Français à l'étranger
28 février 2022

Réseau français d'éducation à l'étranger : objectif 2030

L’objectif était ambitieux. En mars 2018, Emmanuel Macron avait dévoilé, à l’occasion de son discours sur la stratégie pour la francophonie et le plurilinguisme, son objectif pour l’Éducation à l’étranger : doubler d’ici à 2030 le nombre d’élèves accueillis dans les lycées français du monde. L’idée ? Renforcer « l’excellence » des 552 établissements d’enseignement français et de ses 380 000 élèves. Trois ans après le discours du président, où en est-on ? Français à l’étranger fait le bilan.

Ce dossier consacré à l’Éducation reviendra d’abord sur les initiatives entreprises par les acteurs historiques du secteur, sur lesquels l’État s’est appuyé pour atteindre « le Cap 2030 ». À l’instar de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), qui coordonne le réseau des lycées français dans 138 pays. Pour mener à bien le projet gouvernemental, l’agence a d’abord reçu un sérieux coup de pouce du gouvernement : en 2020, 25 millions d’euros de subventions ont été injectés dans le budget de l’opérateur public, sous tutelle du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Des moyens supplémentaires qui ont permis à l’AEFE de lancer de nouvelles initiatives, dans la formation des enseignants notamment. « En mars 2020 et juin 2020, 90 000 actions » en ce sens ont été menées, a fait savoir le directeur de l’agence, Olivier Brochet, lors d’une table ronde organisée par Français à l’étranger. Grâce notamment au lancement d’une plateforme dédiée, ATENA, qui permettra de « gérer l’ensemble de la formation continue dans le monde ». La création prochaine de seize instituts régionaux de formation (IRF) viendra renforcer encore un peu plus l’offre de formation. Ces organismes seront gérés par l’AEFE, toujours dans le but de former et certifier de nouveaux professeurs pour le réseau à l’étranger. Inscrit dans le projet de loi de la sénatrice LREM Samantha Cazebonne, la mesure a été votée à l’Assemblée nationale le 16 février dernier.

Des accords-cadres avec le secteur privé

Pour concrétiser l’ambition présidentielle, l’État compte aussi sur d’autres acteurs, privés cette fois, en s’appliquant d’abord à renforcer ses liens avec les partenaires historiques. Le 30 décembre 2021, l’AEFE a signé un accord-cadre avec la Mission laïque française (Mlf), forte d’un réseau de 108 établissements. Celui-ci remplace le protocole d’entente établi jusqu’ici entre les deux entités. Cinq mois plus tôt, l’AEFE s’était engagé aussi, par un accord similaire, avec Odyssey. Le groupe, qui a ouvert ses premiers établissements en 2017, réunit seize structures scolaires dans quinze pays du monde, de la classe de maternelle au lycée.

Si l’État met tout en œuvre pour atteindre son but, c’est que, pour le pays, l’enjeu est conséquent. Car avec le développement des lycées français en dehors des frontières se joue aussi « le rayonnement de la France à l’étranger », avait assuré Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, lors de la présentation du programme en 2019. L’éducation française dans le monde est « un outil d’influence formidable », a confirmé lors de la table ronde le ministre chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, Jean-Baptiste Lemoyne. Pour rappel, les deux tiers des élèves scolarisés dans les lycées du monde sont étrangers.

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