Marlène Panara
16 mai 2022

Avec le Covid-19, la protection sociale des expatriés bousculée

La pandémie de coronavirus a replacé la protection santé des Français de l’étranger au centre des attentions. Institutions comme acteurs privés, tous ont dû s’adapter à cette situation sans précédent. Deux ans plus tard, au sortir de la crise, quels enseignements en tirent-ils ?

Mars 2020. Pour la première fois de l’Histoire, des millions de Français sont contraints de rester chez eux. Objectif : endiguer la pandémie de Covid-19, ce nouveau coronavirus qui peu à peu va paralyser le monde entier. Pour les Français établis à l’étranger, c’est aussi la stupeur. Ce phénomène inédit les plonge dans l’inconnu. Surtout, il les pousse à s’interroger sur leur couverture santé. Comment les assurés français ont-ils vécu cette période ? Quels moyens les principaux acteurs de la protection sociale ont-ils déployés pour y faire face ? Et cette crise a-a-t-elle aussi prémunir contre les imprévus de demain ? Deux ans après, le Journal des Français à l’étranger fait le point en sortie de crise.

Ce numéro consacré à la protection sociale donnera notamment la parole aux institutions publiques de couverture santé. Des acteurs aux avant-postes de la crise, qui ont bien souvent fait le lien entre les expatriés et leur pays. À l’instar notamment de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) qui, pour faire face, a rapidement mis en place diverses mesures d’accompagnement. Périodes de carence raccourcies, couverture des soins liés aux pathologies Covid-19 et prise en charge des tests PCR payant : « il a fallu s’adapter », témoigne Isabelle Frej, sa nouvelle présidente.

Armelle Beunardeau, directrice du Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss) fait le même constat. Ses équipes ont « travaillé d’arrache-pied » pour donner une réponse claire aux nombreux ressortissants « un peu dépassés par les évènements », indique-t-elle. Pour répondre au mieux à ces nouveaux besoins, les contrats ont été modifiés, et des accords bilatéraux un peu datés avec d’autres pays ont été remis au goût du jour.

Digitalisation et nouvelle stratégie

Du coté des assurances complémentaires, là aussi, le maître-mot a été « l’adaptation ». De gros efforts de digitalisation des services ont été entrepris, pour permettre à tous les assurés de trouver au plus vite des réponses à leurs interrogations. Autre point d’importance, la mobilisation des équipes commerciales autour des clients déjà existants. Pendant la crise sanitaire, Julien Male, directeur du conseil en rémunération et protection sociale de Crystal Mobilty l’admet : « durant cette période, nous avons ralenti nos prospections à l’encontre de nouveaux assurés. Il fallait déjà rassurer ceux qui nous avaient fait confiance, nous rapprocher d’eux ».

Également très sollicités, les opérateurs spécialisés dans le rapatriement ont dû, eux aussi, faire preuve de souplesse. Depuis la pandémie, les ressortissants français atteints du Covid-19 bénéficient d’un rapatriement sanitaire pour rejoindre le territoire français. Un patient infecté n’étant pas autorisé à prendre un vol commercial, c’est à son assurance que revient la prise en charge de son retour.

Focus sur la santé

Élus, organisations publiques, et assureurs privés, tous sont unanimes pour affirmer que cette crise sanitaire a bousculé le marché de la santé des expatriés. Et elle a donné, par la même occasion, un second souffle à l’intérêt porté aux bien-être des assurés. Après une première vie passée à s’occuper des personnes dans le besoin aux quatre coins du monde, c’est désormais aux Français de l’étranger, et à ceux qui projettent de le devenir, que Margot Vappereau concentre désormais toute son attention. Avec sa société « Expatez-vous ! », dont les idées ont germé pendant le premier confinement en 2020, cette ancienne infirmière accompagne et conseille les ressortissants français avant, pendant et après leur expatriation. Avec, bien sûr, un focus sur la santé, physique et psychologique, de ses clients. Un soutien au plus proche de leurs inquiétudes qui permet aussi une meilleure réponse quand l’imprévu surgit. À l’image de la pandémie que le monde a traversée.

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