Leslie Fauvel
18 juillet 2020

Le Drian au chevet des écoles francophones libanaises

Alors que le Liban fait face à une crise politique, économique, sociale et sanitaire sans précédent, la France a décidé de mettre en place un dispositif d'aide spécial destiné aux établissements scolaires d'enseignement français.

Des écoles francophones menacées

Avec une cinquantaine d’établissements et quelque 100 000 élèves, le pays du Cèdre représente à lui seul près de 15% des effectifs de l’enseignement francophone à l’étranger. La crise politico-économique qui traverse le pays depuis plusieurs mois, à laquelle est venue s’ajouter la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, menace l’existence même des écoles francophones homologuées  : c’est la sonnette d’alarme qu’on tiré une trentaine de députés français fin juin, sous la houlette de Samantha Cazebonne, élue de la 5ème circonscription des Français de l’étranger. Selon eux, suite à la crise économique, qui a entraîné l’inflation et une forte dévaluation de la livre libanaise, les écoles se retrouvent dans l’impossibilité de payer leurs professeurs alors mêmes que les élèves ne peuvent plus payer leurs frais de scolarité, dans un pays où l’enseignement public est déjà saturé. 70% des établissements scolaires du Liban sont privés et ne reçoivent aucune aide de l’Etat. Le Comité de sauvegarde des écoles du Liban, créé par trois ONG début juillet (L’Oeuvre d’Orient, la Fondation Raoul Follereau et l’IECD), estime que 7 millions d’euros sont nécessaires pour empêcher la fermeture de plusieurs dizaines d’écoles primaires.

Quel plan d’aide  ?

Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a ainsi approuvé un plan d’aide à ces établissements pour l’année scolaire 2020-2021. Une enveloppe de plusieurs millions d’euros (dans leur courrier, les députés demandaient 10 millions d’euros) sera ainsi débloquée pour venir en aide aux familles françaises installées au Liban, elles aussi durement frappées par la crise financière et sanitaire, mais aussi aux familles libanaises dont les enfants sont scolarisés dans ces établissements. Ces derniers pourront prétendre à un coup de pouce pouvant s’élever jusqu’à 7,5 millions de livres libanaises (soit 4344 euros).

Un dispositif spécial a été mis en place pour les écoles conventionnées avec l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), comme le Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, le Lycée franco-libanais Lamartine de Tripoli, le Lycée franco-libanais de Nahr Ibrahim, le Lycée franco-libanais de Verdun, le Lycée franco-libanais de Habbouche-Nabatieh, ainsi que le Collège protestant français et le Lycée Abdel-Kader.

Une avance de trésorerie sera octroyé en euros aux établissements qui le souhaitent, à un taux quasiment nul, mais qui devra être remboursé aussi en euros et dans un délai limité.

Les demandes d’aide doivent être adressées d’ici le 31 juillet aux services compétents des établissement scolaires, lesquels les transmettront à l’ambassade de France à Beyrouth. Celle-ci tranchera ensuite en septembre.

Ce plan devrait être complété par la création imminente du Fonds pour les écoles chrétiennes francophones annoncé par Emmanuel Macron en janvier lors de son déplacement à Jérusalem.

Le ministre français attendu à Beyrouth

Jean-Yves Le Drian doit se rendre dans les jours qui viennent à Beyrouth. Il devrait confirmer au gouvernement libanais l’engagement de la France pour la sauvegarde de l’enseignement francophone au Liban mais il devrait également engager des discussions plus tendues avec ses homologues et les exhorter à engager les réformes nécessaires au redressement du pays.

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