Français à l'étranger
21 novembre 2020

Immigrer au Canada : quelles opportunités en Ontario ?

Le Canada cherche à attirer les étudiants et les travailleurs qualifiés francophones pour accélérer sa croissance. Français à l’étranger décrypte les opportunités d’immigration au Canada, province par province.

L’Ontario, d’une superficie égale à celle de la France et de l’Espagne réunis, est la deuxième plus grande province du Canada après le Québec. Entourée du Manitoba, du Québec et des États-Unis, cette province est à la fois le centre géographique, économique, et politique du Canada.

Comptant plus de 14,5 millions d’habitants, soit près de 40% de la population canadienne, l’Ontario est par ailleurs la province la plus peuplée du territoire canadien. Sa population se concentre principalement dans le sud, notamment dans la métropole de Toronto, la capitale provinciale, où la population a augmenté ces dernières années à un rythme effréné. Celle-ci comptait sept millions d’habitants en 2019. Le multiculturalisme est également un trait caractéristique majeur de l’Ontario. Plus de la moitié de la population de Toronto notamment est née hors du Canada.

Comment s’installer en Ontario ?

Pour s’installer en tant que résidant dans la province de l’Ontario, il faut passer par le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI). Celui-ci permet aux travailleurs, étudiants, propriétaires d’entreprise et entrepreneurs étrangers de déposer une demande de résidence permanente pour travailler dans la province. 

Pour les travailleurs francophones qualifiés, le plus important volet de ce programme est «Entrée express», son système en ligne utilisé pour gérer les demandes de résidence permanente de travailleurs qualifiés. Ce programme est d’autant plus intéressant pour les Français que le gouvernement canadien cherche de plus en plus à attirer les candidats francophones et bilingues en leur attribuant des points additionnels. Les candidats francophones vont ainsi recevoir 15 à 25 points supplémentaires et les candidats bilingues 30 à 50 points de plus.

Un numéro d’assurance sociale NAS est par ailleurs nécessaire afin de travailler au Canada. Sinon, impossible de profiter des prestations et services alloués par les programmes gouvernementaux. Ce numéro est à demander au centre Service Canada le plus proche de la ville de résidence ou sur leur site internet.

Travailler

> Trouver un emploi

Près d’un million et demi de personnes parlent français en Ontario. C’est l’occasion idéale d’entrer en contact avec cette communauté francophone afin d’obtenir des conseils et pourquoi pas des opportunités d’emploi. Le Centre Francophone et l’association Toronto Accueil sont très actifs. Cependant, il faudra aussi parler anglais pour réussir en Ontario.

L’Association française des municipalités de l’Ontario organise, de son coté, d’excellents ateliers de recherche d’emploi, où il est possible de rencontrer des francophones du monde entier. Elle peut aussi apporter des services d’aide juridique, un service de santé, ainsi que des services enfants et famille permettant aux nouveaux arrivants de s’installer plus facilement.

GOJobs est, quant à lui, un moteur de recherche mis en place par le gouvernement provincial afin de trouver un emploi ou un stage dans la fonction publique en Ontario.

Guichet-Emplois et Etablissement.org sont également deux plateformes recensant les dernières offres d’emploi et de stage dans la province. Les magazines et les journaux comme le quotidien Ottawa Sun publient aussi régulièrement de nombreuses offres.

Concernant les étudiants, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle épaule les jeunes pour les aider à planifier leur carrière et à entrer en contact plus facilement avec des employeurs.

Le Collège Boréal, quant à lui, donne aux francophones des conseils pour la recherche d’emploi, la rédaction d’un CV ou d’une lettre de motivation, et offre également des formations.

Enfin pour obtenir des informations sur les différents métiers présents en Ontario, il est essentiel de consulter l’Ordre des métiers.

> Les secteurs porteurs d’emploi

Toronto, bassin d’emploi incontournable, est le cœur financier de la province. La ville se hisse à la troisième place boursière d’Amérique du Nord et accueille la grande majorité des sièges sociaux de banques, de sociétés de courtage ou encore de compagnies d’assurance. Plusieurs métiers sont ainsi actuellement considérés comme prioritaires par la province de l’Ontario dans le secteur tertiaire : les responsables financiers, les responsables de la publicité, du marketing et des relations publiques, les responsables des ventes corporatives, les comptables, les agents financiers et les services de conseil en gestion aux entreprises. 

La santé reste, en cette crise sanitaire, bien sûr, l’un des autres grands axes de recherche de la province. L’Ontario cherche en particulier des infirmiers et des infirmiers psychiatriques ainsi que des praticiens reliés en soins de santé primaire. La province veut en outre attirer des diététistes et des nutritionnistes.

Il existe par ailleurs actuellement en Ontario une forte pénurie de mains d’oeuvre dans le secteur des technologies. La province, via son système Entrée Express, recherche en particulier des ingénieurs et concepteurs en logiciel, des programmeurs et développeurs en médias interactifs, des ingénieurs informaticiens, des concepteurs et développeurs web, des analystes de bases de données et des gestionnaires des systèmes informatiques.

D’autre part, la province de l’Ontario, véritable poumon économique du Canada, est particulièrement bien dotée en ressources naturelles. L’industrie minière, qui est à l’origine de l’essor de la province, est encore aujourd’hui très active. L’Ontario produit du nickel, de l’or, du cobalt, du cuivre et du zinc.

