Didier Bras
30 octobre 2020

Erasmus + : une organisation plus souple

Cours à distance, séjours reportés ou annulés : les modalités varient pour les étudiants, apprentis ou demandeurs d'emploi qui devaient partir en Erasmus +. Dans le contexte inédit de l’épidémie de Covid-19, les établissements s’adaptent et proposent des solutions plus que jamais à la carte.

Dans un contexte sanitaire incertain, la situation varie en fonction de la durée des mobilités et des pays. Chaque établissement décide de l’organisation de ses mobilités et travaille avec ses partenaires pour trouver la solution la plus adaptée. Grâce aux dispositions prises par la Commission européenne dès le printemps, le programme Erasmus + offre plus de flexibilité avec notamment la prise en charge des frais non prévus (quarantaine, retour anticipé, annulation…) ou la possibilité de reporter certaines mobilités.

De plus, les mobilités peuvent désormais inclure un volet virtuel (ou hybride) qui permet de se préparer à un séjour physique à l’étranger, de travailler certaines matières chez soi et de maintenir une activité en cas d’isolement imposé à l’étranger.

Les établissements mettent en place des solutions de maintien d’activité, y compris avec les entreprises étrangères qui accueillent des stagiaires Erasmus +. Un suivi personnalisé est assuré concernant la vie sur place (logements supplémentaires pour la distanciation sociale, cours de langue en ligne…). Avant et pendant sa mobilité, il est conseillé de suivre les informations données par l’application « Ariane » et les fiches pays du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Travailler les langues

À cause de la pandémie et de la fermeture des frontières, les établissements d’enseignement supérieur ont recentré leurs mobilités internationales vers l’Europe. En cas de désistement de l’université d’accueil, ils collaborent avec leurs partenaires en Europe pour proposer une autre destination, des cours à distance ou le report au prochain semestre.

Dans le cas d’une période d’isolement imposée pendant une mobilité, les établissements prévoient généralement deux options : le passage au distanciel (cours en ligne, télétravail) ou le rapatriement avec un recours à la clause de force majeure prévue par Erasmus +. Dans une enquête parue en juillet, la Commission européenne avait mesuré que 42% des 142 000 personnes en mobilité au début de la crise sanitaire du printemps 2020 avaient continué leur activité grâce à des cours à distance ou du télétravail. Une période d’isolement pendant une mobilité à l’étranger pourra être utilisée pour travailler les langues, suivre des cours à distance dispensés par l’établissement d’accueil, ou encore s’approprier des savoirs théoriques avant le début d’un stage…

Un engouement intact

Le programme Erasmus a été créé en 1987 à l’initiative de la Commission européenne et onze pays y participaient. Il était destiné au départ seulement aux étudiants, qui pouvaient partir faire une partie de leur cursus dans un autre pays d’Europe. Depuis 2014, on ne parle plus d’Erasmus mais d’Erasmus +, et ce ne sont plus onze mais trente-quatre pays qui sont partenaires du programme, trois fois plus ! Le programme est ouvert aux étudiants, apprentis, demandeurs d’emplois, lycéens, professionnels, enseignants, formateurs et professeurs…

Crise sanitaire ou pas, l’envie de partir avec Erasmus + est toujours forte chez les jeunes en formation. Côté employeurs, aucun problème pour accueillir ces stagiaires Erasmus + : ces élèves ont rapidement trouvé leurs stages dans les pays de leurs choix. Pour les jeunes sous « garantie jeune » pris en charge par les Missions locales d’Auvergne-Rhône-Alpes, le constat est le même : 120 jeunes partent le 5 octobre, soit le contingent trimestriel habituel ; ceux dont la mobilité a été annulée ont souhaité reprogrammer leur séjour. De plus, les Missions locales observent une hausse de la demande de mobilités pour les mois à venir. Les établissements restent d’ailleurs mobilisés pour poursuivre et faire connaître leurs projets européens : plus de 1 500 événements sont organisés pour les #ErasmusDays les 15, 16 et 17 octobre.

Appels à candidature

L’Agence Erasmus + France / Éducation Formation se prépare déjà pour le programme Erasmus + 2021-2027, avec un budget en cours de négociation. Il se situerait entre +40% et +90% par rapport à la période 2014-2020. Les établissements d’éducation et de formation ont répondu largement aux appels à candidatures du printemps, pour continuer à organiser les échanges européens dans le cadre du programme Erasmus +. De nouvelles alliances entre universités européennes – impliquant seize établissements français de l’enseignement supérieur – se mettent en place grâce aux financements Erasmus +. Jusqu’en octobre, les établissements de la formation professionnelle, de l’enseignement scolaire et de l’éducation des adultes peuvent postuler afin d’obtenir une accréditation Erasmus + pour un accès élargi et facilité à la mobilité pour les sept ans à venir.

