formations. A ce moment-là, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les forums des métiers, les salons étudiants ou les journées portes ouvertes. Généralement, les lycées proposent de nombreux événements et ressources. Et les établissements proposent également des journées portes ouvertes ou des temps d’immersion. Avec une bonne partie accessible virtuellement pour les élèves vivant à l’étranger.
A partir de décembre, le site de Parcoursup est actualisé avec les formations de l’année. S’il n’est pas encore possible d’y déposer ses vœux, il offre cependant un catalogue très complet de formation, avec les critères attendus et les modes de sélection. Ne pas oublier non plus l’offre hors Parcoursup.
Janvier/mars : saisir ses voeux
Courant janvier, la fameuse plateforme est ouverte à la saisie des vœux. « Je conseille d’anticiper la rédaction des différentes rubriques de Parcoursup, qui peuvent se travailler en amont, avant même l’ouverture de la plateforme, appuie Delphine de Guillebon. Il est recommandé que les parents relisent les candidatures et conseillent leur enfant. Et d’éviter de (trop) recourir à l’intelligence artificielle, au risque de manquer d’authenticité.
Les lettres de motivations, très chronophages, peuvent également être anticipées quand elles sont attendues par les formations. Dans tous les cas, il est recommandé de ne pas déposer de vœux ou dossiers à la toute fin de la procédure, car le site est souvent pris d’assaut et peut souffrir de ralentissements.
Planning et organisation
Précision importante : il faut garder en tête que les calendriers de candidatures ne sont pas les mêmes selon les pays, mais aussi le type de formation visée. En France, Parcoursup affiche son calendrier, avec de grandes étapes à ne pas manquer. Mais d’autres formations peuvent avoir leur propre calendrier.
« Les études à l’étranger peuvent être prioritaires dans l’urgence, car les deadlines sont souvent plutôt en janvier, voire même à l’automne pour les plus sélectives », avertit Delphine de Guillebon. Si les lycées français rappellent les dates butoirs de Parcoursup, ce n’est pas toujours le cas des lycées internationaux. « Il faut être autonome sur les dates et le calendrier, recommande Sirine. L’idéal est de trouver un groupe d’élèves qui suit le même processus en parallèle ». Car réfléchir et avancer en groupe se révèle toujours plus motivant et rassurant.






