Marlène Panara
18 mai 2022

Jean-Marc Merriaux : « le marketing, ce n’est pas que du business »

Depuis janvier dernier, Jean-Marc Merriaux est le nouveau directeur général de la Mission laïque française (MLF). À l’occasion du 120e anniversaire de l’association à Rabat, il livre à Français à l’étranger ses perspectives d’avenir.

Français à l’étranger (FAE) : la mission laïque française fête cette année ses 120 ans. Pourquoi avoir choisi le Maroc pour célébrer cet anniversaire ?

Jean-Marc Merriaux  (J-M.M.): d’abord parce que la MLF a un lien historique avec le pourtour méditerranéen. Le premier établissement a été créé à Thessalonique, en Grèce. D’autres ont suivi au Liban puis dans le nord de l’Afrique. Nous avons donc un lien très fort avec cette zone du monde. Ensuite parce qu’en peu de temps, le Maroc est devenu un acteur majeur du réseau. C’est d’ailleurs pour palier à la demande que l’Osui, le réseau de la MLF au Maroc, a été créé il y a 25 ans. Rabat s’est vite présenté comme un choix idéal pour ce 120e Congrès. Il fallait que l’évènement ait lieu là où le réseau est important, et dans un pays en adéquation avec les principes de l’association, comme le dialogue entre les populations et l’interculturalité.

FAE : Dans votre discours d’ouverture, vous avez évoqué l’élaboration de « partenariats élargis », comme une des pistes pour construire « le monde d’après », slogan du Congrès. Que voulez-vous dire ?

J-M.M. : la MLF propose différents partenariats à travers le monde. Au Gabon, nous sommes par exemple dans une démarche de coopération éducative, en lien direct avec le ministère de l’Éducation du pays. En Égypte, nous avons expérimenté un nouveau type de partenariats avec des investisseurs, qui nous confient les mandats de gestion des écoles. Ailleurs, nous travaillons aussi avec des établissements partenaires, qui viennent chercher notre expertise. Dans ce cas précis, l’enjeu pour eux, c’est l’homologation MLF. Toutes ces collaborations sont, depuis quelques années, des modèles qui émergent. Le bénéfice premier de ces nouveaux types de partenariat, c’est de valoriser un modèle pédagogique, le nôtre, tout en minimisant les risques financiers. Ce sont ces méthodes de travail que nous nous efforçons aujourd’hui d’élargir.

FAE : Comment conjuguer marketing, un autre volet de votre stratégie, et éducation ? Ces deux domaines sont-ils compatibles ?

 J-M.M. : c’est compliqué, bien sûr. Mais il en va de l’attractivité de l’établissement. Dans un secteur de plus en plus concurrentiel, le public est à convaincre. Nous nous devons d’identifier ce qui fait notre différence, et pourquoi on est meilleur que les autres. Mais le marketing, ce n’est pas que du business. Nous ne l’utilisons pas par volonté d’expansion. Le but n’est pas de construire de nouveaux établissements partout dans le monde. La finalité, c’est de consolider ce que l’on a déjà, communiquer aux parents d’élèves et aux enfants les valeurs que l’on porte depuis plus d’un siècle.

FAE : Comment la MLF s’inscrit-elle dans le Cap 2030, le doublement des effectifs dans les établissements français du monde, voulu par Emmanuel Macron ?

J-M.M. : En tant qu’acteur de l’éducation à l’étranger, nous sommes concernés par cette objectif. Mais notre but premier est, déjà, de garder nos élèves puis d’agrandir l’existant. Nous travaillons en ce moment à renforcer nos positions. Le Cap 2030 ne pourra être atteint qu’à travers les enjeux de régulation des élèves. Cela demande de l’organisation pour qu’à la clé, on atteigne ce but.

FAE : Quelle place la MLF fait-elle à l’orientation et aux problématiques d’emploi de ses lycéens ?

J-M.M. : l’orientation est un grand chantier. Leur offrir le meilleur chemin vers l’avenir nécessite la synchronisation de tous les systèmes éducatifs. La reconnaissance du Bac français international (BFI) figure parmi les pistes de solutions. Si ce diplôme est reconnu, alors nos élèves seront libres d’aller où ils veulent, de continuer leurs études où bon leur semblent pour construire le meilleur projet professionnel possible.

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