Près de huit jeunes Français sur dix ont déjà envisagé de construire leur avenir à l’étranger, selon une enquête Ipsos bva réalisée pour Aix-Marseille Université en 2026. Si l’expatriation est souvent associée aux ingénieurs, cadres ou diplômés des grandes écoles, d’autres parcours permettent de franchir les frontières. Le métier d’hôtesse de l’air ou de steward en fait partie.
Les compagnies aériennes internationales recherchent régulièrement de nouveaux personnels navigants commerciaux (PNC), y compris parmi des candidats sans expérience dans l’aviation. Pour les Français attirés par une première mobilité professionnelle, le secteur offre des possibilités en Europe comme au Moyen-Orient, avec des conditions de recrutement et des perspectives de carrière très différentes selon les employeurs.
De Dubaï à l’Europe centrale, des destinations variées
Les compagnies du Golfe comptent parmi les employeurs les plus visibles. Emirates recrute pour sa base de Dubaï, tandis qu’Etihad Airways propose des postes à Abou Dhabi et Qatar Airways à Doha. Ces compagnies attirent des candidats du monde entier et organisent régulièrement des journées de sélection à l’international.
En Europe, les possibilités sont tout aussi diversifiées. Ryanair dispose de bases dans de nombreux pays, notamment en Irlande, en Espagne et en Europe centrale. easyJet recrute également pour ses implantations européennes, tandis que Chair Airlines, en Suisse, Smartwings, en République tchèque, ou Luxair, au Luxembourg, constituent d’autres débouchés.
L’organisme de formation SkySuccess, qui accompagne des candidats au recrutement aérien, indique que 120 de ses élèves ont intégré des compagnies étrangères depuis janvier 2026, dont 58 chez Ryanair, 30 chez easyJet et 22 chez Emirates et Etihad. Des données internes qui illustrent la diversité des employeurs, sans représenter l’ensemble du marché.
Les affectations dépendent toutefois des besoins des compagnies. Postuler à un transporteur international implique souvent d’accepter une installation dans un pays qui n’était pas nécessairement son premier choix.
Des recrutements ouverts à des profils variés
L’un des principaux atouts du secteur réside dans l’accessibilité de certains recrutements. Une expérience dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce ou l’accueil peut constituer un avantage, sans qu’il soit nécessaire d’avoir déjà travaillé à bord d’un avion.
Les critères varient néanmoins selon les compagnies. Emirates exige notamment un âge minimum de 21 ans, un niveau d’études secondaires et au moins une année d’expérience dans la relation client ou l’hôtellerie. Chez easyJet, les candidatures sont possibles dès 18 ans, avec une expérience dans un métier en contact avec le public.
La maîtrise de l’anglais constitue un élément déterminant. Les entretiens, les exercices collectifs et les mises en situation se déroulent souvent dans cette langue. Un niveau B2 constitue une base solide, mais une maîtrise plus avancée peut faire la différence lors des sélections.
« Beaucoup de jeunes rêvent de partir, mais ne savent pas par où commencer », observe Lyse Poncety, cofondatrice de SkySuccess. « Notre conseil est toujours le même : commencer par l’anglais. C’est lui qui ouvre les portes, en France comme à l’étranger. »
Comment candidater auprès des compagnies étrangères ?
La plupart des transporteurs disposent d’un espace de recrutement sur leur site internet. Les candidats peuvent consulter les bases proposant des postes, déposer leur CV et s’inscrire aux journées de sélection, parfois organisées en France.
Chez Emirates, les candidats peuvent notamment participer à des journées de recrutement ouvertes ou sur invitation. Les procédures comprennent généralement une présentation de la compagnie, des évaluations collectives et des entretiens individuels.
Les conditions médicales et physiques doivent également être vérifiées en amont : aptitude à exercer les fonctions de sécurité, capacité à nager, exigences de taille ou d’accessibilité aux équipements de cabine.
La question de la formation mérite une attention particulière. Dans l’Union européenne, les personnels de cabine doivent détenir une attestation réglementaire, le Cabin Crew Attestation (CCA). Certaines compagnies assurent la formation nécessaire après le recrutement, tandis que d’autres demandent aux candidats de posséder déjà cette qualification. Hors d’Europe, les règles diffèrent selon les autorités aéronautiques.
Mieux vaut donc identifier les exigences de chaque employeur avant d’engager des frais de formation, et privilégier les candidatures sur les plateformes officielles.
Une expérience qui peut faire évoluer une carrière
Pour certains candidats, un premier contrat à l’étranger devient le point de départ d’un parcours professionnel durable.
C’est le cas de Yann, 27 ans, dont le parcours est rapporté par SkySuccess. Après des études dans la cuisine et l’hôtellerie et plusieurs emplois, il a rejoint Smartwings sur sa base de Bratislava, en Slovaquie. Il travaille désormais au sein d’équipages internationaux et effectue des rotations dans plusieurs pays.
D’autres choisissent de revenir en France après une première expérience. Melissa a ainsi commencé chez Ryanair en Pologne avant d’intégrer Transavia, tandis que Marion et Tom, passés par Emirates à Dubaï, travaillent aujourd’hui pour French bee.
Ces trajectoires montrent qu’une expatriation dans l’aérien peut aussi constituer un tremplin vers d’autres compagnies ou vers des fonctions d’encadrement, de formation et de recrutement.
Des conditions de vie à examiner avant de partir
L’attrait des compagnies étrangères repose aussi sur leurs conditions d’emploi. Dans le Golfe, Emirates et Etihad proposent notamment des rémunérations associant salaire fixe et indemnités de vol, ainsi que certains avantages liés au logement, à la santé et aux transports.
En Europe, les situations sont plus contrastées. Salaire, durée des contrats, protection sociale et coût de la vie varient selon les compagnies et les pays d’affectation.
Le quotidien reste exigeant. Horaires décalés, vols de nuit, travail pendant les week-ends et éloignement familial font partie des réalités du métier. Les personnels navigants sont aussi, avant tout, des professionnels de la sécurité, formés à intervenir en cas d’urgence.
Pour les Français qui souhaitent tenter l’expérience, la première étape consiste donc à identifier les compagnies compatibles avec leur profil, à renforcer leur anglais et à comparer les conditions d’emploi proposées. Plus qu’une occasion de voyager, devenir hôtesse de l’air ou steward à l’étranger peut représenter une véritable première étape dans une carrière internationale.






