Emmanuel Langlois
28 décembre 2021

Post-Brexit : pénurie de main-d’œuvre au Royaume-Uni

La Grande-Bretagne a fermé la porte à l’Union européenne mais la laisse entrouverte aux travailleurs étrangers, vu le manque de main d’œuvre dans le pays. Au prix de nouvelles démarches administratives plus contraignantes qu’avant le Brexit, il est donc possible de trouver sa place outre-Manche.

Un marché de l’emploi chauffé à blanc ! Avec un taux de chômage qui dépasse à peine les 4 %, en chute constante depuis des mois, et une croissance prévue à 7 % pour 2021, le Royaume-Uni peine à recruter dans de nombreux secteurs. Depuis le Brexit, le nombre d’emploi vacants outre-Manche dépasse le million, particulièrement dans le commerce de gros et de détail. Les patrons font monter les enchères pour tenter d’attirer de nouvelles recrues, à l’image des hausses de salaires pour les chauffeurs routiers ou d’une prime à l’embauche pouvant atteindre 3 500 euros dans les entrepôts d’Amazon.

L’hôtellerie-restauration fait aussi les yeux doux aux candidats à l’embauche et un groupe d’hôtels et de restaurants a récemment chiffré à 11,6 millions d’euros les seuls bonus destinés à fidéliser ses employés. L’industrie emploie 8 à 9% des actifs au total au Royaume-Uni et l’hôtellerie arrive au quatrième rang. Le secteur a perdu plus de 300 000 travailleurs européens ces 18 derniers mois. « Les barrières sont plus importantes, les entreprises ne peuvent plus embaucher aussi facilement qu’avant des Européens, observe le Français Arnaud de Saint-Exupéry, vice-président du groupe hôtelier Hyatt au Royaume-Uni et en Irlande, car il y a un coût qui n’existait pas auparavant. Les formalités sont longues alors qu’il n’y en avait jusqu’ici aucune. » Les Français sont les bienvenus dans le luxe mais aussi les secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques, ainsi que dans les nouvelles technologies de l’information (NTIC) où les formations françaises dans l’informatique ont très bonne réputation.

Les Français sont les bienvenus

Les industries liées à l’environnement (notamment les énergies renouvelables) sont également des gisements d’emplois importants pour les étrangers, tout comme l’enseignement où l’on recrute des professeurs de français. « Nous observons des tensions dans certains domaines : technologie, construction, ingénierie et marketing, où les employeurs ne peuvent pas embaucher assez rapidement », ajoute Simon Winfield, directeur général du géant du recrutement Hays au Royaume-Uni.

Le secteur tertiaire est également à privilégier avec des postes de secrétaires bilingues ou d’assistant(e)s de direction. Les Français sont de manière générale les bienvenus dans les entreprises anglophones, quel que soit le domaine d’activité. Compter des Français parmi les rangs de ses employés est un atout de taille pour les entreprises britanniques qui font du commerce avec l’Hexagone. Enfin, les vétérinaires britanniques sont aussi au bord de la crise. En effet, depuis le premier confinement, 3,2 millions de foyers ont accueilli un nouvel animal de compagnie mais le nombre de vétérinaires n’a logiquement pas augmenté en conséquence et certains de ces animaux sont arrivés dans des régions où les services de soins sont difficiles d’accès, voire inexistants.

Le secteur de la finance est lui pour l’instant le plus impacté par le Brexit : avec la disparition du “passeport européen”, qui permettait à toute banque ou institution financière basée à Londres d’opérer dans n’importe quel pays européen, de nombreuses institutions françaises et européennes ont quitté la City pour Dublin, Paris, Luxembourg ou Amsterdam.

share Partager

Etudier et travailler

Matthew Caws (Nada Surf) : l’enfance bilingue qui a changé sa vie

« Ronronner ». C’est le mot qui a tout déclenché pour Matthew Caws, chanteur et guitariste du groupe américain Nada Surf. Lorsque ses parents l’emmènent en France pour une année sabbatique alors qu’il n’a que cinq ans, ils l’inscrivent à l’école du quartier.

Etudier et travailler

Sabine Sciortino : « mon objectif est de consolider et moderniser nos réseaux culturels sur les cinq continents »

Après plus de trois années en tant que conseillère de coopération et d’action culturelle et directrice de l’Institut français au sein de l’Ambassade de France au Liban, Sabine Sciortino a été nommée directrice de la diplomatie culturelle, éducative, scientifique et universitaire au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Pour le Journal des Français à l’étranger, elle revient sur ses missions, ses enjeux et l’importance de la francophonie dans le monde.

Etudier et travailler

Mission Laïque Française : « Le modèle français repose sur une approche académique qui a fait ses preuves. Mais nous devons aussi répondre aux attentes qui évoluent »

Dans un contexte international concurrentiel tendu, face à une demande en évolution, retour sur la stratégie de l’association française qui assure la scolarisation de 60 000 élèves dans le monde, avec Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau mlfmonde - Mission laïque française.

Etudier et travailler

Chefs français : l’expatriation, un tremplin à l’international

Réputée dans le monde entier, la gastronomie française constitue un véritable passeport pour l’international. De plus en plus de chefs choisissent de s’expatrier, attirés par des perspectives professionnelles élargies, une reconnaissance accrue et, souvent, de meilleures conditions de travail.

Etudier et travailler

Enseigner à l’étranger : une carrière ouverte sur le monde

Chaque année, plus de 1 200 postes d’enseignants sont à pourvoir hors de France via le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française. Conditions d’accès, calendrier de recrutement, détachement, rémunération et perspectives de carrière : enseigner à l’international s’anticipe, mais offre une expérience professionnelle et humaine unique, parfois pour toute une vie.