Située au cœur de la région des Grands Lacs, cette province représente en outre plus de la moitié de la production industrielle du Canada, avec des secteurs où sa prédominance est véritablement affirmée comme la production automobile, l’industrie mécanique, aéronautique et spatiale ou encore agroalimentaire. Le secteur pharmaceutique constitue également un autre atout de cette province.

> Créer son entreprise

Étant la première économie du Canada et la sixième plus grande en Amérique du Nord, la province de l’Ontario attise la convoitise. Nombreux sont les investisseurs qui s’y intéressent, et de plus en plus de jeunes diplômés viennent s’y installer dans l’espoir de lancer leur start-up.

Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada), un organisme national à but non lucratif, est un interlocuteur privilégié lors de la création d’une entreprise. Le RDÉE soutient notamment les travailleurs qui créent leur activité et mène des actions favorisant le développement des compétences francophones. La chambre de commerce France-Canada (CCFC) est également un excellent support.

Etudier

La province de l’Ontario dispose d’une douzaine de conseils scolaires francophones, publics et catholiques, et d’un peu plus de 450 écoles élémentaires et secondaires de langue française.

Les écoles de langue anglaise de l’Ontario enseignent également le français dans le cadre de différents programmes. Le ministère de l’Éducation de la province recense tout ces établissements scolaires. La Toronto French School accueille les élèves bilingues sur ses deux campus de Toronto et Mississauga et leurs délivre un baccalauréat international.

En ce qui concerne l’enseignement post-secondaire, l’Ontario dispose de plus d’une vingtaine de collèges communautaires et collèges d’arts appliqués et de technologie, ainsi que d’une vingtaine d’universités, dont certaines ont une renommée internationale : l’Université de Toronto, l’Université Carleton à Ottawa ou encore l’Université Queen’s à Kingston.

Même si les études dans la province de l’Ontario sont majoritairement anglophones, certaines universités proposent des programmes en français, comme l’Université Saint-Paul à Ottawa, l’Université Laurentienne à Sudbury, le Collège militaire royal du Canada à Kingston ou encore le Collège universitaire Glendon à Toronto.

Le Canada face à la crise sanitaire

A l’heure où nous écrivons plusieurs catégories de personnes sont autorisées à rejoindre le Canada, au delà des résidents permanents :  les titulaires d’un permis de travail ou d’un permis d’études en cours de validité (ou les bénéficiaires d’une autorisation de travail ou d’études sans être entrés sur le territoire), les détenteurs d’un visa Programme Vacances-Travail (PVT), les jeunes professionnels et les Stage coop international. Ces derniers doivent cependant attester d’une offre d’emploi active et d’un permis de travail valide ou d’une lettre d’introduction.

A partir du 21 novembre, les personnes qui se rendent au Canada doivent par ailleurs télécharger l’application ArriveCAN. Par le biais de cette application, les voyageurs fournissement des informations sur leur vol et leurs coordonnées au Canada, puis doivent remplir chaque jour un questionnaire d’auto-évaluation de santé pendant les 14 jours d’isolement obligatoire.

share Partager

Etudier et travailler

Matthew Caws (Nada Surf) : l’enfance bilingue qui a changé sa vie

« Ronronner ». C’est le mot qui a tout déclenché pour Matthew Caws, chanteur et guitariste du groupe américain Nada Surf. Lorsque ses parents l’emmènent en France pour une année sabbatique alors qu’il n’a que cinq ans, ils l’inscrivent à l’école du quartier.

Etudier et travailler

Sabine Sciortino : « mon objectif est de consolider et moderniser nos réseaux culturels sur les cinq continents »

Après plus de trois années en tant que conseillère de coopération et d’action culturelle et directrice de l’Institut français au sein de l’Ambassade de France au Liban, Sabine Sciortino a été nommée directrice de la diplomatie culturelle, éducative, scientifique et universitaire au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Pour le Journal des Français à l’étranger, elle revient sur ses missions, ses enjeux et l’importance de la francophonie dans le monde.

Etudier et travailler

Mission Laïque Française : « Le modèle français repose sur une approche académique qui a fait ses preuves. Mais nous devons aussi répondre aux attentes qui évoluent »

Dans un contexte international concurrentiel tendu, face à une demande en évolution, retour sur la stratégie de l’association française qui assure la scolarisation de 60 000 élèves dans le monde, avec Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau mlfmonde - Mission laïque française.

Etudier et travailler

Chefs français : l’expatriation, un tremplin à l’international

Réputée dans le monde entier, la gastronomie française constitue un véritable passeport pour l’international. De plus en plus de chefs choisissent de s’expatrier, attirés par des perspectives professionnelles élargies, une reconnaissance accrue et, souvent, de meilleures conditions de travail.

Etudier et travailler

Enseigner à l’étranger : une carrière ouverte sur le monde

Chaque année, plus de 1 200 postes d’enseignants sont à pourvoir hors de France via le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française. Conditions d’accès, calendrier de recrutement, détachement, rémunération et perspectives de carrière : enseigner à l’international s’anticipe, mais offre une expérience professionnelle et humaine unique, parfois pour toute une vie.