Des chiffres qui en disent long

L’an dernier, l’Agence Erasmus+ France / Éducation Formation a financé des mobilités pour 102 476 personnes depuis la France vers l’étranger. Sur l’ensemble de la période 2014-2020, on estime que la mobilité Erasmus + aura bénéficié en France à 597 000 personnes. Près de 5 000 établissements français ont organisé des mobilités Erasmus + pour leurs élèves, étudiants, professeurs, formateurs et personnels. 39% des étudiants sont boursiers sur critères sociaux et 60% des bénéficiaires Erasmus+ de la formation professionnelle sont d’origine sociale populaire.

La bourse Erasmus + peut aller de 750 à 1 000 €/mois pour un stage de la formation professionnelle. Elle s’échelonne de 170 à 370 €/mois pour des études supérieures selon le pays, et de 320 à 520 € / mois.

Plus de la moitié des bénéficiaires partent pour une expérience professionnalisante, avec des stages en entreprises à travers l’Europe et le monde. Depuis 2016, la mobilité dans des pays hors UE est également possible dans le cadre de partenariat entre établissements d’enseignement supérieur. 4 004 personnes en ont bénéficié en 2018.

Aller plus loin: https://info.erasmusplus.fr/

Les #ErasmusDays, pour une Europe solidaire

Tous les ans, les porteurs de projets Erasmus + se mobilisent en grand nombre pour faire vivre leurs projets européens : plus de 1 800 événements ont été à nouveau organisés à travers le monde pour les #ErasmusDays, du 15 au 17 octobre 2020.

En quatre éditions, l’événement est devenu une fête européenne incontournable organisée en France et dans le monde entier. Pendant trois jours, écoles, collèges, lycées, universités, centres de formation d’apprentis, ou encore collectivités territoriales organisent des événements virtuels et physiques pour valoriser leurs projets européens.

C’est l’occasion pour les acteurs et citoyens européens de montrer concrètement l’utilité de l’Europe et de témoigner de leur expérience internationale réussie, sur l’ensemble du territoire, en zones rurales comme urbaines. Ces structures de toute taille rassemblent leurs publics – élèves, enseignants, parents, étudiants, professeurs, apprentis, formateurs, demandeurs d’emploi – en présence d’élus locaux, d’eurodéputés, de journalistes, de parents et de jeunes. À travers ces événements, l’objectif est d’informer activement sur les opportunités offertes par l’Europe en matière d’éducation, de formation et de solidarité.

Ces trois journées constituent une grande fête de la mobilité et plus largement de l’Europe. Un événement unique pour les anciens participants qui peuvent partager leur expérience avec de futurs bénéficiaires du programme.

Pour aller plus loin : https://erasmusdays.eu

share Partager

Etudier et travailler

Matthew Caws (Nada Surf) : l’enfance bilingue qui a changé sa vie

« Ronronner ». C’est le mot qui a tout déclenché pour Matthew Caws, chanteur et guitariste du groupe américain Nada Surf. Lorsque ses parents l’emmènent en France pour une année sabbatique alors qu’il n’a que cinq ans, ils l’inscrivent à l’école du quartier.

Etudier et travailler

Sabine Sciortino : « mon objectif est de consolider et moderniser nos réseaux culturels sur les cinq continents »

Après plus de trois années en tant que conseillère de coopération et d’action culturelle et directrice de l’Institut français au sein de l’Ambassade de France au Liban, Sabine Sciortino a été nommée directrice de la diplomatie culturelle, éducative, scientifique et universitaire au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Pour le Journal des Français à l’étranger, elle revient sur ses missions, ses enjeux et l’importance de la francophonie dans le monde.

Etudier et travailler

Mission Laïque Française : « Le modèle français repose sur une approche académique qui a fait ses preuves. Mais nous devons aussi répondre aux attentes qui évoluent »

Dans un contexte international concurrentiel tendu, face à une demande en évolution, retour sur la stratégie de l’association française qui assure la scolarisation de 60 000 élèves dans le monde, avec Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau mlfmonde - Mission laïque française.

Etudier et travailler

Chefs français : l’expatriation, un tremplin à l’international

Réputée dans le monde entier, la gastronomie française constitue un véritable passeport pour l’international. De plus en plus de chefs choisissent de s’expatrier, attirés par des perspectives professionnelles élargies, une reconnaissance accrue et, souvent, de meilleures conditions de travail.

Etudier et travailler

Enseigner à l’étranger : une carrière ouverte sur le monde

Chaque année, plus de 1 200 postes d’enseignants sont à pourvoir hors de France via le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française. Conditions d’accès, calendrier de recrutement, détachement, rémunération et perspectives de carrière : enseigner à l’international s’anticipe, mais offre une expérience professionnelle et humaine unique, parfois pour toute une vie.